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La filière se dote d’un Observatoire de l’alimentation réactif

Cet outil de consultation dynamique permet de valoriser les données d’alimentation de 29 400 élevages enregistrées par les entreprises de conseil en élevage.

On est aujourd’hui capable de savoir précisément ce que les vaches ont consommé une semaine plus tôt sur l’ensemble du territoire français ! Ceci grâce aux saisies régulières de rations effectuées tout au long de l’année par les entreprises de conseil en élevage. Et à l’observatoire de l’alimentation construit en partenariat par le Cniel, France conseil élevage et l’Institut de l’élevage. Cet observatoire a d’abord nécessité un gros travail d’harmonisation du traitement des données, de vérification de leur pertinence et représentativité au niveau national. Il aura fallu deux ans pour aboutir à cet outil de consultation dynamique des données d’alimentation. « Plus de 4 000 rations remontent de façon hebdomadaire dans une base nationale hébergée par France conseil élevage Res’alim. Ces rations proviennent de 29 400 élevages qui représentent 45 % des exploitations laitières et 53 % de la collecte nationale, a détaillé Cécile Le Doaré, du Cniel, lors des Rencontres recherche ruminant en décembre dernier. Parmi eux, 14 840 élevages sont en suivi régulier, avec au minimum six constats d’alimentation par an et au minimum un constat par trimestre, et nous permettent d’avoir une vision sur l’année de l’ alimentation. »

Des données représentatives des élevages français

Pour chacun des constats d’alimentation, sont enregistrées des données de localisation, de production, des types de fourrages et de concentré distribués, les quantités en matière sèche et brute consommées, leurs valeurs nutritionnelles (composition organique et minérale, UFL, PDI…). La quantité de MS ingérée/quantité de lait produite est calculée. Cinq grands types de rations des vaches en lactation ont pu être caractérisés à partir de 22 catégories d’aliments (8 fourrages, 12 concentrés, 2 minéraux). « Nous ne disposons pas des matières premières des concentrés, précise Cécile Le Doaré. Il n’est donc pas possible d’estimer notre dépendance au soja par exemple. Par contre, nous savons s’il s’agit d’un aliment acheté ou produit sur l’exploitation, ce qui permet d’apprécier l’autonomie alimentaire. » Il n’y a pas de données sur les coûts et les prix, ni pour le moment de filtre bio/conventionnel. Il n’y aura pas de tri par laiterie.

Une utilisation à des fins techniques et pour communiquer

La méthode d’exploitation des données est aujourd’hui bien ficelée. « C’est une première étape qui ouvre tout un champ de recherches possibles. » Par exemple, comment les élevages robotisés nourrissent leurs troupeaux par rapport aux élevages en traite classique, ou encore quelles sont les pratiques d’alimentation en fonction de la taille du troupeau. Et pourquoi pas demain agréger d’autres jeux de données techniques ou économiques à l’Observatoire pour imaginer d’autres croisements et aller plus loin. « C’est aussi un super outil pour objectiver les pratiques et communiquer vers le grand public. » Il est  d'ailleurs prévu de publier début 2019 une « radioscopie » de l’alimentation des vaches en 2018.

Les trois acteurs du projet ne souhaitent pas ouvrir cet observatoire au public. Il est accessible à l’interprofession nationale et le sera aux interprofessions régionales (Criel). Trois Criels pilotes (CilOuest, Normandie, Grand Est) seront formés l’année prochaine et pourront réaliser des traitements au niveau régional. « Nous ne souhaitons pas l’ouvrir sans contrôle pour éviter le risque d’interprétation fausse. Il doit être utilisé au bénéfice général de la filière. On avance pas à pas. Demain nous aurons peut-être d’autres outils permettant un accès plus large. »

Trois exemples d'utilisation de l'Observatoire

Cécile Le Doaré
1 Un éclairage général sur les pratiques 2018 : le maïs ensilage représente 40 % de la matière sèche de la ration annuelle moyenne française, 85 % des élevages font pâturer les vaches en mai, 66 % des élevages robotisés pâturent, 860 kg de concentré azoté sont consommés par vache et par an, 25 % des élevages français n’utilisent pas de maïs ensilage en hiver…
2 Une mesure de l’impact du printemps pluvieux et de la sécheresse 2018 : -2 kg MS d'herbe fraîche ingérée en mars-avril par rapport à 2017, un décalage de la mise à l’herbe de 3 semaines, -1 kg MS d'herbe fraîche/VL/jour dans la ration entre juillet et novembre, -22 % d’élevages pâturants en octobre, -0,6 kg de lait/VL/Jour en octobre, et en zoomant sur la région Grand Est particulièrement touchée : -1 kg de lait/VL/jour en octobre…
3 Un focus sur la luzerne en 2017 : 26 % des élevages utilisateurs de luzerne au moins une fois, 2,4 kg MS/VL/j dans les élevages utilisateurs, 41 % sous forme de foin/28 % d’enrubannage/14 % déshydratée/13 % d’ensilage/4 % fourrage vert…
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