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La FCO reviendra par vagues dans les élevages

Comme l’année dernière, la fièvre catarrhale ovine (FCO) touche de nombreux élevages bovins cette année et on peut s’attendre à la voir revenir régulièrement.

<em class="placeholder">vache laitière atteinte de FCO</em>
Au 14 août, 2 898 foyers de FCO de sérotype 3 et 1 686 foyers de FCO de sérotype 8 avaient été recensés en France depuis le 1er juin.
© X. Quentin

Cet été encore, la FCO touche les élevages bovins français, avec une flambée d’ampleur inédite en Bretagne et en Normandie. Au 14 août, 2898 foyers de FCO de sérotype 3 et 1686 foyers de FCO de sérotype 8 avaient été recensés en France depuis le 1er juin.

« C’est la première fois que je vois une flambée de FCO de cette ampleur », indique Xavier Quentin, vétérinaire dans la Manche et responsable du GTV de Normandie.

Ce développement rapide s'explique par plusieurs facteurs: une météorologie favorable au développement des culicoïdes, avec une alternance de chaleur et d’humidité, ainsi que beaucoup de vent, des périodes où les animaux sont à l’herbe et une faible couverture vaccinale.

Plus de vecteurs, moins de périodes d’inactivité

L’année dernière, les Hauts de France ont été touchés par un épisode de FCO 3 en provenance de Belgique. Le virus a d’ailleurs redémarré en Picardie, « dans les zones où la circulation s’était arrêtée l’année dernière », indique Léa Behaegel, conseillère sanitaire au GDS de Picardie. Alors, faut-il s’attendre à voir revenir la FCO chaque année ?

« Ces maladies reviennent par vagues, explique David Ngwa-Mbot, vétérinaire conseil et animateur de la commission bovine de GDS France. Auparavant, les cycles étaient d’environ cinq ans. Dorénavant, ils semblent s’être raccourcis, entre un et deux ans. Il y a plus de vecteurs, leur période d’inactivité est restreinte ».

Ainsi, en hiver, la maladie « couve sous la braise », image David Ngwa-Mbot. Lorsque les conditions sont plus propices, comme cela s’est passé cet été, le nombre de cas explose.

Vacciner tous les ans

Que faire alors, pour éviter cela ? « Il faudrait vacciner les animaux tous les ans, contre la FCO 3 et 8, mais aussi contre la MHE, pour obtenir une immunité collective », répond le vétérinaire conseil. Toutefois, il en convient, sur le terrain, ce n’est pas si simple. « Multiplier les injections, c’est compliqué, il faut de la contention, cela stresse les animaux, qui développent des réflexes de défense », renchérit Jean-François Labbé. « Il serait nécessaire de développer un vaccin avec de multiples valences, pour faciliter le travail des vétérinaires et des éleveurs  », estime David Ngwa-Mbot.

En attendant, les vétérinaires évaluent le bénéfice risque selon la progression des maladies. Cet été, Xavier Quentin comme Jean-François Labbé ont fortement incité à la vaccination contre les FCO 3 et 8. « Vacciner contre ces deux sérotypes, avec le rappel, cela coûte entre 10 et 14 euros par animal. Quand on voit le prix d’une vache aujourd’hui, l’impact de la maladie peut vite dépasser le coût du vaccin », indique le vétérinaire breton. Pour la MHE, il est plus mesuré : « si la maladie venait à se développer sur notre territoire, nous inciterions à vacciner, mais là, j’hésite, pour ne pas multiplier les injections ».

Des conséquences sur la reproduction

« La FCO peut représenter une perte importante pour les éleveurs, avec les avortements et les problèmes de fertilité. En Belgique, qui a été fortement touchée par la FCO l’année dernière, des collègues vétérinaires estiment qu’il manque 30% des veaux cette année », indique Xavier Quentin, vétérinaire dans la Manche. Le GDS de Picardie a mené une étude d’impact sur 100 élevages bovins touchés par la FCO 3 l’année dernière. Des enquêtes ont été réalisées au moment de la contamination, puis un mois, trois mois et six mois après. Trois mois après l’épisode de FCO, plus de 80% des troupeaux bovins se rétablissent sans nouveaux signes cliniques. En revanche, on observe des troubles de la reproduction dans trois élevages sur quatre au bout de six mois. Près de 80% font état de vêlages prématurés, plus de 60% d’avortements, et plus de 20% d’une augmentation du nombre de retour en chaleur. 

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