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Aliments concentrés : « Je fais formuler le concentré à la carte »

Pour ajuster au mieux la complémentation de ses 65 vaches, Didier Sureau revoit la formulation de l'aliment à chaque silo de maïs.

Les différents composants sont bien identifiables dans les granulés. © C. Julien
Les différents composants sont bien identifiables dans les granulés.
© C. Julien

Didier Sureau, installé en Loire-Atlantique, aime bien savoir ce qu’il donne à manger à ses 65 vaches. Il y a quelques années, son fabricant d’aliments a changé, à valeurs égales, la composition de son aliment VL. « Le lait a baissé, les vaches allaient moins au DAC, retrace l’éleveur. À force de creuser pour comprendre ce qui se passait, mon fabricant m’a parlé de ce changement de recette. » Déçu, l’éleveur passe en mash « pour mieux suivre les matières premières qui servaient à nourrir les animaux ». En 2009, Didier Sureau construit une nouvelle stabulation équipée d’un robot. Problème, le mash coule mal dans le distributeur d’aliment du robot. En cherchant une solution à son problème, il entre en contact avec une entreprise des Deux-Sèvres (Bellanné), qui lui propose un granulé formulé à la carte. « Cela me permet de concilier une consistance facilement distribuée au robot et un aliment dont je connais les composants », souligne l’éleveur. Il apprécie que cet aliment affiche une liste réduite de matières premières. « Il n’y en a que cinq : du soja, du maïs, du colza, du blé et un liant. Des matières premières nobles. » L’éleveur paie 290 euros la tonne pour un aliment VL 3,7 litres. Il en commande 50 à 60 tonnes par an. « Pour réduire les frais de livraison, je le prends par lot de 6 à 8 tonnes. »

Un VL 3,7 litres à 290 euros la tonne

Pour tirer tous les bénéfices d’une formulation à la carte de son concentré, il faut avoir une connaissance exacte de la valeur des fourrages qu’il viendra compléter. Comme il a toujours un minimum de 9 kilos de maïs dans sa ration, c’est sur la valeur de cet ensilage que Didier Sureau base la composition de son aliment. Chaque silo est analysé. Si les teneurs sont différentes d’un silo à l’autre, la composition de l’aliment est revue. « Je sais déjà que l’ensilage du prochain silo a moins d’amidon. En revoyant la formulation de l’aliment en tenant compte de ces valeurs, la complémentation sera optimale. »

Cette ration parfaitement optimisée a permis aux vaches de Didier Sureau d’afficher jusqu’à des moyennes entre 11 000 et 12 000 litres. L’éleveur a fait le choix de redescendre à 10 000 litres « pour avoir des vaches moins sollicitées, donc moins fragiles. Ce qui a permis de réduire les frais vétérinaires et de reproduction. Par exemple, le troupeau est à une moyenne de 1,6 paillette par gestation ». Le meilleur pilotage de l’alimentation lui a permis de redescendre son coût de concentrés, minéraux compris, de 100 € à 59 euros pour 1 000 litres pour un coût alimentaire de 132 euros pour 1 000 litres.

Avis d'expert : Denis Denion, expert nutrition et robot chez Seenovia

« Réfléchir à une stratégie alimentaire cohérente »

 

 
Denis Denion, expert nutrition et robot chez Seenovia. « Il faut réfléchir à une stratégie alimentaire cohérente. »  © Seenovia

 

« Face à la diversité qualitative des millésimes de maïs, il y a tout à gagner à revoir régulièrement son choix d’aliments concentrés. Le plus efficace, c’est d’y réfléchir ensemble, l’éleveur, son conseiller d’élevage et le technico-commercial du fournisseur d’aliments. Au regard des analyses de maïs, on pourra regarder comment équilibrer au mieux la ration et à quel prix, voir quel aliment est le plus judicieux. Il s’agit avant tout de définir une stratégie alimentaire cohérente. »

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