Aller au contenu principal

Isigny : résultat 2022 satisfaisant malgré les difficultés

Le chiffre d’affaires de la coopérative laitière normande Isigny Sainte Mère a grimpé de plus de 100 millions d’euros, mais les coûts ont progressé d’autant, aboutissant à un résultat net en légère baisse.

Gérald Andriot, co-directeur, Arnaud Fossey, président, et Daniel Delahaye, directeur général de la coopérative Isigny Sainte-Mère
Gérald Andriot (à gauche) remplacera Daniel Delahaye (à droite) à la direction générale en septembre. Au milieu, Arnaud Fossey, président d'Isigny Sainte-Mère.
© C. Pruilh

L’année 2022 de la coopérative Isigny Sainte-Mère, dans le Calvados, a été marquée par le retard du chantier de construction de l’unité U3 de fabrication de poudres de lait infantiles. Ce retard a engendré des difficultés sur l’ensemble du site et l’activité commerciale. Se sont aussi ajoutés des ruptures d’approvisionnement et des problèmes de transport maritime. Malgré cela, la coopérative est satisfaite de ses résultats 2022. Son résultat net atteint 27,8 millions d’euros, en très légère baisse par rapport à 2021 (-1,8 %).

Dans le détail, le chiffre d’affaires progresse de plus de 100 millions d’euros à 613,5 millions d’euros. « Cette hausse de 20 % est liée essentiellement à une hausse des tarifs de vente des produits laitiers de 15 % (beurre, crème, fromages, poudres de lait infantile…) », indique Daniel Delahaye, directeur général d’Isigny Sainte-Mère.

La hausse des charges due à l’inflation généralisée, d’environ 100 millions d’euros équivaut à la progression du chiffre d’affaires. Le prix du lait pèse pour 20 % de cette hausse.

Un prix du lait parmi les meilleurs en France

Le prix du lait conventionnel 2022 s’est élevé à 513,6 € les 1000 litres, tout compris, avec les ristournes et autres compléments de prix. Soit une hausse de 84,8 €/1000 l par rapport à 2021. Le prix de base 2022 était de 412,6 € (+76,5 € par rapport à 2021). L’incidence qualité et taux s’est élevée à 63 € (+5,45 €). Les intérêts au capital social (0,7 €) et les ristournes (32,4 €) ont également progressé (+2,7 €).

Fait notoire, la collecte 2022 est en baisse par rapport à 2021, ce qui s’est rarement vu à Isigny : -1,6 % à 264 millions de litres de lait, avec un repli de -2,33 % en conventionnel à 252 millions de litres. « C’est surtout dû à la sécheresse. Mais il faut néanmoins y prêter attention et protéger nos producteurs », Daniel Delahaye.

Des débouchés dynamiques

L’export représente toujours 61 % du chiffre d’affaires de la coopérative, avec une diversification du portefeuille clients notamment au Moyen-Orient et en Afrique, et un redémarrage de l’activité au Royaume-Uni après un trou d’air post Brexit.

L’activité BtoB (business to business, ventes aux industriels) - en France et à l’étranger - est très dynamique : « le traditionnel revient en force. Pour Isigny, c’est le retour en grâce du croissant au beurre, notamment à l’international. » Même le débouché des GMS (grande et moyenne distribution) est en hausse (+1,5 %), « quand on sait que pour beaucoup de fournisseurs, ce débouché a régressé en 2022 ».

Le groupe chinois H & H, qui détient 49,9 % du capital social de la coopérative, rassure sur son débouché pour le lait infantile d’Isigny. « Les volumes vendus de lait infantile ont augmenté de 0,8 % dans un contexte de baisse des naissances en Chine, donc c’est un bon résultat. C’est grâce au positionnement Premium des poudres infantiles d’Isigny », pointe Laëtitia Albertini, de H & H.

2023 : trois chantiers finis ou presque

En 2023, les travaux de l’unité U3 devraient s’achever d’ici la fin de l’année. La capacité totale d’Isigny Saint-Mère atteindra 70 000 tonnes de poudre de lait infantile. « Cette nouvelle unité ne va pas augmenter beaucoup notre production de fabrication de poudres de lait infantiles. Elle permettra déjà de soulager U1 et U2 », précise Gérald Andriot, co-directeur, qui deviendra directeur général d’Isigny en septembre.

Le chantier d’extension du site des pâtes pressées (mimolette) à Chef-du-Pont devrait être mis en service début 2024. La tour 5 pour traiter des excédents (jusque-là sous traités à d’autres laiteries) était en phase de test début juin.

Agrément pour la Chine de six formules infantiles

Le 8 mai, Isigny Sainte-Mère a reçu l’agrément des autorités chinoises pour six formules infantiles sur les neuf présentées par la coopérative. Elle attend une réponse pour les trois autres. « La montée de H & H à 49,9 % du capital social d’Isigny a été très importante pour sécuriser la validation des formules », pointe Laëtitia Albertini, de H & H.

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

<em class="placeholder">Pierre Curfs et son fils</em>
« Allergique aux poils de vache, le robot de traite m’a permis de continuer le lait », dans la Marne

Pierre Curfs est éleveur de vaches laitières à Vienne-la-Ville, dans la Marne. Des problèmes de santé l’ont conduit à…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière