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En Isère, des éleveurs laitiers cherchent plus que quelques centimes d’euros

L’association Plein lait yeux anime le lait local à marque Is Here. Une première étape car les vingt-trois producteurs veulent aller plus loin que ce lait UHT et reprendre la main sur le devenir de leur lait.

Dans le sud de l’Isère, l’association Plein lait yeux a été créée en 2020 par dix exploitations, avec pour objectif une meilleure valorisation de leur lait. « Dans cette région montagneuse, les conditions sont difficiles et il n’y a pas de signe officiel de qualité. Il y a une perte de dynamisme en bovin lait, souligne Thomas Huver, conseiller lait à la chambre d’agriculture de l’Isère, qui accompagne l’association. Il y avait donc une envie de créer une dynamique. »

Depuis, neuf exploitations soit 23 éleveurs se sont lancés dans un projet de produit laitier 100 % local. La brique de lait Plein lait yeux à marque Is Here est née après de deux ans de travail. Ce lait est garanti collecté en Isère par Sodiaal, qui le conditionne en brique de lait UHT dans son usine à Vienne.

« Si la brique avait été faite uniquement avec le lait de nos fermes, elle serait revenue à 4 €/l (avant la crise inflationniste), à cause des coûts de collecte, mais aussi de transformation pour un si petit volume, pointe Stéphane Bonnois, président de l’association Plein lait yeux. Il était donc important de travailler en partenariat avec les acteurs du secteur ». Actuellement, à chaque litre vendu (1,20 € en moyenne), 5 centimes reviennent à l’association qui redistribuera l’argent aux adhérents.

Chercher plus que quelques centimes d’euros

La marque Is Here appartient au Conseil général de l’Isère. Apposée sur de nombreux produits isérois (œufs, fruits…), elle est déjà connue des consommateurs. Le Pôle agroalimentaire de l’Isère(1) s’occupe de la partie commerciale des produits Is Here – prospection des magasins, placement des produits. C’est un énorme avantage pour un petit groupe d’éleveurs qui se lance, car la création de marque et la gestion commerciale sont deux activités qui demandent un investissement et du temps que n’ont pas les éleveurs. Les producteurs de lait de l’association Plein lait yeux se chargent de l’animation de leur lait en magasin : soit ils la réalisent eux-mêmes, soit ils la délèguent à une entreprise.

Le lancement commercial a eu lieu en janvier. Mi-octobre, le lait était présent dans la moitié des supermarchés de l’Isère. « Avec la guerre en Ukraine et l’inflation généralisée, le lancement est difficile. Nous pensons atteindre 300 000 litres de lait vendus sur 2022. L’objectif est d’atteindre 1 million de litres vendus fin 2023, ce qui permettra d’obtenir de meilleurs tarifs (fabrication, conditionnement, logistique). Pour cela, il faut entrer dans d’autres magasins et développer encore notre notoriété », pointe Stéphane Bonnois.

« L’idée est de démarrer avec cette activité lait UHT, qui est le produit le plus simple à gérer grâce à une DLUO longue », indique Thomas Huver. Les éleveurs souhaitent ensuite lancer rapidement un beurre et une crème pour augmenter leur marge. Et si tout se passe bien, envisager à terme la vente directe.

Stéphane Bonnois, président de l’association Plein lait yeux : « Ce n’est pas avec du lait UHT que l’on va trouver de la marge. C’est une première étape. »

(1) Conseil départemental, chambres d’agriculture, de commerce et d’industrie, des métiers et de l’artisanat et plusieurs communautés de communes et d’agglomération.

Parler du métier

« Nous nous sommes rendu compte de la difficulté de faire connaître notre lait. L’animation est donc très importante. Cela tombe bien : les gens sont réceptifs à ce qu’on leur raconte », indique Stéphane Bonnois. Prenant goût à la communication vers le grand public, les éleveurs se lancent dans de petites vidéo courtes mises en ligne sur leur page Facebook. La première explique la transhumance.

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