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En élevage laitier, une visite repro bien préparée !

Une trentaine de vaches attendent au cornadis, dûment identifiées. Au programme : l’examen des vaches vêlées depuis moins de cinquante jours, de celles non vues en chaleur ou à problème, et le contrôle des gestations.

Le liquide amniotique apparaît noir sur l’échographe et les cotylédons sont bien visibles : la vache est gestante de trois mois
Le liquide amniotique apparaît noir sur l’échographe et les cotylédons sont bien visibles : la vache est gestante de trois mois
© C. Fouquet

Ce matin, c’est suivi repro ! En tout, cette fois-ci, cela va concerner une trentaine de vaches qui m’attendent sagement au cornadis. L’éleveuse, très bien organisée, a déjà marqué d’un trait rouge sur la tête celles qui sont concernées, et a une liste toute prête des vaches à regarder et des problèmes associés.

Chaque éleveur gère le suivi repro à sa façon et selon les propositions de son vétérinaire. En l’occurrence, l’élevage dans lequel je vais aujourd’hui a fait le choix de prévoir une visite mensuelle ou presque. Il s’agit d’examiner les vaches dans les cinquante jours après vêlage pour juger de l’involution de l’utérus (reprise d’une taille normale) ; les vaches en anœstrus (pas de manifestation de chaleurs) ou à problème (chaleurs trop rapprochées ou trop éloignées, non-gestation après plusieurs inséminations ou saillies) ; et, enfin, de contrôler les gestations. Alors me voilà avec mon gant de fouille et mon échographe !

En faisant une palpation transrectale, il est possible d’évaluer de nombreux paramètres de l’animal, et pas seulement en lien avec l’appareil reproducteur :

]]>Avec la palpation de l’utérus : sur les vaches en post-partum, il est possible de juger l’involution de l’utérus et de la symétrie des cornes utérines. Sur les vaches en anœstrus, la présence d’une métrite peut être la cause du non-retour en chaleur. Et enfin, sur les vaches potentiellement gestantes de plus de 45-50 jours (parfois plus précocement), nous pouvons confirmer ou infirmer la gestation.

]]>Avec la palpation des ovaires : sur les vaches en anœstrus, elle permet de savoir si la vache est cyclée (activité ovarienne normale mais manifestations silencieuses), si elle a un kyste ovarien qui bloque une reprise normale des cycles, etc.

]]>Au niveau digestif : même s’il est possible de s’attarder sur la palpation ruminale, des intestins, etc. il est surtout facile d’examiner les bouses au moment de la fouille rectale : présence de grains de maïs non digéré, de nombreuses fibres, bouses sèches ou très liquides…

]]>Un examen général : la queue peut être souillée par de la diarrhée ou des glaires génitales. Il est possible également de juger du poil, de l’état d’embonpoint, de la mamelle, des aplombs… Nous pouvons soulever des problèmes parfois non détectés par l’éleveur.

Un diagnostic dès trente jours avec l’échographe

 

 

Pour me faciliter la vie et augmenter mes performances, j’utilise également un échographe. Il permet des diagnostics de gestation dès trente jours (voire moins selon l’échographe et l’expérience) et plus sûrs ; une détermination plus précise des structures présentes sur les ovaires ; ou encore la possibilité de confirmer une infection utérine lors d’involution retardée. Il sert aussi à vérifier la présence ou non de jumeaux, confirmer la viabilité du fœtus et éventuellement déterminer son sexe.

Certains éleveurs optent pour un diagnostic de gestation dans le lait. Il s’agit de détecter la présence de protéines produites par le placenta. Il ne nécessite pas la présence d’un vétérinaire, et permet un diagnostic précoce dès vingt-huit jours de gestation. Le même test peut être réalisé sur le sang pour des génisses.

Reste également la possibilité d’un diagnostic nettement plus tardif et approximatif : veau palpable dans le flanc, mamelle qui se « décolle » chez les génisses, ou encore vulve qui se dilate. Mais cela ne facilite pas une bonne préparation au vêlage. Sans parler des problèmes de tarissement avec des intramammaires aux délais toujours plus longs.

La visite m’aura pris une bonne heure. Elle m’aura notamment permis de constater que les bouses des vaches ont une consistance moins liquide que le mois dernier. C’est le signe d’une meilleure digestion. C’est corrélé aux résultats des fouilles : aucune métrite ce jour, de bonnes involutions utérines, et un pourcentage record de vaches pleines ! Mais c’est au prix d’adaptation permanente de l’éleveur : travail sur la génétique pour sélectionner de meilleures performances repro, travail permanent sur la ration… Heureusement, tout cela finit par payer !

 

Mise en garde

Le diagnostic de gestation dans le lait ne doit pas être fait dans les soixante jours après vêlage sous peine de détecter des marqueurs de gestation datant de la gestation précédente.

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