Aller au contenu principal

« éCow nous aide à classer nos vaches selon leur rentabilité »

Proposé par Prim’Holstein France depuis 2017, le service éCow est utilisé au Gaec du Buisson pour peaufiner les accouplements et classer les 70 vaches du troupeau.

Environ 1h30, c’est le temps qu’il faut à Jean-Paul Mette, technicien Prim’Holstein France, pour passer en revue un troupeau de 70 vaches tel que celui du Gaec du Buisson à Saint-Fulgent-des-Ormes, dans l’Orne. Première étape, Jean-Paul consulte sur son boîtier la liste des vaches à pointer. C'est le pointage classique. Lors de la seconde visite dans cet élevage, il ne restait qu’une bonne dizaine de vaches à pointer. Distance plancher-jarret, hauteur au sacrum, état corporel, angle du jarret … quelque 21 postes de morphologie sont passés au crible et notés de 1 à 9. Avec plus de 25 ans d’expérience, le coup d’œil est sûr et rapide. « J’avais déjà pointé la « 6044 » il y a quatre mois lors de la première visite. C'est juste une vérification. Finalement, je la trouve mieux qu’elle n’était. »

Une fois les pointages terminés et les notes de synthèse mamelle, membres et capacité corporelle calculées, les données enregistrées dans le boîtier sont transférées dans l’ordinateur portable du technicien. « Une synthèse complète du troupeau est éditée en morphologie, index production et fonctionnel afin de mettre en avant les points forts et faible du troupeau et de pouvoir le situer par rapport à d'autres », précise-t-il. Puis c'est au tour du logiciel éCow de triturer les données brutes en quelques minutes. Toutes les vaches sont classées selon leur intérêt économique à partir de leur production laitière, leur morphologie et leur fertilité.

Coupler morphologie et performances de la vache 

« L'objectif d'éCow est de guider les éleveurs, les aider à faire des bons choix stratégiques d'un point de vue économique. C’est un outil d’aide à la décision », précise Jean-Paul Mette. La note éCow et les qualités morphologiques permettent de sélectionner les vaches les plus intéressantes pour assurer le renouvellement du troupeau en semence sexée ou classique. Les autres seront croisées avec des taureaux de races allaitantes ou réformées. Mais l’éleveur a toujours le dernier mot. « C’est à lui de décider s’il veut garder ou non une vache, même si le logiciel ne la trouve pas rentable une année donnée », précise le technicien.

Bonne nouvelle pour la « 6044 », alias Jenny, le logiciel éCow confirme qu’en plus de ses réelles qualités morphologiques, elle a toutes les qualités pour rester dans le troupeau. Cette fille de Spalletti (pointée TB 86) en deuxième lactation (129 d’ISU) a produit 10 400 kg de lait en 360 jours à 38,9 de TB et 33,6 de TP lors de sa première lactation. « C’est une superbe vache, avec une morphologie équilibrée, une mamelle très bien adaptée à la traite robotisée. Elle a été pleine deux fois de suite après une seule insémination », souligne avec satisfaction Nicolas Tison, responsable du troupeau laitier au sein du Gaec.

Avec une note éCow de 65 sur 100, Jenny est au-dessus de la moyenne des 17 vaches ayant une lactation terminée dans cet élevage (60,2). Pour Nicolas Tison et Jean-Paul Mette, l'affaire est classée. Jenny sera inséminée avec de la semence sexée.

Une note éCow insuffisante pour du renouvellement

Le sort de la « 5796 » est en revanche plus délicat. Cette vache en quatrième lactation a une note éCow de 68,6 sur 100 pour sa dernière lactation terminée, et de 64,6 en moyenne sur toutes ses lactations. Elle se situe à peine dans la moyenne des cinq vaches du troupeau ayant terminé trois lactations (69,1). « Elle a des problèmes en taux (34 de TB et 30 de TP) et en fertilité (3 IA en moyenne par lactation). Si tu veux la garder, pourquoi pas, mais je te conseille de la croiser avec un taureau blanc bleu parce que le TB est trop faible pour avoir un bon prix du lait », annonce Jean-Paul Mette à l'éleveur. Cette solution lui convient. « Elle a déjà produit 67 000 kg. Et comme elle a peu de cellules, elle peut dépasser les 100 000 kg », espère Nicolas Tison.

Avec 70,8 au compteur éCow en moyenne sur six lactations, dont cinq terminées, Eline, la « 5738 », tient la route sur le plan économique et morphologique (TB 88). Elle a produit 72 500 kg à 42,7 de TB et 33,4 de TP (22,6 kg par jour de vie). Aucune mammite à déplorer. « Sa note éCow (65,9) a baissé lors de sa cinquième lactation parce qu’il a fallu l’inséminer quatre fois. Sinon, c’est une vache sans problème. Elle n’a jamais fait de mammite. » Lors des deux cents premiers jours de sa sixième lactation, elle a produit 8 910 kg à 45,3 de TB et 34,2 de TP. « Elle a les normes pour aller au concours du SIA. » Seul gros bémol, elle est un peu longue à traire au robot. « Si le robot n’est pas saturé, mieux vaut la garder pour le prix du lait », recommande Jean-Paul Mette.

Une bonne correspondance avec l’ISU

Pas de rattrapage en revanche pour la « 5871 ». Avec un ISU de 110 et une note éCow de seulement 56,2 en troisième lactation, Idole sera réformée à la fin de sa quatrième lactation. Des comptages cellulaires à 600 000 cellules/ml et un TB de seulement 35,6 expliquent sa faible note éCow.

« Globalement, il y a une forte corrélation entre les meilleures vaches du classement éCow et l'ISU. Cela confirme que l'ISU est bien corrélé à l’économie », note Jean-Paul Mette. Alors pourquoi ne pas s'en tenir qu'à l'ISU ? « L’ISU n’est qu’un index. Pour l’éleveur, c'est plus parlant de se servir des performances propre de l’animal. Cela permet aussi de prendre en compte les effets troupeau et de repérer les vaches les mieux adaptées au système. »

Nicolas Tison est convaincu de l’intérêt du logiciel. « Nous avons parfois des vaches qui sont au top en morphologie mais pas sur d’autres critères comme la production, les taux, la fertilité, les cellules… Le fait de synthétiser toutes ces informations permet de réaliser un classement objectif », souligne l’éleveur.

Le Gaec du Buisson délègue également les accouplements au technicien de Prim’Holstein France. « Le choix des taureaux est neutre. Nous prenons les meilleurs où ils se trouvent, tout en donnant la priorité à ceux de notre coopérative (Gènes Diffusion) lorsque les taureaux sont équivalents », précise Nicolas Tison.

Chiffres clés

Gaec du Buisson

3 associés
720 000 l de lait de référence - 310 ha
70 Prim'Holstein à 10 740 kg (TB 39 et TP 32,6 )
12,4 kg de lait par jour de vie
Adhère à Prim'Holstein France depuis 20 ans
132 d'ISU moyen (juillet 2018) (Orne 116, et France 117)
83 points en note globale

éCow, c'est quoi ?

Le service éCow est proposé gratuitement aux adhérents de Prim’Holstein France. Le logiciel développé par l’association réalise un classement économique intra-troupeau de chaque vache à partir de son pointage, sa production (lait, TB, TP et cellules) et sa fertilité. 

Une version permettra d'ici la fin de l'année de valoriser les données de production issues des robots de traite. Toutes les lactations en cours d’au moins 100 jours ou terminées sont prises en compte. Suite à l’analyse des données, les vaches se voient attribuer une note. Un classement selon leur rang de lactation est possible.

Une note carrière est également calculée. « Ce critère prend en compte la production laitière d’une vache pendant toute sa carrière. C’est intéressant pour repérer celles qui vieillissent bien. Mais en général, les meilleures sur ce critère ont été réformées ou sont en passe de l’être. Ce n’est donc pas très intéressant pour faire le tri pour les accouplements », explique Jean-Paul Mette. Les résultats d'éCow sont délivrés une à trois fois par an selon la fréquence de passage du technicien Prim’Holstein France.

Les plus lus

Éliane Riou. « Dans notre nouvelle TPA 2x16, nos mettons 1h15 pour traire 140 vaches à deux, hors lavage. Une traite rapide et fluide, sans effort physique, c’est 100 % de plaisir ! »
« Dans une salle de traite, ce sont les détails qui font toute la différence »
Au Gaec de Kermouster, dans le Finistère, les associés ont mûri leur projet pour limiter les efforts physiques à la traite grâce…
Monique Provost, éleveuse en Loire-Atlantique « Depuis cinq ans, je nourris mes veaux au lait entier jusqu’au sevrage une seule fois par jour, du lundi au samedi."
« Mes veaux reçoivent six buvées de lait entier par semaine »
Monique Provost, éleveuse en Loire atlantique se simplifie la vie en distribuant du lait entier à ses veaux une fois par jour,…
Olivier et Béatrice Piron. « Nous privilégions un système très simple avec peu de vaches, pour rester efficaces tout en veillant à l'aspect travail. »
« Avec nos 49 vaches laitières, prévention rime avec efficacité économique »
L’EARL Les chapelles, en Ille-et-Vilaine, se distingue avec un système intensif mêlant maïs toute l’année et herbe pâturée.…
Le choix de griffes plus légères et de tuyaux en silicone soulage les bras et les épaules.
« Rénover la salle de traite pour tenir jusqu’à la retraite ! »
Dans le Finistère, le Gaec du Bois Noir a agrandi et rééquipé sa salle de traite, en vue de réduire la durée et la pénibilité de…
Le Casdar Ergotraite inclut une analyse biomécanique des mouvements par « motion capture ».
Traite : des hauteurs de quais trop souvent inadéquates
La hauteur des planchers mammaires à la traite a un impact important sur la posture du trayeur et le risque de troubles musculo-…
Jean-Noël Landemaine avec Marion, sa compagne, et leur fille Louise. « Notre travail a plus de sens. Il est plus technique et plus passionnant qu’avant. J’apprécie le gain d’autonomie pour l’organisation des chantiers de récolte. » 
« Notre conversion bio avec séchoir à foin répond à nos convictions »
Au Gaec Louverné, en Mayenne. Être en phase avec leurs convictions et les attentes sociétales tout en améliorant l’autonomie de l…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière