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Deux nouveaux outils pour piloter sa décarbonation en élevages ruminants

Carbonomètre est un indicateur de l’empreinte carbone des ruminants et de leur alimentation. Cap1pact est un outil de pilotage de l’empreinte carbone de l’atelier lait. Qu’apportent-ils par rapport à un diagnostic Cap’2ER ?

<em class="placeholder">Vaches laitières en train de manger une ration mélangée</em>
Le logiciel de rationnement Sandifeed de Sanders calcule le Carbonomètre et la marge sur coût alimentaire, permettant d'établir un lien entre action décarbonante et rentabilité de l'atelier lait ou viande.
© E. Bignon

Le Cap’2ER, diagnostic développé par Idele, est reconnu par les pouvoirs publics et utilisé par toute la filière. Complexe, le diagnostic de niveau 2 demande au moins une demi-journée. Il est donc réalisé au démarrage d’un programme de décarbonation, à mi-parcours et à la fin des cinq années que dure le programme.

Complémentaires du Cap’2ER, deux nouveaux outils ont été présentés au Space : Cap1pact, pour piloter la décarbonation au mois le mois, et Carbonomètre, pour évaluer l’impact d’un changement d’aliment de la ration.

« La filière a effectivement besoin d’outils de pilotage, reconnaît Jean-Baptiste Dollé, d’Idele. À mon avis, le suivi d’indicateurs techniques suffit à évaluer si l’on est sur la bonne trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour éviter d’aboutir à des empreintes carbone différentes entre les outils, Idele propose aux acteurs développant des outils de partager la même méthodologie en se connectant à Cap'2ER. »

Cap1pact, le monitoring du carbone au quotidien

L’outil Cap1pact - en phase de test avant un déploiement commercial dans un an - vise à « piloter son plan de réduction de l’empreinte carbone », exposent ITK et Seenergi. « Un éleveur ayant réalisé un premier diagnostic et s’étant engagé dans un plan d’action, pourra vérifier qu’il est sur la bonne trajectoire de réduction des émissions. L’éleveur pourra ainsi corriger le tir et arriver sereinement au deuxième audit Cap’2ER, notamment s’il a souscrit des crédits carbone, une MAEC ou un autre paiement pour service environnemental. »

Dans cet outil, les émissions de méthane entérique sont estimées à partir de l’analyse de lait avec Optimir. Pour suivre les émissions de gaz à effet de serre (GES), il prend en compte également l’impact des aliments achetés, des effectifs improductifs, de la gestion des effluents. Le suivi d’indicateurs techniques (production par vache, consommation de concentrés par litre de lait) permet de repérer ce qui joue sur l’empreinte carbone. L’outil suit aussi le stockage carbone. « Suivre annuellement un indice de stockage de carbone a peu de sens, car le pas de temps est plutôt de cinq ans voire plus pour observer des évolutions en la matière », tempère Jean-Baptiste Dollé, d’Idele.

Le Carbonomètre pour comparer différentes rations

Sanders a lancé le Carbonomètre, un indicateur intégré dans son logiciel de calcul de ration Sandifeed, qui permet de calculer les émissions de GES induites par les ruminants et par les constituants de leur ration (production, transport), ramenées au litre de lait ou au kilo de viande vive. Il prend en compte l’âge au premier vêlage, les objectifs de production ou le taux de renouvellement. Il permet de simuler l’impact de certains choix d’alimentation ou de gestion de troupeau. « Le Carbonomètre est une empreinte carbone partielle qui ne remplace pas un Cap’2ER qui est lui à l’échelle de l’exploitation et prend en compte le stockage carbone, la gestion des effluents, etc. », précise Ophélie Jouve, cheffe de marché ruminants chez Sanders.

Par contre, « comme nous avons déjà évalué en amont le score carbone réel de nos aliments, le Carbonomètre utilise ce chiffre, et non pas une donnée moyenne de concentré comme c’est le cas aujourd’hui avec le Cap’2ER. Cela permet de valoriser des démarches durables comme par exemple le soja origine France dans certains aliments ou l’intérêt carbone de certains ingrédients ».

« Cet outil est intéressant et apporte de la finesse sur l’impact des aliments, précise Jean-Baptiste Dollé. Toutefois, le risque d’un outil centré sur une problématique est que l’on peut détériorer d’autres postes en améliorant celui sur lequel on s’est concentré. Il faut donc le resituer dans l’approche globale à l’échelle exploitation ».

Cap1pact, ce sont aussi 60 exploitations suivies

ITK et Seenergi, avec des laiteries et OP partenaires, ont mis en place depuis un an un démonstrateur terrain qui compte environ 60 exploitations laitières. Ce sont des éleveurs adhérents de Prospérité fermière, de Maîtres laitiers du Cotentin, de l’OP APBO, et du duo Laiterie Saint Denis de l’Hôtel et OP APLBC. La coopérative Prospérité fermière explique que « nous avons besoin de visibilité au niveau des élevages et à notre niveau. Et nos clients veulent suivre quelles actions précises sont menées et pour quels résultats ».

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