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Conséquences de Lubrizol : « Il faudra reconquérir la clientèle »

Pierre Villiers, président de l'ODG Neufchâtel
Pierre Villiers, président de l'ODG AOP Neufchâtel
© SARL Villiers

Pierre Villiers, président de l’ODG de l’AOP Neufchâtel, témoigne de la situation très dure pour les producteurs transformateurs de fromage AOP Neufchâtel. "Environ 80 % des fermes ont été concernées par l’arrêté préfectoral. Hormis une fromagerie industrielle qui représente environ 45 % des fabrications (sur 1 700 tonnes de fromages par an), les fromagers sont des éleveurs. Ils doivent gérer la relation clientèle de crise."

Les pertes de ventes restent à évaluer

Les exploitations en AOP sont très herbagères. Les animaux ont dû être rentrés et passés en ration hivernale, ce qui génère des surcoûts. Chez les transformateurs fermiers, le lait n’a pas été jeté ; il a été transformé et les lots ont été consignés. Le Neufchâtel demande trois jours de fabrication et dix jours d’affinage. Or l’arrêté n’a été levé qu’au bout de 17 jours. "Donc les producteurs qui vendent beaucoup de fromages peu affinés ont dû avoir du mal à écouler leurs fabrications. Et il y aura des pertes à déplorer : crème, fromages blancs, peut-être du beurre et des fromages détruits. Pour les destructions et les ventes non réalisées pendant la période d’interdiction, nous toucherons des indemnités. Mais il y a aussi des pertes de marché, la perte de confiance des consommateurs ! Certains nous ont remonté le moral. Mais d’autres sont dans la psychose : l’État nous ment, la zone est polluée. Combien de temps durera cette dégradation d’image et de confiance ?"

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