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Cinq conseils pour récupérer l’eau de pluie en élevage bovin

Une année climatique comme 2024, avec sa pluviométrie abondante, amène à réfléchir à la possibilité de récupérer les eaux de pluie des toitures pour être plus autonome. Que ce soit pour l’abreuvement des vaches ou le nettoyage de la salle de traite, voici cinq conseils pour bien raisonner son projet.

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La récupération de l'eau de pluie des toitures est à coupler avec un dispositif de traitement efficace.
© Maxim - stock.adobe.com

1 Déterminer l’usage de l’eau récupérée

La réflexion qui entoure la création d’un système de récupération des eaux de pluies va dépendre de son usage. Ainsi, le projet va être conçu différemment si l’objectif est uniquement de pouvoir utiliser l’eau pour le nettoyage de la salle de traite ou si l’abreuvement des animaux est souhaité. Et pour satisfaire les besoins en eau de qualité d’un troupeau, il sera nécessaire de prévoir un process de filtration et de traitement pour assurer une sécurité sanitaire. Une eau de mauvaise qualité bactériologique peut entraîner des diarrhées, avortements ou mammites. « En élevage laitier, il faut exclure l’eau de pluie récupérée pour nettoyer le matériel en lien avec l’alimentation humaine comme le tank à lait ou la machine à traire », prévient Isabelle Forgue, conseillère énergie au sein de la chambre d’agriculture du Doubs et territoire de Belfort.

2 Bien dimensionner son projet

Le dimensionnement du projet dépend de plusieurs paramètres. Le potentiel récupérable en eau de pluie est lié à aux surfaces des toitures, sachant que certains types de toits sont déconseillés. « La récupération des eaux de pluie n’est pas conseillée sur des toits amiantés par exemple », confirme Isabelle Forgue. En revanche, pas de contre-indication pour le photovoltaïque. Autre donnée à intégrer dans la réflexion : la pluviométrie locale, qui va influer sur les possibilités de récupération de l’eau de pluie. Face aux quantités récupérables, il est nécessaire d’évaluer les besoins de l’élevage (et donc l’usage) en fonction de la taille du cheptel. Le volume de la réserve va alors pouvoir être calibré selon l’objectif d’autonomie souhaité. Recourir à un diagnostic de son système montre un grand intérêt pour dimensionner le projet de manière adaptée.

3 Bien choisir son matériel de stockage

« Les citernes souples sont plus économiques mais elles peuvent être propices au développement de micro-organismes quand il fait chaud et donc représenter un risque sanitaire potentiel pour le troupeau », pointe Ludovic Barthelet, chargé de mission au sein du GDS Centre. Différents matériaux sont proposés pour le stockage de l’eau de pluie : thermoplastiques, thermodurcissables, acier revêtu ou galvanisé, et béton. « Dans le cadre de la sécurité sanitaire qui entoure l’abreuvement, on exclut les poches souples qui sont impossibles à nettoyer et on privilégie les citernes enterrées en béton, qui assurent une bonne qualité et peu de variations de température », conseille Isabelle Forgue. La localisation de la citerne de stockage est également à bien penser pour l’efficience du système mais aussi pour des raisons sanitaires avec un risque de contamination en cas de proximité (mur mitoyen) avec les fosses à lisier.

4 S’assurer que l’eau est bien filtrée

L’eau de pluie est une eau douce mais lors de son acheminement jusqu’à la citerne de stockage, elle se pare d’éléments indésirables comme des métaux, matières organiques, micropolluants organiques ou chimiques, ou autres micro-organismes. La filtration à 1 mm est donc l’un des leviers pour assurer une bonne qualité de l’eau récupérée. En amont, le recours à un « by-pass » peut s’avérer propice lorsqu’il s’agit de dévier les eaux du toit souillées et déversées à flot lors des orages, notamment en période de sécheresse. « L’idée de mettre en place un by-pass permet de dévier ces eaux chargées en dehors de la citerne, pour ne récolter que les pluies ultérieures, une fois la toiture lavée » détaille le guide de l’abreuvement établi en 2022 dans le cadre du programme ASSECC (Abreuvement : solutions et ressources en élevage face au changement climatique) conduit par la chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté.

5 Opter pour un dispositif de traitement efficace

Le traitement de l’eau est un impondérable de l’abreuvement des vaches laitières avec de l’eau de pluie récupérée des toitures et dont l’efficacité est intrinsèquement corrélée à celle de la filtration. Pour traiter l’eau, plusieurs systèmes peuvent être envisagés. Le traitement par rayons ultraviolets (UV) permet de détruire biologiquement les bactéries et pathogènes, et présente un intérêt en cas de consommation rapide de l’eau. Mais si l’eau reste trop longtemps à l’air libre, une nouvelle contamination risque de se produire, d’où le recours à un traitement chimique, à base de chlore ou de peroxyde d’hydrogène. À noter qu’il est nécessaire de prévoir un laps de temps de contact entre l’eau et le produit pour que le traitement chimique puisse montrer son efficacité.

 

Côté éco

200 à 250 €/m3 pour une citerne enterrée béton

Filtration : 5 000 à 10 000 € selon la taille d’installation

Traitement : pas de différence de coût entre UV et chimique

Retour sur investissement au bout d’une dizaine d’années

Subventions possibles selon les régions

Que dit la réglementation ?

L’arrêté du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage en intérieur et à l’extérieur des bâtiments fixe la liste des usages autorisés et les dispositions techniques et réglementaires à respecter, qui sont répertoriées dans un document de l’Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement, établi en 2015. Au niveau technique, les citernes doivent être non translucides et protégées contre les hausses de température, et un système de filtration est à prévoir. La déconnexion du réseau d’eau potable est obligatoire et doit se faire au moyen de disconnecteurs spécifiques de type AA ou AB.

Un entretien très régulier, notamment au niveau des lampes UV, des pompes et des citernes, doit être mis en œuvre et indiqué dans un carnet sanitaire qui mentionne également le plan des équipements, la fiche de mise en service et les index des compteurs. Une analyse d’eau annuelle est préconisée. Selon la localisation de l’élevage, notamment dans le cas de filières AOP, la réglementation en vigueur peut différer d’un territoire à un autre. Il est donc nécessaire de se renseigner auprès des organismes compétents : chambre d’agriculture ou GDS.

Rédaction Réussir

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