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Carrefour interpellé par l’Apli

L’association monte au créneau pour défendre les marques de producteurs dont les prix en rayon augmentent bien plus que ceux des marques de distributeurs.

Adrien Lefèvre, président de l'Apli. « Nous montrons les incohérences de la distribution, entre leur discours de soutien aux éleveurs et les pratiques des acheteurs. Ils n'auraient pas intérêt pour leur image à ce que des manifestations comme celle-ci se multiplient. »
Adrien Lefèvre, président de l'Apli. « Nous montrons les incohérences de la distribution, entre leur discours de soutien aux éleveurs et les pratiques des acheteurs. Ils n'auraient pas intérêt pour leur image à ce que des manifestations comme celle-ci se multiplient. »
© Apli

« Les marques distributeurs (MDD) ont gagné en 2022 jusqu’à 20 % de parts de marché au détriment des marques nationales et des marques de producteurs, parce que les distributeurs font gonfler davantage les prix aux consommateurs de ces dernières, et dans une moindre mesure le prix des MDD. Et les prix en rayon ont encore plus augmenté pour les produits bio ! », expose Adrien Lefevre, président de l’Apli. À l’heure où le consommateur réduit ses dépenses alimentaires, cette stratégie met à mal les marques de producteurs (NDLR : Faire France, Mont Lait, Invitation à la ferme…) et autres marques nationales.

L’Apli a donc organisé une manifestation en février devant le siège de Carrefour, rejointe par la Coordination rurale (CR), l’EMB (European Milk Board) et Faire France, marque de producteurs créée avec le concours de l’Apli. « Carrefour a été particulièrement visée pour ses pratiques qui sont observées en France mais aussi chez nos voisins belges, luxembourgeois, italiens. Mais d’autres distributeurs sont concernés », pointe Adrien Lefèvre. Les producteurs demandent que les hausses de prix en rayon soient similaires entre toutes les marques, et que les marques de producteurs soient mieux mises en valeur.

Pour une revalorisation du prix du lait à 0,55 euro par litre

La CR et Apli militent aussi pour que le prix du lait au producteur soit revalorisé à 0,55 euro par litre dans tous les accords commerciaux. Et pour que les hausses de tarifs soient effectives plus rapidement après la conclusion d’un accord. « Les distributeurs mettent souvent deux à trois mois à réagir et, en attendant, les PME prennent sur leurs marges pour payer les éleveurs. »

« Carrefour a promis de revoir ses pratiques, notamment pour le bio, et d’améliorer la mise en avant des marques d’éleveurs », indique Adrien Lefevre. En attendant, les producteurs surveillent les prix en magasin, et rencontreront la direction de Carrefour au Salon de l’agriculture pour préciser les engagements du distributeur.

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