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Assurance prairie : comment ça marche

Les sécheresses qui se succèdent amènent à s’intéresser à l’assurance prairie, contrat proposé par plusieurs assureurs et destiné à compenser la baisse de production des prairies, consécutive à un événement climatique.

Les souscripteurs sont surtout des éleveurs bovins lait, viande ou mixte, avec en moyenne 150 UGB et 110 ha de SAU. © A. Conté
Les souscripteurs sont surtout des éleveurs bovins lait, viande ou mixte, avec en moyenne 150 UGB et 110 ha de SAU.
© A. Conté

Comment est calculé le déficit ?

L'indemnité est calculée à partir d'un indice de production des prairies (IPP) élaboré par Airbus Defence & Space et mis à disposition du monde agricole et de tous les assureurs depuis décembre 2015. L’indice utilise les données satellitaires fournies par Airbus. Les satellites mesurent chaque jour la surface foliaire, indicateur de la productivité de la prairie. Depuis 2019, l’indice a évolué, avec un maillage plus fin (zones pédoclimatiques homogènes de la taille d’une commune) et l’intégration de données météo et de variabilité des périodes de pousse. En comparant l'IPP de l'année à la moyenne olympique des cinq dernières années (excluant la donnée la plus élevée et la plus basse), on peut estimer un éventuel déficit de production. S’il dépasse le niveau de franchise choisi, l'assurance ouvre droit à indemnisation. Le déclenchement est automatique, sans déclaration de sinistre ni expertise.

Qu'est-ce qui est garanti?

Au moins 95 % des surfaces en herbe de l'exploitation doivent être assurées, prairies temporaires, permanentes et artificielles (luzerne…). L’exploitant peut en revanche assurer ou non des surfaces peu productives (landes, parcours). Les aléas couverts sont tous les événements climatiques impactant la production des prairies (sécheresse, gel, grêle, inondation, excès d'eau, tempête, vent de sable, poids de la neige, givre, manque de lumière...). La période de garantie va du 1er février au 31 octobre. Les conséquences de conditions climatiques rendant impossible ou difficile la récolte des fourrages ne sont par contre pas couvertes. Depuis 2018, Pacifica a toutefois rajouté en option gratuite la possibilité de se faire indemniser sur la base d’une déclaration en cas d’impossibilité de récolte.

Comment choisir le capital à assurer ?

Le contrat vise à compenser la baisse de production fourragère en finançant l'achat de fourrages de substitution pour les animaux. Le capital garanti est donc à calculer par l'éleveur selon le prix de rachat qu'il envisage pour des aliments de substitution, selon son troupeau, le type de conduite (conventionnel, bio...) et dans les limites fixées par le CNGRA (Comité national de gestion des risques en agriculture) de 1 490 €/ha pour les prairies artificielles, 900 €/ha pour les prairies permanentes et temporaires et 168 €/ha pour les prairies peu productives (campagne 2020).

Combien ça coûte ?

Le contrat de base validé par le CNGRA et qui ouvre droit à une subvention de 65 % de la cotisation prévoit un déclenchement à partir de 25 % de franchise. Les éleveurs peuvent choisir d’autres taux de franchise (10 à 50 % chez Pacifica, 20 à 30 % chez Groupama ), mais la part subventionnée de la prime ne portera que sur sa fraction correspondant aux critères définis par le CNGRA. Le taux de franchise doit être choisi selon le niveau de stock de l'éleveur et l'estimation du risque (système plus ou moins basé sur l'herbe, possibilité d'irrigation...). Le plus souvent, il est de 25 % ou 30 %. Le coût final de la cotisation dépend du niveau de risque dans la zone (risque de sécheresse...), du capital assuré et du taux de franchise. En moyenne, il s’élève à 31 €/ha avant subvention et 14 €/ha subvention déduite.

À lire aussi : La pérennité de l'assurance prairie est menacée

Quelle cotisation pour quelle indemnisation : exemple avec Pacifica

Si un éleveur estime produire en moyenne 6 tMS/ha, il va assurer un capital de 6 x 150 € (prix de la tonne de matière sèche qu’il devra acheter en cas de déficit), soit 900 €/ha.

Il dispose de stocks de précaution pour 25 % de sa production et choisit donc une franchise de 25 %, soit celle du contrat socle.

Sa cotisation brute est de 40 €/ha et sa cotisation nette de 14 €/ha pour 65 % de subvention.

Si la perte de production est de 45 %, l’indemnisation sera de (45 – 25) x 900 € = 180 €/ha.

 

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