Aller au contenu principal

Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Apprendre à travailler avec un salarié

Le salariat prend de l’ampleur en élevage laitier. Recruter et employer un salarié exigent des compétences spécifiques. Le besoin de professionnalisation est patent.

Plus d’une exploitation laitière sur cinq a recours au salariat, contre seulement 3 % il y a quinze ans. L’évolution est spectaculaire, même s'il semble y avoir eu un petit tassement entre 2013 et 2016. D'après les enquêtes structures d'Agreste 2016, 21,3 % des exploitations employaient de la main-d'œuvre salariée permanente et cette main d'œuvre permanente représentait 10,4 % de la main-d'œuvre totale. Le recours à des formes moins engageantes (salariés occasionnels, ETA, Cuma avec chauffeurs...) est bien plus fréquent, ce qui fait grimper à 16,7% la part de la main-d'œuvre salariée dans la main-d'œuvre totale des exploitations laitières (17 % en 2013).

Les raisons sont multiples et connues. Elles se cristallisent autour de la raréfaction de la main-d’œuvre familiale, de l’agrandissement des cheptels et de nouvelles attentes en matière de qualité de vie. Parallèlement, les formes sociétaires ne cessent de progresser. Ces évolutions, qui n’ont aucune raison de s’arrêter, posent aux employeurs de main-d’œuvre un nouveau défi, celui de la gestion des ressources humaines, auquel peu sont préparés. La formation initiale propose de solides bases techniques pour conduire un élevage et les cultures associées, mais n’aborde que rarement les questions de management et de vivre et travailler en équipe« Nous sommes sont confrontés à deux problèmes, affirme Daniel Perrin, éleveur en Lorraine et président du groupe évolution des structures au Cniel. Un : trouver des salariés compétents. Deux : acquérir les compétences du management. »

Des solutions mais peu de professionalisation

Sur la base de ce constat, le groupe qu’il préside a commandé à l'institut de l'élevage (Idele), un vaste travail sur la « gestion des ressources humaines, salariat et association en exploitation bovin lait », qui a été conduit avec une douzaine d’organismes partenaires(1). Vingt éleveurs localisés dans trois zones d’élevage laitier (plaine, montagne et polyculture-élevage), dont seize employeurs de main-d’œuvre, ont été enquêtés pour connaître leurs motivations ou freins à l’embauche et les pratiques liées à l’emploi. « Les éleveurs ont trouvé des solutions en termes de salariat et de recrutement, mais on sent peu de conceptualisation. Certains s’en sortent bien, il y a des marges de progrès pour d’autres et un besoin de professionnalisation. Ils n’ont pas forcément intégré tout ce que le fait de devenir employeur allait leur demander, constate Sophie Chauvat, responsable de projet à Idele sur les approches sociales et le travail en élevage. La gestion des ressources humaines ne se limite pas à la communication et aux relations humaines. Elle fonctionnera bien si les missions et le contrat de travail avec le salarié sont clairs et si le travail est bien organisé. »

Les outils qu’utilise toute entreprise qui embauche

Pour clarifier les missions à confier au salarié, le futur employeur doit d’abord mettre noir sur blanc ses besoins en matière de travail. Il pourra alors définir ce qu’il en attend : aptitudes et compétences, qualités et motivation... Le recrutement est alors lancé en connaissance de cause et avec les outils qu’utilise toute entreprise quand elle embauche : fiche de poste, annonce, diffusion, entretien de recrutement... Quand le salarié est en fonction, il s’agit d’organiser et d’anticiper le travail de l’exploitation pour qu’il soit le plus efficace possible. De veiller aussi à entretenir sa motivation en lui montrant de la reconnaissance et en lui donnant progressivement de l’autonomie. Quant à la communication, si elle est naturelle pour certains employeurs, elle l’est beaucoup moins pour d’autres. Il y a alors intérêt à la formaliser en prévoyant notamment des rendez-vous réguliers pour faire le point avec le salarié. « La professionnalisation de la gestion des ressources humaines n’est pas insurmontable, rassure Sophie Chauvat. Nous donnons des recommandations qui peuvent aider à formaliser les choses. Mais le plus important pour que ça se passe bien, c’est que l’employeur ait avec le salarié un comportement comme il aimerait que n’importe quelle personne ait avec lui-même. » Devenir un bon manager passe aussi par la formation. « Il y a une offre, dans de nombreux départements, mais peu de personnes s’inscrivent à ces formations, regrette Sophie Chauvat. Ce n’est pas encore considéré comme une compétence en soi. » Vous en découvrirez quelques clés tout au long de ce dossier.

(1) APCA et CA 37, Gaec et Sociétés, BTPL, Cerfrance, MSA, France Conseil élevage, Service de remplacement, Anefa, Cuma France, RMT Travail en élevage, Vivea, Anact.

Former et accompagner les éleveurs

Suite à ce travail sur la gestion des ressources humaines en élevage laitier, le Cniel et Idele ont formulé des recommandations pour former et accompagner les éleveurs sur cette question, aussi bien dans un cadre sociétaire que hiérarchique (salariat). « C’est un déterminant stratégique pour la pérennité des élevages laitiers français », estime Daniel Perrin (Cniel). Mission est donnée aux Criel de développer les réseaux et les compétences des conseillers et de l’enseignement, pour qu’ils intègrent ces questions dans leurs conseils et formations. Le Cniel veut aussi renforcer l’attractivité du métier de salarié en élevage laitier car c’est une des grandes raisons des difficultés de recrutement : diffusion des bonnes pratiques pour améliorer les conditions d’exercice du métier ; promotion du métier de salarié en direction de l’enseignement, des professionnels de l’orientation et des personnes en recherche d’emploi.

En savoir plus

Le dossier Cniel-Idele « Organiser le travail en élevage laitier » regroupe 15 fiches très pratiques qui vous guideront pas à pas dans la gestion des ressources humaines. Parmi lesquelles : quel profil de salarié choisir ? Comment le recruter ? Combien va-t-il me coûter ? Quelles sont mes obligations en tant qu’employeur ? Comment gérer les premiers contacts ?... Il est disponible à l’adresse https://bit.ly/2R37UZc ou sur le site www.cniel-infos.com en utilisant l’outil de recherche. Vous trouverez sur ces mêmes pages le compte-rendu des enquêtes réalisées auprès de 20 éleveurs.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Vignette
«Le boviduc ouvre la voie aux pâtures sous la route»
Au lieu de traverser la route, matin et soir, neuf mois par an, les vaches de Philippe et Olivier Postec empruntent désormais un…
Vignette
Bien penser l'abreuvement des vaches
Une vache laitière consomme de l’eau en grande quantité et rapidement. La disponibilité en eau peut se révéler un facteur…
Vignette
"Mes niches à veaux sur sable sont faciles à nettoyer"

"Les nouveau-nés, jusqu'à 15 jours maximum, sont élevés dans des niches à veaux que nous avons…

Vignette
Utilisez-vous des tests de gestation dans le lait ?
Dosage de protéines spécifiques de la gestation dans le lait ou le sang, progestérone, échographies... Plusieurs méthodes sont…
Vignette
« Nous transformons 450 000 litres de lait à la ferme »
Au Gaec de la Ferme du Tout Vent dans le Nord, Étienne, Jean-Baptiste et Mathieu Gorisse développent depuis dix ans la vente…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière