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Allo véto : Anoestrus, des génisses pubères bien trop tranquilles

L’anoestrus, ou l’absence de manifestation de chaleur, est l’une des principales pathologies de la reproduction responsables d’infécondité. Zoom sur les causes d’anoestrus chez la génisse et les solutions envisageables.

<em class="placeholder">lot de génisses de 12 mois</em>
Les génisses dotées de petites ovaires ne manifestent pas forcément de chaleur et nécessitent un implant hormonal pour les faire venir en chaleur et les remplir.
© E. Bignon

« Bonjour, j’ai un souci, mes génisses ne viennent pas en chaleur, impossible de les inséminer ! » De multiples facteurs peuvent avoir des conséquences sur la reproduction. Il faut donc avoir une approche progressive et structurée.

Quelques questions et observations vont s’imposer. Où sont les génisses par rapport à l’exploitation ? Si les animaux sont trop loin, l’éleveur passe forcément moins de temps à les observer, et il est plus facile de passer à côté. Combien de fois par jour et combien de temps l’éleveur consacre-t-il à la détection des chaleurs ?

La durée des chaleurs est également variable : elle passe de 5 h sur des laitières à plus de 40 kg de lait par jour à plus de 15 h sur des laitières produisant moins de 30 kg de lait. Le temps à consacrer à l’observation est donc parfois nécessairement plus long ou plus fractionné si on veut être certain de ne pas passer à côté. Si le problème se situe dans la détection, on peut alors envisager de recourir à des outils pour se simplifier la vie : podomètres, marqueurs de chevauchement, présence d’un taureau…

D’abord chercher l’origine du problème…

Si la détection est bonne, il faut alors penser à une insuffisance d’expression du comportement des chaleurs. Cela peut être le cas notamment sur des sols glissants, lors de lésions podales, lors d’animaux trop isolés (n’ayant pas de congénères à proximité pour exprimer le comportement). La qualité du sol est souvent scrutée chez les vaches laitières pour éviter qu’elles s’écartèlent, mais il faut également prêter attention aux cases des génisses.

Si la détection est bonne, le bâtiment optimal et les congénères au même stade physiologique, il faut alors fouiller les génisses pour regarder s’il y a une activité ovarienne ou non. L’absence d’activité des ovaires peut avoir de multiples causes :

- un animal trop jeune : avant 12 mois, il est assez rare d’avoir une activité ovarienne efficace, la sécrétion de LH (hormone ovarienne) est moindre ;

- un retard de croissance : le problème est le même qu’avec un animal trop jeune. En dessous d’un certain rapport poids/taille, la croissance a la priorité sur la reproduction. Ce retard de croissance peut être lié à l’alimentation ou à des pathologies (séquelles de diarrhées, suite de coccidiose, parasitisme…). Il faut en théorie attendre un poids de 60 % du poids adulte lors de la mise à la reproduction ;

- une carence alimentaire : toutes les carences, énergétique, protéique, vitaminique (surtout vitamine A), minérale (surtout phosphore) ou en oligo-éléments (cuivre, iode, cobalt…) vont pénaliser l’activité ovarienne ;

- une ingestion de phyto-œstrogènes : on les trouve notamment dans les trèfles, la luzerne, le soja et ces derniers peuvent bloquer et perturber le cycle ;

- une malformation : c’est rarement le cas de tout un lot, mais il faut y penser s’il n’y a qu’un individu concerné, comme par exemple avec des jumeaux avec une femelle et un mâle le plus souvent.

Ou encore, parce qu’on n’est jamais à l’abri d’un oubli, d’une erreur ou d’un accident : la génisse peut tout bonnement déjà être gestante, tout bonnement (IA non notée, taureau qui a sauté ou qu’on pensait trop jeune, bœuf mal castré dans la même case…).

… puis mettre en œuvre des solutions

Si toutes les causes zootechniques ont été gérées et/ou éliminées, il va falloir tenter de stimuler l’activité ovarienne. Plusieurs options sont possibles :

- un flushing alimentaire, c’est-à-dire la distribution d’une alimentation plus riche au niveau énergétique, peut alors être intéressant dans les trente à soixante jours avant la mise à la reproduction ;

- l’utilisation d’hormones qui implique la pose d’une spirale ou l’injection de GnRH pour stimuler l’activité ovarienne. À noter que la simple palpation des ovaires réalisée pour diagnostiquer l’anoestrus, peut parfois suffire à provoquer une manifestation de chaleurs et/ou reprise des cycles !

- le recours à des thérapies alternatives : certaines plantes (sauge sclarée, fenouil, anis…) contiennent des phyto-œstrogènes susceptibles de stimuler les ovaires. Attention toutefois à la concentration en matières actives des produits achetés ainsi qu’aux plantes utilisées car toutes ne sont pas autorisées.

À retenir

D’où peut venir le problème ?

- d’une mauvaise détection : temps passé à observer les animaux, sans les déranger ?

- d’une mauvaise expression des chaleurs : état des sols, des pieds…

- d’ovaires au repos : âge, retard de croissance, alimentation et carences, malformation…

Définition

L’anoestrus, c’est l’absence de manifestations de chaleurs. Soit parce que la femelle n’est pas cyclée. Soit parce que même en étant cyclée, elle n’exprime pas de chaleurs parce qu’elle vit seule, que le sol est glissant ou autre…

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