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Flambée du GNR : hausse des tarifs des ETA de 15 à 30 % à prévoir (FNEDT)

Sur fond de guerre en Ukraine, le GNR manque chez les principaux distributeurs de carburant agricole et les prix flambent. Les ETA subissent de plein fouet cette hausse inédite. Elles annoncent des hausses de 15 à 30 % de leurs prestations.

Le GNR a pris 7 centimes de plus par litre chaque jour depuis début mars.
Gros consommateurs de carburants, les ETA subissent de plein fouet la hausse de prix du GNR, de 7 centimes par litre et par jour depuis début mars.
© M. Portier

La flambée des prix du carburant touche de plein fouet les entreprises de travaux agricoles (ETA). Au 10 mars, le prix du gasoil non-routier (GNR) a passé la barre des 1 850 € les 1 000 litres, contre 960 le 11 février dernier. Pour une ETA qui consomme 150 000 litres de GNR par an, le surcoût engendré par cette seule hausse du prix des carburants atteint les 133 500 € ! « Le GNR a pris 7 centimes de plus par litre chaque jour depuis début mars », alerte la fédération nationale des entrepreneurs du territoire (FNEDT), lors d’une conférence de presse le 9 mars 2022.

La situation étrangle des entreprises qui voyaient déjà le prix du matériel et des pièces flamber. Pour les moissonneuses-batteuses, la FNEDT a relevé une hausse de 22 % du prix des pneumatiques entre janvier 2021 et janvier 2022, mais aussi de 17 % du matériel, de 5 % pour l’entretien et la réparation, de 4,5 % pour la main-d’œuvre. Pour le carburant, la hausse atteignait 60 % au 1er février. Elle dépasse désormais les 170 %.

Alors que les travaux de plaine et les semis de printemps sont lancés, la FNEDT alerte sur le fait que « les entreprises doivent répercuter les hausses d’urgence », sous peine de ne pas passer l’année.
Alors que les travaux de plaine et les semis de printemps sont lancés, la FNEDT alerte sur le fait que « les entreprises doivent répercuter les hausses d’urgence », sous peine de ne pas passer l’année. Source : FNEDT

Alors que les travaux de plaine et les semis de printemps sont lancés, la FNEDT alerte : « Les entreprises doivent désormais répercuter ces hausses d’urgence ». À défaut, elles pourraient ne pas passer l’année. « Le surcoût pour les entreprises sera de 500 à 800 € par jour d’ensilage ou de battage. Sans revalorisation des tarifs, ça ne durera pas longtemps », résumait Gérard Napias, président de l’organisation. Pour les clients agriculteurs, les tarifs devraient augmenter de 15 à 30 % selon les situations.

« Vu les cours records du prix des céréales certains clients dans certaines filières seront en mesure d’affronter ces hausses de charges », notait Gérard Napias. « Alors qu’un producteur de grandes cultures devait commercialiser 7 quintaux de blé en 2021 pour couvrir le battage, il ne lui en faudra plus que 4 en 2022 ».

Pour la FNEDT, la situation impose de revenir sur les devis et les contrats signés, y compris sur les contrats pluriannuels. La FNEDT réclame des prix indexés (clause d’indexation obligatoire) pour toutes les entreprises de travaux agricoles et forestiers, à l’instar du mécanisme dont bénéficient les transports routiers. Autre option possible : que les clients fournissent le GNR.

Mais encore faut-il en trouver. De grands distributeurs, comme Total énergies-CPO, ont cessé les livraisons de GNR et ne communiquent plus de tarifs avant le 15 mars. D’autres livrent au compte-goutte. « Nous rencontrons d’énormes soucis. Nos adhérents sont livrés par mille litres ou par demi-commande et le reste est livré plus tard, à un tarif toujours plus élevé », alerte Gérard Napias. Toutes les régions sont touchées par ces restrictions, à l’exception de PACA, Rhône-Alpes Auvergne, Bourgogne Franche Comté.

La ruée des particuliers sur les stations-services semble expliquer la situation. L’arrêt des livraisons de fioul russe également. La situation a justifié une « réunion de crise » à l’initiative du Ministère de la transition écologique, le 9 mars. Dans un communiqué publié à l’issue, les distributeurs de carburant de la FF3C recommandent « de limiter le remplissage des stocks utilisateurs pour passer le cap des délais de réapprovisionnement en substitution de la ressource russe ».

Pire, ils annoncent qu’ils « peuvent être contraints d’exiger des paiements comptant de leurs clients professionnels » et ne garantiront plus les prix à la commande : désormais, « les entreprises de distribution ne valident définitivement une commande et son prix de vente qu’à réception de leur approvisionnement ». Les trésoreries des ETA comme des exploitations agricoles ont intérêt à être solides.

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