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Engrais azotés : « Pas de pénurie d'ammonitrate », selon les fabricants français

Les industriels de la fertilisation assurent qu’ils ne baissent pas leur production d’ammonitrate, malgré des prix du gaz au sommet. La question reste ouverte pour la solution azotée et l’urée.

Renaud Bernadi, président de l'Unifa, et Florence Nys, déléguée générale de l'Unifa : « La filière est fortement mobilisée pour faire face à cette situation inédite ».
Renaud Bernadi, président de l'Unifa, et Florence Nys, déléguée générale de l'Unifa : « La filière est fortement mobilisée pour faire face à cette situation inédite ».
© C. Baudart

Les industriels fabricants d’engrais l’assurent : il n’y aura pas de pénurie d’ammonitrate. « L’objectif est de fournir autant d’engrais azotés qu’en 2021. Nous devrions être en situation d’honorer les besoins du marché », a expliqué le président de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), Renaud Bernardi, lors de la conférence de presse annuelle de son organisation, le 3 novembre dernier. Il ajoute que « la filière est fortement mobilisée pour faire face à cette situation inédite ».

Sur la dernière campagne (2020-2021), les livraisons d’engrais azotés en France totalisaient 5,445 millions de tonnes. « L’industrie de la nutrition des plantes a déjà prouvé qu’elle était capable de s’adapter pour répondre aux besoins, comme en 2008 ou en 2020 avec la crise sanitaire. Nous n’aurons pas de rupture », a complété Florence Nys, déléguée générale de l’organisation.

Les usines de fabrication d'ammonitrate continuent de fonctionner

Alors que des tensions se font sentir sur les prix et sur les disponibilités d’engrais, l’Unifa a souligné l’avantage de disposer d’une industrie des engrais répartie sur l'Hexagone, et qui produit l’essentiel des tonnages d’ammonitrate utilisés par l’agriculture française. En France, les cinq sites de production d’ammonitrate fonctionnent, tandis que les capacités de production sont réduites au niveau européen.

Une inconnue demeure : jusqu’où monteront les prix ? La solution azotée dépasse désormais les 620 €/tonne et l’ammonitrate (33,5, vrac franco) est proposé à 770 €/t. « Nous faisons face à une situation qui nous conduit à répercuter les augmentations de prix du gaz », justifie Renaud Bernardi, qui précise que « si le prix du gaz naturel ne s’envole pas pendant l’hiver, le gros de la hausse est derrière nous ». Mais à l’inverse, tant que celui-ci augmentera, les industriels le répercuteront. Le prix du gaz - comme celui du pétrole - progressait de quelque 2 % sur la seule journée du 3 novembre.

Tous les regards se tournent dès lors à l’est : la Russie est le principal fournisseur de gaz de l’Union européenne. La détente politique qui semble s’amorcer avec Moscou et la reconstitution des stocks de réserve de gaz par les États européens sont de nature à rassurer, mais pas à inverser la tendance. « La situation devrait rester tendue d’ici à la fin de l’hiver », observe Renaud Bernardi.

Reste encore un point en suspens : l’ammonitrate ne représente qu’un peu moins de la moitié des engrais minéraux consommés chaque année en France. Quid de la disponibilité en solution azotée et en urée, engrais largement importés ? Pour l’Unifa, « la question est clairement posée », d’autant que le transport maritime et par camion est en manque d’effectif.

Plutôt que de soutenir la suspension des mesures anti-dumping demandée par les organisations de producteurs, l’organisation propose de sortir de la dépendance aux importations.

Elle réclame aux pouvoirs publics des « leviers d’amortissements de long terme » pour produire de l’ammoniac à partir d’électrolyseurs. De l’ammoniac vert, décarboné, renouvelable, mais trois à quatre fois plus cher que le procédé actuel au gaz naturel.

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