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Céréales et oléagineux
La mer Noire porte tous les espoirs

Le bassin de production ukrainien reste l’un des leviers pour nourrir la planète à terme, mais des lacunes structurelles subsistent toujours

L’UKRAINE et ses fortes potentialités agricoles pourraient constituer l’un des derniers moyens de satisfaire la demande alimentaire mondiale. Lors de la conférence Black Sea Grain 2009, les 22 et 23 avril derniers à Kiev, différents consultants d’agences de surveillance des marchés agricoles ont présenté les enjeux du développement des productions sur le bassin de la mer Noire.

Tensions croissantes entre l’offre et la demande agricole mondiale

En ouverture de la conférence, Daniel Basse, président d’AgResource Company, lance que, « si la crise économique a freiné les demandes indiennes et chinoises, le retour de la croissance devrait rapidement raviver les tensions connues ces dernières années sur les marchés mondiaux ». Ainsi, on observe une forte augmentation de la demande mondiale en blé, qui progresse de + 2 Mt en 2006 et de + 33,5 Mt en 2008.

L’Inde fait notamment partie des moteurs de la hausse avec des consommations de blé passant de 72,8 à 77,6 Mt entre 2005 et 2008. Daniel Basse montre ensuite que « la hausse des consommations de protéines animales, avec des productions mondiales de poulets et de porcs passant respectivement de 50 à 75 Mt et de 80 à 100 Mt entre 2000 et 2008, soutient la demande en produits agricoles ». Selon lui, « ceci souligne les changements de comportements alimentaires dans les pays en développement ».

L’Ukraine et ses voisins peuvent faire face

Le bassin agricole de la mer Noire, dont les leaders sont l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan, pourrait, sous réserve d’une amélioration de ses infrastructures, rendre un peu de souplesse aux marchés agricoles mondiaux. En effet, selon Sergey Feofilov, directeur d’UkrAgroConsult, « le trio représente, en 2008, 44 % des exportations d’orge et 25 % de celles de blé au niveau mondial... avec des marges de progressions encore importantes ». Selon lui, « la création d’un grand marché de la mer Noire nécessite de lourds investissements logistiques et une transparence accrue de l’information prix ». L’Ukraine a d’ailleurs une carte jouée dans ce domaine. En effet, une façade maritime conséquente en cours de développement devrait permettre de faire passer les capacités portuaires ukrainiennes en fret agricole de 32 Mt en 2008/09 à 45 Mt d’ici à 2010. Grâce à cela, le pays pourrait devenir la porte de sortie d’une majeure partie des productions de l’Ukraine, la Russie, le Kazakhstan, la Bulgarie et la Roumanie, dont les exportations en céréales et oléagineux sont passées de 24,9 Mt en 2007/08 à 52,2 Mt en 2008/09. Au sujet de la transparence des prix dans la région, l’Ukraine reste le pays le plus probable pour l’implantation d’un marché à terme, mais des obstacles subsistent (cf. n° 3791).

Un dialogue entre privé et public

Selon Sergey Feofilov, « les niveaux de productions agricoles en Ukraine n’ont fait que décroître depuis 1990 ». Il poursuit en affirmant que « si les fermes d’État étaient les leaders de l’agriculture ukrainienne, c’est maintenant le secteur privé qui tente de redresser la barre. Il est d’ailleurs nécessaire de favoriser ce secteur afin de réaliser les investissements nécessaires au développement du marché de la mer Noire ». Pour lui, « un dialogue doit s’établir entre l’État et les investisseurs privés afin que chacun trouve son compte ». Cela était d’ailleurs l’un des objectifs de la conférence où des acteurs privés et publics de l’économie ukrainienne ont pu se rencontrer. À cette occasion, Alexander Shevchenko, porte-parole du ministère de l’Agriculture ukrainien, a déclaré qu’il souhaitait « la création d’un système transparent et unifié pour appréhender les disponibilités agricoles du pays et faciliter les relations commerciales avec l’Union européenne ». Cependant, il poursuit en expliquant que, « si les investisseurs sont les bienvenus, l’Etat souhaite conserver le contrôle de l’accès aux terres, tirer partie des profits générés par les capitaux étrangers et se prémunir des risques de pénuries alimentaires ».

Enfin, les instances privées et publiques ont convergé sur la nécessité pour l’Ukraine d’augmenter ses capacités de stockage et de logistique afin de tempérer la volatilité des prix agricoles et de faire face à une demande et une offre croissante en produits agricoles.

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