Aller au contenu principal
Font Size

Interview - Farine et pain
[Covid 19] Bertrand Girardeau (Les Moulins Associés) « On voit une légère reprise en boulangerie artisanale et une forte demande pour les petits conditionnements de farine »

Bertrand Girardeau, président de Les Moulins Associés*, fait le point après quatre semaines de confinement. 

Bertrand Girardeau, président de Les Moulins Associés et de Minoterie GIrardeau, lors du lancement du nouveau moulin de la Minoterie du Château à Ernée (Mayenne) en septembre 2019.
© Thierry Michel

La Dépêche Le Petit Meunier : Quelle est la situation à ce jour pour la Minoterie Girardeau ?

Bertrand Girardeau : La règle numéro 1 est bien entendu la sécurité de nos salariés sur l’ensemble de nos moulins. Nous avons mis en place toutes les règles de confinement et de distanciation depuis le début de cette période. Nous demandons même à nos salariés de préserver une distance de 2 mètres entre eux chaque fois que c’est possible. Lorsque ce n’est pas le cas ou que cela est difficile à respecter (ensachage, chargement des camions, déchargement par les chauffeurs, croisement dans les couloirs…), c’est la règle du port du masque qui s’applique. Environ 80 % de nos effectifs sont en télétravail. Au bout de quatre semaines, cela commence à peser. Mais les salariés sont extrêmement motivés et concernés. Des groupes de discussion et d’échanges de type WhatsApp se sont mis en place spontanément. Nous diffusons une petite gazette hebdomadaire avec beaucoup de photos pour montrer la vie de l’entreprise, les bons gestes à appliquer. Il y a beaucoup de solidarité entre les équipes et les métiers. Des commerciaux ont demandé à rejoindre le poste d’ensachage ou d’administration des ventes, des démonstrateurs ont rejoint la production… Il y a même un petit challenge qui a été mis en place : le plus beau geste de protection de la semaine pris en photo… Au niveau management, nous avons également chaque jour une réunion d’une heure par visioconférence.

LD – LPM : Et pour la production ?

B. G. : Nous avons bien évidemment eu une forte augmentation de la demande en semaine une, juste au moment du confinement. Puis il y a eu un creux et depuis une semaine, les remontées de terrain font état d’un début de reprise en boulangerie artisanale, notamment en province, hors Île-de-France, et en milieu rural. C’est plus délicat pour notre clientèle industrielle. C’est aussi plus difficile de trouver des containers pour l’exportation. Nous ne relevons pas de problèmes particuliers pour ce qui est logistique et transports. L’ensemble de nos prestataires, fournisseurs comme transporteurs, jouent le jeu.

LD – LPM : Des évolutions sur les produits ?

B. G. : Nous avons connu un boom de la demande en farine bio et en sarrasin pour des petits sachets de 1 kilo. Aujourd’hui, sur le conventionnel, apparaît une offre forte sur pour les ensachages de 10 kilos à destination des consommateurs finaux en GMS. Nos volumes en filière CRC n’est pas touché et se comporte comme le conventionnel.

LD – LPM : Commencez-vous à vous projeter sur l’après-crise ?

B. G. : Nous sommes bien sûr focus sur la continuité d’activité et le fait de servir nos clients au mieux. Et il est vrai que les essais, la R&D et les projets ont été stoppés par l’apparition du virus. Mais cela commence à bouger un petit peu de ce côté. Certains dossiers reviennent sur le dessus de la pile. Un de nos clients a fini de valider des essais qualité qu’il était en train d’effectuer sans vouloir attendre. Il nous a donc passer commande d’un beau volume de farine pour lancer sa production. Il y a une problématique que va devoir traiter l’ensemble de la filière : je pense qu’il y aura des blés en report en fin de campagne, ce qui aboutira à des majorations sur les stockages. Et nous ne pourrons pas faire supporter cette hausse sur nos clients…

*Minoterie Girardeau fait partie du regroupement Les Moulins Associés : Minoterie du Château en Mayenne, Minoterie du Bocage en Côtes-d'Armor, Minoterie Corouge (sarrasin) dans le Morbihan, Suire (bio) et Girardeau en Loire Atlantique.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Blé tendre : vers une récolte biologique 2020 qualitative à défaut de quantité
Comme pour les blés non-bio, les conditions météos de l’automne-hiver puis du printemps ont marqué les semis et les conditions de…
Avril/DSM: Construction d'un site de production de protéines de colza pour l'alimentation humaine sur Dieppe au premier trimestre 2022
Les groupes Avril et Royal DSM ont annoncé le 15 juillet avoir finalisé leur partenariat, visant la construction d'une unité de…
Une récolte française 2020 de blé tendre à 29-31 Mt ?
Le chiffre de 32-33 Mt de blé tendre récolté en France en 2020 n’est plus d’actualité. Les surfaces sont revues à la baisse, et…
Agreste abaisse son estimation de récolte française de blé tendre 2020 à 29,7 Mt
Le ministère de l'agriculture français a également revu en repli ses prévisions en orges et en colza.
Jean-François Lépy (Soufflet Négoce) : Peu de disponibilité en blé tendre et en orge pour l'export d'ici la fin de l'année
Les prix de l'orge et potentiellement du blé tendre pourraient trouver du soutien auprès de la demande chinoise, d'après Jean-…
Ca bouge dans les boissons à base d’avoine
Surfant sur les aspects nutrition, santé et allergène, l’avoine a le vent en poupe en alimentation humaine, en particulier aux…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 30€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne