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La Romane : productivité et rusticité au cœur de la sélection

La race Romane, ancienne INRA 401, est un croisement entre les races Romanov et Berrichon du Cher. Elle est aujourd’hui une race nationale, première race ovine allaitante de France en contrôle de performance, avec une base de sélection de 25 000 brebis.

<em class="placeholder">Christophe Bodard, directeur de l’OS Romane.</em>
Christophe Bodard, directeur de l’OS Romane.
© J. Bonnery

L’Organisme de sélection (OS) Romane, basé à Soual dans le Tarn, est structuré en coopérative avec un conseil d’administration composé d’éleveurs. Deux techniciens interviennent sur toute la France pour travailler sur le schéma et accompagner les éleveurs dans la réflexion de leur installation. « La première qualité de la race est sa productivité. C’est l’une des races les plus productives de France. Elle a également une grande facilité d’agnelage : les agneaux sont vifs, tètent très rapidement, et les brebis sont très maternelles. Moins de 10 % d’agnelages nécessitent une intervention. Elle est très laitière, capable d’élever deux agneaux sans problème, et on voit apparaître des élevages où les meilleures brebis en élèvent trois », détaille Christophe Bodard, directeur de l’OS Romane.

« La Romane peut produire des agneaux toute l’année, sans traitement hormonal. La fertilité en contre-saison peut atteindre 85 à 90 %, avec une prolificité autour de deux agneaux par brebis» La Romane conserve aussi une grande rusticité et une forte capacité d’adaptation, du plein air à la bergerie intégrale. La race est présente dans toutes les régions de France et dans de nombreux pays d’Europe ainsi qu’en Iran. Elle peut être utilisée en race pure ou en croisement boucher. « L’OS travaille aussi sur la résistance aux parasites gastro-intestinaux. Toutes ces qualités confèrent à la Romane un potentiel de rentabilité, souvent parmi les meilleures marges brutes. Les meilleurs élevages atteignent jusqu’à 165 €/EMP avec les aides. »

Une brebis Romane allaite son agneau

Cinquante éleveurs produisent tous les ans près de 9 000 agnelles Romane. ©J. Bonnery

Un schéma de sélection en constante évolution

Grâce à un travail régulier et constant, la sélection a permis d’améliorer la prolificité, le poids à âge type 30 jours et la qualité bouchère (conformation et gras). Le schéma évolue aujourd’hui en intégrant des caractères de santé (sensibilité aux parasites) et des critères économiques via l’index de synthèse Osiris, pour des brebis toujours plus efficaces et rentables. « Nous restons attentifs à la prolificité, en évitant les portées trop importantes, souvent source de mortalité », précise Christophe Bodard. Depuis 2020, l’OS Romane s’est impliqué dans le programme Ovigen, dont l’objectif est la mise en œuvre de la sélection génomique en ovins allaitants.

 

La race Romane en chiffres

  • Prolificité moyenne : 2,2 agneaux/brebis/agnelage
  • Productivité moyenne : 1,9 agneau/brebis/agnelage
  • Productivité 1 agnelage par an : 1,83 en moyenne et jusqu’à 2 agneaux vendus ou gardés/brebis/an
  • Productivité 3 agnelages en 2 ans : 2,38 en moyenne et jusqu’à 2,5 agneaux vendus ou gardés/brebis/an
  • 25 000 brebis Romane en contrôle de performance
  • 471 béliers en station de contrôle individuel dont 250 vendus tous les ans en élevage
  • Entre 3 500 et 4 000 inséminations réalisées par an dans toute la France

 

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