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« La montée en gamme m'a aidé à financer mon bâtiment de porc en engraissement »

Avec le Label rouge Opale, Guillaume Degoulet a orienté la production porcine de son exploitation vers une montée en gamme accessible aux consommateurs. Elle lui permet une rémunération qui l’a aidé à financer un nouvel engraissement.

Installé en 2021 à Noyen-sur-Sarthe (Sarthe) en association avec son père Arnaud, Guillaume Degoulet a voulu donner une nouvelle orientation à son atelier porc en choisissant de valoriser sa production avec la filière Label rouge Opale. 

Lire aussi : « Nous proposons des plus-values pour nos productions de porc en filière »

« Je ne voulais pas rester en production standard », explique cet ingénieur agricole qui a passé six ans au Vietnam dans la nutrition animale avant de revenir travailler sur l’exploitation familiale. Pour lui, le Label rouge Opale présente un double intérêt : « il propose une montée en gamme qui reste accessible aux consommateurs. Il m’a aussi permis de financer un nouvel engraissement de 1 250 places dans le cadre de mon installation. » Le Label rouge Opale rémunère un tiers des kilos labellisés sur la base du coût de production. « Cela rassure les banquiers et moi-même », souligne le jeune éleveur.

Cette démarche qualité lui permet par ailleurs de toucher une plus-value globale de 35 centimes d'euro par kilo. Elle inclut la plus-value de 19,5 centimes d'euro par kilo octroyée aux porcs labellisés Label rouge, à laquelle s’ajoute les plus-value technique et qualité LPF. En complément, le cahier des charges est évolutif sur les aménagements en faveur du bien-être animal : truies en liberté en maternité et en verraterie-gestante (truies bloquées une semaine après l’IA maximum), et l’équivalent de 3 % de la surface au sol en lumière naturelle. En fonction de l’état d’avancement de ces aménagements, des plus-values supplémentaires sont versées aux éleveurs (de 2,5 à 5 centimes d'euro par kilo). « Les normes de lumière ont été appliquées dans l’engraissement neuf, et des travaux sont en cours pour atteindre cet objectif dans un ancien engraissement », indique Guillaume Degoulet. En revanche, les maternités liberté ne sont pas encore à l’ordre du jour. « Nos cases actuelles sont encore en bon état et la plus-value ne permet pas de couvrir l’investissement. Par ailleurs, difficile de construire de nouvelles cases sans savoir quelle surface elles doivent faire d’un point de vue réglementaire », déplore-t-il.

Réduire les coûts de production

À la rémunération du Label rouge Opale s’ajoute 0,5 centime d'euro par kilo de plus-value porc petit lait (PPL) qui valorise l’utilisation de lactosérum dans l’aliment d’engraissement. Elle permet à l’abattoir de vendre des pièces Label rouge à un fabricant de saucisse de Morteau sous IGP dans le Doubs. L’intérêt du lactosérum est double : réduire les coûts de production tout en en poursuivant la différenciation. Le groupement porcs d’Agrial a engagé des actions de valorisation du lactosérum issu de sa branche lait (Eurial). Son utilisation permet de réduire le prix de l’aliment d’engraissement d’environ 20 €/t. « L’installation nécessaire est simple (deux cuves de 25 000 litres) et le retour sur investissement est rapide (un an et demi) », fait remarquer l’éleveur.

En parallèle à ces engagements dans des signes de qualité, Guillaume Degoulet s’est attaché à réduire son coût de production avec son technicien Agrial, Sylvain Jouis. « Le nouvel engraissement offre des marges de manœuvre pour pouvoir engraisser les porcelets supplémentaires produits grâce à l’augmentation de la productivité des truies Vénus d’Axiom, estime le technicien. Il permet notamment aux porcs charcutiers issus du verrat Valens d’exprimer leur potentiel de croissance élevé. » Guillaume Degoulet souligne que « dans le contexte économique actuel, plus on produit de kilos de carcasse, plus on améliore la rentabilité ». Par ailleurs, l’éleveur a investi dans des cellules de stockage pour le blé et l’orge, auparavant entreposés à plat sous un hangar, et dans une nouvelle fosse de réception et un nettoyeur, tout ceci afin d’améliorer la qualité des grains et de réduire le risque de mycotoxine.

« Un engagement dans la durée »

 
<em class="placeholder">Sylvain Jouis, technicien porc Agrial</em>
Sylvain Jouis, technicien porc Agrial © D. Poilvet

Sylvain Jouis, technicien porc Agrial

« Le Label rouge Opale est intéressant pour les jeunes car il permet de valoriser des investissements liés au bien-être animal, et il sécurise le revenu de l’élevage de porcs avec 30 % de la rémunération basée sur le coût de production. Cette sécurité pour les investissements atténue la variabilité de la conjoncture. En choisissant le Label rouge Opale, l’éleveur doit donc pouvoir s’engager dans la durée afin de bénéficier de cette sécurisation sur le long terme. »

Repères

SCEA des Sables à Noyen-sur-Sarthe (Sarthe)

2 associés exploitants (Guillaume et Arnaud Degoulet)
4 salariés dont 2 spécifiques à l’atelier porc
380 truies naisseur-engraisseur, 3 500 places d’engraissement
Production de porcs Label rouge Opale et porc petit lait (saucisse de Morteau)
280 hectares de SAU (maïs irrigué, soja, blé et orge)
FAF partielle (Maïs grain inerté, blé, orge + complémentaires)
Génétique : Axiom (Vénus et Valens)
Groupement et aliment : Agrial

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