« J’utilise l’écrit pour faciliter la communication avec mon salarié agricole », dans les Pyrénées-Atlantiques
Arnaud Izal a été une vingtaine d’années salarié avant de s’associer dans un Gaec des Pyrénées-Atlantiques. Grâce à cette expérience il a mis en place une culture de l’écrit sur son exploitation, pour clarifier les attentes.
Arnaud Izal a été une vingtaine d’années salarié avant de s’associer dans un Gaec des Pyrénées-Atlantiques. Grâce à cette expérience il a mis en place une culture de l’écrit sur son exploitation, pour clarifier les attentes.
« L’écrit, c’est un accord stabilisé, un vecteur de communication sûr, un process homogène, une archive… », explique Arnaud Izal, associé du Gaec Harbeltzeta dans les Pyrénées-Atlantiques. Chaque jour, l’éleveur et le salarié communiquent par l’intermédiaire d’un cahier de liaison, laissé dans le bureau. Le chef d’exploitation y dépose les consignes spécifiques du jour et le salarié ce qu’il a réalisé et les éventuels incidents. « Nous faisons un point de 20 minutes une fois par semaine. Les autres jours chacun travaille en autonomie, explique-t-il. Remplir le cahier de liaison me prend 5 à 10 minutes par jour et autant au salarié ».
Au cahier s’ajoute un agenda lui aussi, laissé au bureau, où sont notés quotidiennement, les litrages, le numéro de lot, le nombre de fromages produits, et dans la colonne « observations » : le temps de chauffe, les incidents, les boiteries, les mammites…
« Rédiger une procédure n’est pas du temps perdu »
Des procédures plastifiées de quelques lignes sont aussi affichées dans différents lieux de l’exploitation : : la salle de traite, la fromagerie, le saloir. Une check-list de ce qu’il faut amener au marché est en cours de préparation. « Rédiger un process, ce n’est pas du temps perdu, mais un investissement pour le futur », garantit l’éleveur. En effet, elles peuvent servir à un prochain salarié ou apprenti, ou encore à une personne qui remplacerait au pied levé.
Avant de s’installer hors cadre familial, Arnaud Izal a travaillé plusieurs années en tant que salarié agricole. Il a souvent été embauché à la suite d’un accident ou quand la charge de travail était devenue intenable, donc trop tard pour une transmission sereine des consignes. Il s’est promis de faire autrement avec ses salariés. Il a d’ailleurs été surpris que lors de l’accompagnement de son projet d’installation, la réflexion économique et technique ait été très approfondie mais que la charge de travail n’ait pas été quantifiée. « C’est moi qui ai amené le sujet. Je crains que ce soit la raison pour laquelle la décision d’embaucher un salarié se prenne trop tard, dans la précipitation », conclut-il.