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Insecticides  : quelles alternatives pour maîtriser les pucerons  ?

Les insecticides sont aujourd’hui le meilleur moyen de lutte directe pour lutter contre les pucerons vecteurs de la JNO sur céréales. Dispose-t-on d’autres moyens efficaces  ?

Les couverts peuvent limiter les dégats de JNO, comme le montre l'essai Arvalis du Magneraud (17) en 2020 : à gauche, Etincel sur sol nu, non traité. A droite, dans un couvert de Vesce du Bengale.
© C. Drillaud-Marteau, Arvalis

Aucun produit de biocontrôle n’est à ce jour homologué sur céréales pour contenir les pucerons. Cela ne veut pas dire qu’il n’existera pas demain d’alternatives aux insecticides de synthèse.

Arvalis comme Inrae multiplient les projets de recherches sur le sujet. Depuis 2015, des essais sont ainsi conduits par l’institut du végétal pour évaluer l’efficacité d’une douzaine de produits de biocontrôle identifiés comme ayant une action possible. Les résultats sont plutôt décevants comparativement aux pyréthrinoïdes. « Globalement, nous n’observons pas d’action forte et de choc après une application », relève Delphine Bouttet, ingénieure régionale Arvalis en Ile-de-France.

Des premières pistes sur les rangs

Lors des essais conduits, un type de produit à base d'huile minérale a par exemple retenu l'attention. Les tests actuels portent sur la fréquence d’application et les doses les plus efficaces. En 2019, ce produit appliqué 4 fois a permis d’obtenir un rendement en orge d’hiver (variété sensible, situation exposée JNO) de 64 q/ha contre 53 q/ha s q/ha pour le témoin non traité… et 89 q/ha pour le Karaté Zéon. Un écart de 25 q/ha ! En 2020, l’efficacité est plus nette  : le rendement est de 48 q/ha pour l’huile minérale, soit un écart de seulement 11 q/ha face à la conduite avec Karaté Zéon (59 q/ha) et de 24 q/ha avec le témoin non traité (24 q/ha). Ces résultats, plutôt encourageants, conduisent l’institut technique à poursuivre ces essais sur ce type de produit mais également à poursuivre les investigations sur d'autres types de produits avec d'autres modes d'action.

Restera ensuite à évaluer l’intérêt économique de ces produits  face aux pyréthrinoïdes. Un écart de rendement de 11 q/ha correspond à 170 €/ha pour une orge vendue à 160 €/t.

Les auxiliaires n’aiment pas le froid

Du côté des insectes auxiliaires, aucun levier réellement efficace n’est relevé pour l’instant. Des projets de recherche (Arena, PlanServ) sont en cours afin d’approfondir le phénomène de régulation des auxiliaires mais à l’automne, les prédateurs des pucerons sont généralement peu actifs.

Autre piste explorée  : l’association d’une céréale à une plante de service, répulsive ou masquante. Sur sa station du Magneraud (Charente-Maritime), Arvalis a associé une orge d'hiver à une vesce du Bengale pour évaluer son effet de masquage vis-à-vis des pucerons. « Lorsqu’on sème la plante compagne avant l’orge, cette plante fait office d'écran et réduit ainsi l'attractivité de l'orge vis-à-vis des pucerons ailés. Un semis de la plante compagne en même temps que la céréale n'est pas efficace car la céréale se développe avant et peu ainsi attirer les ailés », confirme Eva Deschamps, ingénieure régionale Arvalis Sud.

« La plante compagne a un impact positif mais insuffisant  »

Dans les essais de 2020, l’effet de l’association sur les symptômes de JNO dans la parcelle est visible. Dans l’association orge d’hiver avec couvert, la maladie de la JNO s’exprime sur 55 % de la parcelle non traitée insecticide, contre 85 % pour la parcelle non traitée sans couvert et moins de 3,5 % pour les parcelles traitées insecticide avec ou sans couvert. Coté rendements, un gain de 12 q/ha est observé entre le témoin non traité et l’association orge d’hiver et couvert, toujours en non traité. Ce gain reste toutefois loin des 60 q/ha d’écarts entre le même témoin et la modalité avec passage d’une pyréthrinoïde. « Le semis de la plante compagne a un impact positif mais insuffisant  », résume Eva Deschamps. Les chercheurs ne désarment pas pour autant. « Nous espérons bientôt faire des recommandations opérationnelles sur les moyens de lutte indirects et les combinaisons possibles permettant de réduire significativement les infestations ou leur nuisibilité ». En attendant, tant que les températures ne chutent pas davantage, la surveillance s’impose.

Variété résistante : une alternative robuste, quand elle existe

La tolérance variétale est l’un des premiers leviers pour limiter les dommages de la JNO. Si la gamme de variétés d’orges d’hiver porteurs du gène de résistance Ryd2 est aujourd’hui importante, elle ne concerne que les variétés fourragères, cultivées sur les deux tiers de la sole. Aucune variété brassicole cultivée n’est tolérante et tous les regards se portent sur deux variétés brassicoles en observation pour 2021 : Rossignola et KWS Joyau. Pour le blé tendre, aucune variété tolérante n’est à ce jour inscrite au catalogue.

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