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Inflation : l’échalote bretonne souffre des arbitrages économiques du consommateur

Alors que les volumes d’échalote proposés en 2022-2023 ont été limités, les ventes sont en forte baisse cette saison. En cause : l’inflation et le report sur l’oignon.

Les prix de l’échalote traditionnelle en 2022-2023 couvrent difficilement les coûts de production.
© Véronique Bargain - FLD

Pour les 150 exploitations Prince de Bretagne cultivant 1100 ha d’échalote, la saison 2022-2023 s’avère décevante. Le manque d’eau au printemps et en été et l’alternance en mai de brumes de mer et de fortes chaleurs, favorable au mildiou, ont fortement réduit les rendements. « Les calibres plus petits ont entraîné une chute des rendements de 20-25% » précise Pierre Gélébart, chef produit Alliums à Prince de Bretagne.

Lire aussi : L’échalote de Bretagne veut une IGP pour contrer l’échalote de semis

S’y sont ajoutés des soucis de conservation pour les lots non conservés en frigo, la chaleur ayant favorisé la germination et les traitements anti-germinatifs n’ayant pas toujours pu être faits à temps. Et surtout, les arbitrages économiques des consommateurs ont limité les ventes. « L’échalote peut paraître chère et peut être remplacée par l’oignon dans de nombreuses recettes, analyse Pierre Gélébart. Sur la première partie de saison, qui absorbe plus de la moitié des volumes, les volumes d’achat ont chuté de 10%. Cela malgré un prix moyen en baisse de 7%, alors que les volumes étaient limités. »

Report sur l’oignon

La baisse des ventes est due notamment à une perte du nombre de ménages acheteurs. « Le taux de pénétration de l’échalote est passé de 61% en 2021 à 57% en 2022, précise Pierre Gélébart. Parallèlement, en oignon, avec des prix en hausse, le taux de pénétration n’a diminué que de 2%, suivant la tendance de baisse de consommation des fruits et légumes cette saison. Il y a eu un report de consommation de l’échalote vers l’oignon

 

 

L’échalote de semis, souvent vendue en 1er prix, a bénéficié de l’attrait des consommateurs pour les premiers prix. « Mais il n’y a pas eu de vague d’échalote de semis en magasin. Comme elle se récolte tard et qu’elle est cultivée dans des régions qui ont souffert des canicules et de la sécheresse, il n’y a pas eu plus de volume que d’habitude. »  souligne Pierre Gélébart. De plus, les ventes à l’export, qui représentent 10-15% des ventes d’échalote Prince-de-Bretagne, s’érodent. « Le Benelux, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie... produisent désormais une partie de leur consommation en échalote de semis » regrette-t-il.

Un effort sur la communication

Face à la baisse de consommation, la marque a davantage communiqué dans la presse grand public et professionnelle. Une campagne d’affichage a aussi été menée pour la première fois en Bretagne, en décembre, pour appuyer les achats festifs. « Les ventes à Noël ont été moins mauvaises que sur le reste de la campagne » selon le chef produit Alliums à Prince de Bretagne.  Depuis, la tendance est à la stabilité des ventes, avec encore une période de Pâques compliquée.

En parallèle, les producteurs sont confrontés à l’augmentation des coûts de production (plastique, engrais, énergie pour la culture et le stockage en frigo…), estimée à 20%. Malgré tout, les surfaces devraient être stables en 2023. « Comme les producteurs font leurs plants et qu’ils ont récolté le même nombre de bulbes, certes plus petits, le ressenti est qu’il n’y a pas de baisse des surfaces, estime Pierre Gélébart. Les plantations ont été précoces et les cultures se passent bien. Les premières récoltes en vert devraient avoir lieu fin juin ».

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