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Ils sécurisent leur prix d’achat d’aliments

Pour mieux se prémunir de la volatilité, il est possible de commander des matières premières ou des aliments plusieurs mois à l’avance à un prix garanti. Deux éleveurs témoignent.

Avis d'éleveur : Fabrice Mahou, dans le Maine-et-Loire

« Nous partageons un camion de tourteau à quatre tous les 18 jours »

À la SCEA Mahou, dans le Maine-et-Loire. « Pendant des années, j’ai acheté le correcteur azoté au cours du jour sans me poser trop de questions. Je passais commande quand j’en avais besoin", se souvient Fabrice Mahou, à la tête d’un élevage de 65 vaches laitières et 40 vaches allaitantes. Puis, l’éleveur a revu sa stratégie d’approvisionnement en deux temps. En 2010, d’abord, il s’est groupé avec quatre voisins pour acheter le correcteur azoté par camion de 26 tonnes. Nous passions des contrats à livraison différée auprès de la coopérative. « On gagnait 8-9 €/t, les livraisons en camion compartimenté intervenaient toutes les six semaines. »

Puis, Fabrice a franchi un pas supplémentaire il y a deux ans. « Suite à une formation d’une journée sur l’achat de tourteau proposée par la chambre d’agriculture, j’ai commencé à m’intéresser aux contrats de matières premières, raconte-t-il. D’autres voisins travaillaient déjà avec du tourteau de soja et/ou de colza depuis quelques années. Je me suis greffé à leur groupe pour passer des contrats. À nous quatre, nous partageons un camion complet tous les 18 jours. Cela permet d’échelonner les factures et de limiter le stockage. À chaque livraison, il est possible de moduler un peu les quantités. Pour ma part, je reçois entre 5 et 7 tonnes. »
La SCEA a besoin de 110 t de tourteau par an et le groupe contractualise 430 t par an.

 

Nous ne sommes jamais sûrs d’acheter au meilleur prix

« Au départ, nous avons réalisé des appels d’offres auprès de différents opérateurs. Nous avons trouvé un privé bien placé qui nous livre avec un camion à vis dont chaque compartiment est pesé. » Chaque exploitant reçoit sa facture au prorata du tonnage qui lui a été livré sur sa ferme. Deux éleveurs commandent du tourteau de colza et les deux autres un mélange de tourteau de soja/tourteau de colza (5 €/t de surcoût).
« Nous prenons les décisions ensemble nous appuyant entre autres sur les lettres du service Mes M@rchés. L’info est pré-digérée, c’est vite lu. J’apprécie car il se mouille vraiment en délivrant un conseil de couverture à tel prix pour telle échéance. »
L’hiver dernier, l’éleveur a tourné avec du tourteau de colza à 233 €/t (contrat de 215 t passé en octobre 2016). Là, ça a été une bonne opération, car les cours ont augmenté de 30 €/t peu après. Par contre, sur les contrats suivants, il n’y a pas eu de gains. « On ne cherche pas absolument le meilleur prix, juste à nous assurer un prix correct (inférieur à 240 €/t), en nous couvrant six mois à l’avance. C’est rassurant d’avoir une vision à moyen terme. Comme la volatilité est restée relativement modérée ces deux dernières années, nous n’avons pas pris de gros risques, ni généré de grosses économies. Par contre, on est serein car on sait où l’on va. Nous sommes couverts jusqu’en avril 2018 à 237 €/t. Je pense que nous allons prendre de nouveaux engagements d’ici peu. »

Avis d'éleveur : David Allard, éleveur dans le Morbihan

« Nous passons des contrats pour l’aliment composé »

« Depuis quelques années, nous commandons notre correcteur azoté en passant des contrats auprès de notre fabricant d’aliment habituel, la coopérative Cecab. Nous ne consultons pas les cotations nous-mêmes, même si nous pourrions les recevoir par SMS. Le nutritionniste qui nous informe des cotations lorsque le contrat qui court arrive bientôt à échéance (elles sortent tous les 15 jours). Si nous trouvons le prix proposé avantageux, nous nous réengageons pour trois ou six mois. Je ne sais si nous sommes gagnants à chaque fois, mais cela nous permet en tout cas d’avoir un prix garanti dans le temps. L’un des avantages, c’est que nous pouvons basculer pour un autre correcteur de la gamme en cours de contrat. Cela a été le cas une fois car la qualité des fourrages avait nécessité d’adapter le correcteur. Il n’y a pas de volume minimum d’engagement. La livraison peut s’effectuer au choix de 2,5 à 23 t. La grille de prix évolue en fonction du volume livré. Nous sommes livrés par camion à vis d’environ 5 t de correcteur deux fois par mois. Le paiement s’effectue à chaque livraison. »

Mes M@rchés pour un conseil clair et efficace

 

-Trouver les cotations, c’est facile. Par contre, trouver du conseil pour aider à la décision et conforter ses choix avant de prendre position, c’est plus compliqué. Le réseau des chambres d’agriculture propose le service Mes M@rchés (250 €/an) depuis 2014. Dix-sept départements sont impliqués.

-Les éleveurs reçoivent par messagerie une lettre hebdomadaire, flash clair et facile à lire, qui présente l’état des marchés, et une lettre mensuelle qui les accompagne dans leurs choix stratégiques (qu’ils soient acheteurs fréquents ou occasionnels). En cas de cours favorables ou de revirement des marchés, une alerte SMS est déclenchée. Les rédacteurs qui décryptent l’information ne sont pas que des analystes de marché, ils sont également des conseillers de terrain qui connaissent la réalité des élevages. Des formations pour bâtir sa stratégie d’achat sont également dispensées en régions.

-La grande question, c’est : « quand acheter ? ». « En moyenne sur quatre ans, nos conseils en termes de stratégie d’achat ont permis un écart de 35 €/t entre le prix du tourteau de soja disponible et le prix d’achat conseillé, avance Clarisse Bonhomme. Soit de l’ordre de 6 €/1 000 l pour une exploitation produisant 600 000 litres. »

www.mesmarches.chambagri.fr

 

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