Aller au contenu principal

Ils fabriquent à la ferme des glaces La Mémère 100 % bio

L’EARL Beaufour Holstein, en Ille-et-Vilaine, s’est lancée dans un concept original en association avec la société La Mémère. Ils ont créé ensemble une SAS qui fabrique et commercialise des glaces artisanales bio, essentiellement en supermarché. Les éleveurs restent majoritaires à 51 % du projet.

« Le concept proposé par la Compagnie laitière des glaces paysannes nous a tout de suite plu, exposent d’emblée Thierry et Carole Singeot, installés en bio avec 60 laitières à Eancé, en Ille-et-Vilaine. Nous l’avons découvert à travers un reportage qui présentait cette initiative d’Arnaud Montebourg. Il cherchait des agriculteurs bio pour fabriquer des glaces artisanales commercialisées sous la marque La Mémère. Nous avons postulé en juillet 2020. » Le contact s’est bien passé, et moins d’un an plus tard, les premiers pots de glace fabriqués sur la ferme, estampillés de la photo des éleveurs, étaient prêts à être distribués et dégustés.

Bien qu’il ne se destinait pas à l’agriculture, Mathieu, le fils de Thierry et Carole, a finalement rejoint ses parents et s’est lancé à fond dans cette aventure. Âgé de 22 ans, c’est lui qui chapeaute aujourd’hui la partie transformation.

Concrètement, le principe de ce modèle économique est simple. L’EARL vend le lait (800 €/1 000 l)(1) à une SAS créée entre la Compagnie des glaces et les éleveurs, ces derniers détenant 51 % des parts. Un contrat lie les deux partenaires pour cinq ans. La Compagnie des glaces met à disposition le matériel et les locaux pour la transformation du lait, sous forme d’une location annuelle. Elle assure aussi la formation à la fabrication de glaces, fournit un soutien technique continu, et gère les ventes en supermarché avec une équipe commerciale dédiée. Le bénéfice est réparti entre les éleveurs et la Compagnie au prorata des parts.

« Ce qui nous a séduits dans le projet, c’est que le travail des éleveurs est rémunéré à sa juste valeur, avec un prix d’achat du lait permettant de gagner sa vie dignement, argue Thierry Singeot. De plus, l’investissement et la prise de risque sont limités. La Mémère supervise la formation et l’installation. C’est rassurant d’être épaulés quand on s’engage dans une activité que l’on ne connaît pas. » Enfin, le côté haut de gamme et naturalité du produit 100 % bio, fabriqué sans additifs ni conservateurs, avec une recette conçue par un glacier meilleur ouvrier de France, a définitivement motivé les éleveurs.

Six containers (160 m2 en tout) forment l’unité de production, avec le laboratoire et l’unité de froid d’un côté, et l’unité de stockage des emballages de l’autre. Une partie a également été aménagée en local de vente directe. Le terrassement et la création de canalisations enterrées pour le transfert du lait et l’évacuation des eaux usées ont été réalisés. « En tout, il a fallu quatre mois de présence pour le suivi des travaux », témoigne Thierry.

Mathieu a bénéficié de quatre jours de formation à la fabrication des glaces. « C’est court mais suffisant pour démarrer, estime-t-il. Sachant que l’on reste en contact rapproché avec les ingénieurs de La Mémère pour toutes questions sur les machines, le process, etc. »

La qualité a été au rendez-vous dès le démarrage. Chaque semaine, 1 100 litres de lait sont écrémés, pasteurisés et transformés. Cela représente hebdomadairement quelque 3 000 pots de glace de 400 grammes à raison d’une fabrication par jour du lundi au vendredi. Deux salariées ont été recrutées par la SAS pour la transformation. « C’est nettement plus facile que d’embaucher un vacher ! ». Une vente hebdomadaire a lieu sur la ferme. « Un bon moyen pour échanger avec les clients. Les retours sont très positifs et le projet suscite l’enthousiasme dans le village. »

(1) Prix contractualisé sur 5 ans.

Une marque haut de gamme

Ils fabriquent des glaces La Mémère 100 % bio à la ferme

« La Compagnie des glaces est une petite structure dynamique et réactive, avec des experts dans chaque domaine », apprécie Thierry Singeot. Elle dispose d’un réseau de distribution en supermarché (Intermarché, Carrefour, Monoprix, Leclerc, Casino, Auchan…) dans plusieurs régions et commercialise six parfums de glace (vanille, chocolat, café, caramel beurre salé, fraise, framboise). Elle travaille aussi avec un autre élevage dans la Vienne.

Les plus lus

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

Tableau avec les prix de revient et coût de production de l'atelier lait de vache de 2024
Le prix de revient du lait publié en 2025 par le Cniel augmente de plus de 4%

Les indicateurs de coût de production et de prix de revient du lait de vache pour l’année 2024, publiés par l'interprofession…

quad dans une prairie avec du matériel pour entretenir et déplacer les clôtures et les fils.
Prairie : un gain de temps avec un atelier et un quad bien rangés pour clôturer avec efficacité

Dans l'Orne, Estelle et Sylvain Quellier sont à la tête d'un troupeau de 80 vaches laitières qui pâturent 9 à 10 mois de l'…

<em class="placeholder">groupe d&#039;éleveurs assistant à une démonstration d&#039;entretien de la végétation autour des clôtures. </em>
Prairie : de nouveaux matériels pour l’entretien autour des clôtures
La gestion de la végétation sous les clôtures électriques est essentielle en système herbager. Des outils utilisés dans d’autres…
« Suite à la FCO, il va manquer de femelles de renouvellement dans 30 % des élevages laitiers », d’après Innoval

La reproduction des troupeaux laitiers a été mise à mal avec le passage de la FCO 3 et 8, particulièrement marqué dans le…

<em class="placeholder">Benoit Chamagne, éleveur laitier</em>
Eleveur lâché par Lactalis : « J'arrête le bio et je rejoins une petite coopérative laitière », en Haute-Saône

Après avoir vu son contrat dénoncé par Lactalis, Benoit Chamagne, éleveur laitier en agriculture biologique en Haute-Saône,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière