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VIDEO - Guerre Russie-Ukraine : « un enjeu de sécurité alimentaire considérable »

6 millions de tonnes de blé tendre sont bloquées en Ukraine. Les pays du Maghreb, clients de l’Ukraine, et très dépendants des importations, s’inquiètent.

[Mis à jour le 2 mars 2022]

La guerre en Ukraine paralyse le commerce des grains dans une zone de production majeure pour le blé, le maïs, l’orge et le tournesol. Une situation qui fait s’envoler toujours plus le prix des céréales et oléagineux. Le 28 février 2022, le prix du blé tendre sur Euronext a grimpé de 20 €/t. Il atteint 310 €/t à échéance mars. Un prix similaire pour le maïs. Quant au contrat colza, il atteint 755 €/t, soit + 30 €/t par rapport au 25/02/22.

« La zone Ukraine Russie représente 30 % des exportations mondiales de blé et d’orge. C’est le quatrième exportateur mondial de maïs. Pour le tournesol, l’Ukraine détient une position dominante sur le marché mondial », plante Marc Zribi, chef de l’unité Grains de FranceAgriMer, le 28 février 2022, en conférence spéciale lors du Salon de l’Agriculture. Plus largement, la Russie et l’Ukraine réalisent a eux seuls 79 % des exportations mondiales d’huile de tournesol, 30 % du blé et 20 % du maïs.

Or plus un seul navire ne part des ports Ukrainiens de la Mer Noire. « Le port d’Odessa a été bombardé. Le flux logistique est inexistant. Les bateaux ne sortent pas », précise Jean-François Loiseau, président de la commission International de FranceAgriMer. Vu la situation et les risques pour les navires de commerce, les coûts du fret s’envolent. « On commence à observer des défauts sur des contrats qui invoquent la clause de force majeure sur zone de guerre », indique Marc Zribi.

Seul élément rassurant : le « reste à exporter » s’avère relativement faible. « En février, 80 % de la campagne est réalisée, précise Marc Zribi. En Ukraine, il ne reste que 5,9 millions de tonnes (Mt) de blé tendre, dont la moitié de blé meunier, 17,6 Mt de maïs. Côté Russie, il reste 12,4 Mt, 2,9 Mt de maïs et 1,1 Mt d’orge ». Ces volumes devraient toutefois rapidement faire défaut. D’autant que les mesures de rétorsions financières adoptées à l’encontre de la Russie vont priver les entreprises russes de possibilités de paiement, donc d’exportation.

Jean-François Loiseau : "Je reçois des appels d’opérateurs importants d’Afrique du Nord et d’Afrique Subsaharienne qui sont extrêmement soucieux de leurs approvisionnements »

12 à 14 Mt de blé tendre devrait manquer

« Le conflit comporte un enjeu de sécurité alimentaire considérable », alerte Marc Zribi. « Depuis quelques jours, je reçois des appels d’opérateurs importants publics et privés, d’Afrique du Nord et d’Afrique Subsaharienne, qui sont extrêmement soucieux de leurs approvisionnements », indique Jean-François Loiseau.

Des pays comme l’Egypte ou la Tunisie importent plus de 60 % de leurs besoins en blé. Dans les pays du Sud Sahara, ce chiffre monte à 77 %. A ce jour, la France dispose d’un surplus exportable de blé estimé entre 1 et 1,5 Mt. Pas de quoi compenser les 12 à 14 Mt qui devraient manquer dans les semaines à venir, en attendant les prochaines récoltes.

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