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cultures intermédiaires
Vers une couverture hivernale totale en zone vulnérable

Le quatrième programme de la directive Nitrates pourrait déboucher sur un renforcement des obligations de couverture hivernale en zones vulnérables.

Les couverts végétaux en interculture sont appelés à se développer. « Le contenu du quatrième programme de la directive Nitrates est en cours de discussion. Des arrêtés préfectoraux devraient être définis à la fin de l’année pour des applications à partir de la mi-2009, précise Jean-Pierre Cohan, responsable du pôle fertilisation chez Arvalis-Institut du végétal. Dans ce programme, l’administration propose une augmentation du taux de couverture hivernale des sols dans les zones vulnérables. Ce taux pourrait atteindre 100 % dans certaines zones. »

LA MOITIÉ NORD DE LA FRANCE
Autant dire que la proposition va être vivement discutée car les zones vulnérables concernent une large partie de la moitié Nord de la France en particulier. « Une dérogation serait prévue pour les successions de maïs grain/cultures de printemps, en broyant finement et en enfouissant superficiellement les cannes de maïs », rassure en partie Jean-Pierre Cohan. Actuellement, la réglementation qui régit les couverts végétaux en interculture est celle du troisième programme de la directive Nitrates. Elle est relayée et adaptée au contexte départemental par les arrêtés préfectoraux, ce qui explique la diversité des situations en France. « L’arrêté peut imposer purement et simplement un couvert végétal sur tous les sols en hiver dans les zones vulnérables d’un département ou ne rien imposer du tout, explique le spécialiste d’Arvalis. En fait, on parle plutôt d’un taux de couverture automnale-hivernale composé des cultures intermédiaires mais aussi des cultures d’hiver. Ce taux est graduel selon les secteurs…» En Alsace par exemple, on exige que 60 % des surfaces hors vignes et vergers soit couvertes au 15 novembre.

DES DATES LIMITES DE DESTRUCTION
Autre obligation relevant de la directive Nitrates sur les zones vulnérables : le maintien d’un couvert végétal jusqu’à une certaine date. « La date limite de destruction peut aller du 15 novembre jusqu’à la sortie de l’hiver selon les départements. Au 1er décembre, on peut considérer que les couverts ont déjà pleinement rempli leur rôle de piège à nitrates », exprime Jean- Pierre Cohan. Mais les couverts peuvent garder une utilité tout au long de l’hiver dans la lutte contre l’érosion ou la restructuration du sol.


UN VOLUME DE BIOMASSE VÉGÉTALE
Agriculteur dans le Val-d’Oise et président d’une association de conservation des sols, la Fnacs(1), Éric Van de Putte exprime le souhait de pouvoir appliquer 20 à 30 unités d’azote après levée de cultures intermédiaires, pratique interdite en France. « Notre volonté serait de permettre le développement de la plante quand les conditions ne sont pas favorables à sa croissance. On assurerait ainsi la production d’une biomasse végétale conséquente qui ne serait que plus efficace dans son pompage des nitrates par la suite » explique-t-il. Jean-Pierre Cohan ne comprend pas la nécessité de cet apport. « Dans ses premiers stades de développement, la plante a surtout besoin d’humidité et de température pour assurerloppement précoce. La plante trouvera l’azote dont elle a besoin ensuite… » Quant aux modes de destruction des couverts végétaux, les textes laissent un libre choix entre un herbicide total, le broyage, le roulage ou l’action du gel… « Il est probable qu’avec le quatrième programme dont l’application devrait concerner les couverts implantés en 2009, les modes de destruction seront discutés sur le plan départemental », perçoit Jean- Pierre Cohan. Le glyphosate n’a qu’à bien se tenir. !
Christian Gloria
(1) Fondation nationale pour une agriculture de conservation des sols, regroupant près de 300 adhérents. une bonne levée et un déve

Ne tirez pas sur les légumineuses

Peut-on choisir ou non des légumineuses comme couvert en interculture ? « Dans des départements, il n’y a aucune restriction dans le choix des espèces végétales. Dans d’autres, une liste de cultures éligibles est établie pour recevoir une aide financière. Dans ce cas, si certaines espèces ne font pas partie de la liste, ce sont souvent les légumineuses », informe Jean-Pierre Cohan, Arvalis.
LA MAUVAISE RÉPUTATION
Ces plantes ont mauvaise réputation auprès des instances administratives car elles réintroduisent de l’azote dans le système. « La légumineuse capte effectivement l’azote de l’air mais le restitue sur la culture en place en mai-juin sans perte dans l’environnement.D’ailleurs, on s’économise le troisième apport d’engrais azoté sur céréales grâce à cette pratique », assure Éric Van de Putte. Pour Jean-Pierre Cohan, il n’y a pas de doute. « Les légumineuses sont de bons pièges à nitrates même si elles ne sont pas aussi efficaces que des moutardes. Elles diminuent le stock d’azote minéral du sol et, grâce à leurs nodosités qui captent l’azote de l’air, elles restituent une quantité non négligeable d’azote à la culture suivante, avant que tout phénomène de lessivage n’ait lieu. »
! C. G.

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