Aller au contenu principal

POMME DE TERRE
Vers le défanage en un seul passage

Différentes techniques combinées aboutissent à un défanage efficace sans de multiples passages.

Défaner ses pommes de terre en un seul passage : le rêve ! « C’est l’idée à laquelle nous voulons aboutir avec l’utilisation de notre produit Spotlight Plus. Cette année en France, nous testons le broyage des fanes et l’application de notre défanant sur un même passage. » En charge des aspects techniques sur la pomme de terre chez Belchim Crop Protection en France, Bertrand Boulet reprend une technique qui fait déjà ses preuves outre-Manche. « Des producteurs de la Beauce et de Bretagne Plants jugeront l’équipement sur le terrain.Un broyeur de marque Grimme est placé à l’avant du tracteur. Une cuve contenant le défanant est disposée à l’arrière au-dessus d’un rouleau à pneus servant à refermer d’éventuelles crevasses ou fissures qui auraient pu se former sur les buttes. Le produit est pulvérisé au niveau de chaque butte. La vitesse d’avancement est de 6 à 8 kilomètres/ heure. » Avec une diminution du nombre d’applications, la technique est dans l’air du temps, sans compter les économies de carburants réalisées.

LAISSER QUINZE CENTIMÈTRES DE TIGE

Un simple broyage ne suffit pas le plus souvent pour défaner les pommes de terre. Pour détruire toutes les parties aériennes, il est nécessaire d’utiliser un défanant après le broyage, comme Basta F1 à 2,5 l/ha ou Spotlight Plus à 1 l/ha de 48 à 72 heures après. « Effectuer un bon broyage avant un défanage chimique signifie de laisser quinze centimètres de fanes et ne pas raser la butte », souligne Bertrand Boulet. « Il faut que le défanant chimique ait un support végétal pour agir efficacement, confirme Catherine Vacher, Arvalis. Autrement, le produit n’aura aucune action et il y aura un risque de redémarrage des tiges à partir des tubercules. » Pour la production de plants en particulier, le broyage peut être suivi d’un défanage thermique. C’est ce qui semble être le plus efficace parmi les alternatives à l’utilisation de défanants chimiques.

TROIS DÉFANANTS CHIMIQUES

Le défanage chimique est la technique la plus courante sur pomme de terre. Il y a trois spécialités chimiques avec, pour chacune d’entre elles, quelques limites à respecter dans les usages.

Réglone 2 est perçu comme un produit « lance-flammes » avec un effet rapide sur les fanes. Il n’est pas mélangeable avec d’autres produits du fait de son classement toxicologique T.

Pour le produit Basta F1, la dose maximale d’utilisation se limite dorénavant à 2,5 l/ha par passage. Dans ces conditions, il est recommandé de l’utiliser en double application ou en association éventuelle avec Spotlight Plus. « Un mélange Basta 1 l/ha + Spotlight 0,8 l/ha apporte la même efficacité que Basta utilisé seul à 3,5 l/ha, cette dernière solution n’étant plus autorisée, insiste Bertrand Boulet. Ce passage peut suffire sur une végétation sénescente. »

Le produit Spotlight Plus n’est préconisé que dans le cadre de défanages, « pour une utilisation sur une végétation en fin de vie », précise Catherine Vacher.

Exemple de programme : sur une végétation encore verte, utiliser d’abord Réglone 2 ou Basta F1 pour brûler le feuillage, puis Spotlight Plus cinq à sept jours plus tard. Le défanant de Belchim Crop Protection présente l’atout d’être efficace contre les redémarrages de tiges.

PYRAFLUFEN À VENIR

Le choix du programme de défanage dépend de l’état de végétation des parties aériennes de la pomme de terre à la date où l’on veut stopper le développement des tubercules. Le passage unique sera possible seulement sur les plantes à végétation bien sénescente. Pour le reste, il faudra prévoir deux passages, sinon plus, avec en premier traitement les utilisations de Réglone 2 ou de Basta F1. À côté des trois solutions chimiques existant en France, un quatrième produit pourrait faire son apparition. À base de pyraflufen, il est déjà utilisé dans d’autres pays européens. Il arriverait en solution de remplacement utile face à l’avenir incertain de certains produits. Leurs anciennetés ou leurs caractéristiques ne sont pas en phase avec les objectifs du Grenelle de l’environnement.

 

APRÈS LE DÉFANAGE

Ne pas baisser la garde contre le mildiou

Même après défanage, le mildiou peut occasionner des dégâts tant que les fanes ne sont pas totalement détruites. Il ne faut pas baisser la garde contre ce pathogène qui pourra infester les tubercules à ce stade. Certains anti-mildiou s’avèrent plus appropriés pour protéger les tubercules. Selon Arvalis, les plus efficaces sont les fongicides composé de zoxamide + mancozèbe (Aderio), de fluazinam (Banjo Extra, Nando, Shirlan), de cyazofamide (Ranman), de mandipropamide (Revus)… Sur le broyage, l’institut technique apporte un bémol : c’est une technique à risque quand elle s’applique sur des fanes fortement infestées en mildiou.

 

Les plus lus

Tour de vis Covid : le télétravail systématique étendu à l’agriculture
Protéger le monde agricole de la pandémie en pleine progression dans les territoires : c'est l'objectif visé par le gouvernement…
Des betteraves en début de levée sont  vulnérables au gel. © C. Gloria
Météo : gel à risque en vue pour les colzas et les betteraves
L’an passé avait connu un épisode de froid intense à la fin mars qui avait eu un impact sur les cultures, notamment sur les…
Au stade cotylédon, le gel se traduit par un noircissement qui se généralise et détruit le pied de betterave. © F. Franzetti
Gel : betteraves, céréales, colzas... quelles conséquences pour les cultures ?
Outre des dégâts spectaculaires en vigne et en arboriculture, le gel a aussi été destructeur pour les grandes cultures, à…
Gel/betteraves : Cristal Union fournira gratuitement les semences des ressemis pour préserver les surfaces
Le groupe coopératif Cristal Union fournira gratuitement les semences pour ressemer les parcelles de betteraves détruites par le…
Le comportement du blé OGM tolérant à la sécheresse dans les conditions très difficiles de 2020 a convaincu Guillermo Irastorza d'accroître sa surface en 2021. © G. Irastorza
« J’ai cultivé du blé OGM résistant à la sécheresse », G. Irastorza, agriculteur argentin
Guillermo Irastorza, producteur argentin, a participé en 2020 aux essais plein air à grande échelle du blé OGM HB4 récemment…
La nouvelle convention collective implique d'échanger avec son salarié sur son poste et ses compétences. © C. Baudart
Employeurs : ce que change la nouvelle convention collective pour les agriculteurs
Les producteurs de grandes cultures qui emploient un ou plusieurs salariés doivent appliquer la nouvelle Convention collective…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures