Aller au contenu principal

Acheter ses intrants agricoles en ligne à toute heure, c'est possible !

Prix optimisés, large gamme, disponibilité et livraison à domicile, c’est ce que permettent les sites de vente d’intrants sur internet. Destinées aux agriculteurs autonomes, les offres se multiplient partout sur la toile. Le point sur ce qui est proposé.

La livraison à domicile est rapide, ce qui incite les agriculteurs à acheter leurs intrants sur internet.
© V. Marmuse

Acheter ses intrants à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, c’est devenu possible grâce à internet. D’ailleurs, selon l’enquête Agrinautes de 2017 (1), 73 % des agriculteurs ont déjà effectué des achats pour leur exploitation sur le web et 66,2 % seraient prêts à la faire. Pas étonnant donc, de voir fleurir des sites d’e-commerce spécialisés en produits agricoles.

La première motivation d’achat sur internet semble être des prix plus attractifs. 59,1 % des agriculteurs interrogés dans l’enquête Agrinautes de 2017 avouent se rendre sur les sites d’e-commerce pour cette raison. Sur la plupart des sites, c’est d’ailleurs le prix qui s’affiche juste après avoir saisi le code postal de livraison, et qui correspond ainsi au rendu ferme. « Qui est le moins cher ? » n’est pourtant pas la devise qu’affichent les entreprises qui ont créé ces sites. « Nous ne sommes pas là pour casser les prix, explique Pierre-Antoine Foreau, cofondateur de comparateuragricole.com, start-up créée il y a un peu plus d’un an. Nous voulons proposer des produits au meilleur rapport qualité prix. »

Jouer sur le stockage et le fournisseur pour baisser les prix

Pour satisfaire ce critère, chacun a sa technique. Comparateuragricole, qui ne commercialise pour le moment que de l’engrais, a choisi de ne pas stocker les intrants qu’il vend et de réduire ainsi ses charges de structure. Cela lui permet également de varier ses fournisseurs afin d’avoir le meilleur prix selon les offres. « Nous pouvons profiter des liquidations de stocks invendus des coopératives et négoces, ou des réductions que proposent ponctuellement les fabricants », précise Pierre-Antoine Foreau.

Le spécialiste de la vente d’engrais sur internet, Fertitrade, a choisi quant à lui de vendre en direct à l’agriculteur. L’essentiel de sa marchandise provient de navire ou d’usine, sans intermédiaire, réduisant ainsi les coûts. « Étant spécialistes en engrais, nous connaissons les cours de cette matière première et pouvons acheter au meilleur moment », explique Olivier Vera, dirigeant de l’entreprise Fertitrade. D’autres comme Agriconomie, leader sur le marché de l’e-commerce agricole, s’appuient sur les volumes achetés pour négocier les tarifs auprès de leurs fournisseurs. Par ailleurs, ils stockent leur marchandise afin de garantir la qualité des produits livrés. « Pour devenir un de nos fournisseurs, il faut avoir validé un audit auprès de notre service qualité, assure Paolin Pasco. Cela nous permet d’améliorer la qualité des produits que nous vendons mais aussi d’être plus réactifs pour la livraison. »

L'attrait de la rapidité du service

La rapidité du service est une autre des principales motivations d’achat par internet citée par 33,8 % des personnes interrogées lors de l’enquête Agrinautes de 2017. Tous les sites en ont bien conscience et offrent une livraison entre 48 et 72 heures. Pour optimiser les coûts du transport, la start-up Comparateuragricole fait appel au transporteur proposant le tarif le plus intéressant, grâce à un algorithme bien ficelé.

À l’inverse, Fertitrade a choisi de miser sur la fidélité et fait appel aux mêmes transporteurs. « Nous connaissons l’entreprise qui fournit nos clients, c’est plus rapide pour nous et les livreurs finissent par connaître l’adresse de livraison », décrit Olivier Vera. La possibilité de panacher les camions et d’avoir plusieurs points de dépotage, ce qu’offrent de nombreux sites, permet aussi d’optimiser les flux.

Un choix pléthorique

Les sites d’e-commerce agricole proposent des gammes d’intrants de plus en plus large, ce que réclament 44,5 % des sondés dans l’enquête Agrinautes de 2017. Les engrais étant incontournables, ils sont présents à peu près chez tous. Certains proposent également des pièces détachées, des aliments pour le bétail ou même des EPI (équipements de protection individuelle). C’est cas d’Agriconomie dont le but est d’offrir à l’agriculteur tout ce dont il a besoin. Comparateuragricole se différencie par une gamme illimitée d’engrais à disposition des agriculteurs. « Comme nous travaillons directement avec des fabricants, nous pouvons livrer à nos clients n’importe quel engrais de leur choix », précise le cofondateur.

Acheter sur internet suppose de connaître les quantités exactes dont on va avoir besoin. Impossible pour la plupart des cultivateurs. Bien conscients du besoin de réapprovisionnement, la plupart des sites proposent la possibilité de commander en urgence de l’engrais. Toutefois, les tarifs préférentiels peuvent disparaître car le transport ne peut pas être optimisé dans ce cas.

Des services associés à la vente

Comme dans le circuit traditionnel physique, les agriculteurs achètent des produits dont la qualité est garantie. Et si le produit n’a pas été stocké auparavant par celui qui le vend, et qu’il présente un défaut, les sites marchands s’engagent à reprendre la marchandise. Tous possèdent une équipe de service après-vente. « Nous n’hésitons pas à nous déplacer, précise Olivier Vera chez Fertitrade. Nous sommes une plateforme numérique mais il ne faut pas croire que personne n’est derrière. » Pour aider au choix des produits, les sites proposent également un service agronomique afin d’apporter quelques conseils aux agriculteurs. « En règle générale, l’agriculteur qui se rend sur internet sait ce dont il a besoin, relate le dirigent de Fertitrade. Mais s’il doit être conseillé, nous sommes là pour discuter. Nous sommes des distributeurs, nous restons dans notre domaine, jamais nous ne réaliserons de feuille de préconisations. »

D’autres favorisent le conseil et le contact avec les clients, comme Comparateuragricole, créé par deux techniciens agronomes. Les deux compères fondateurs s’attachent à délivrer des conseils lors de réunions en bout de champs. « En 2017, nous en avons animé quatre, raconte Pierre-Antoine Foreau. C’est pour nous l’occasion d’échanger avec les agriculteurs et par la même occasion de faire évoluer nos offres. » Le numérique permet de gagner de l’autonomie mais il n’est pas prêt à remplacer les échanges humains.

(1) Étude réalisée par BVA auprès de 1 116 agriculteurs français entre le 9 et 23 juin 2017.
« Nous ne sommes pas là pour casser les prix "
Pierre-Antoine Foreau, co-fondateur de comparateuragricole.com
 

Les balbutiements du paiement en ligne

- 49,5 % des agriculteurs interrogés de l’étude d’Agrinautes de 2017 (1) n’achètent pas sur internet pour cause de manque de contact direct.

- 14,8 % n’achètent pas en ligne parce qu’ils n’ont pas confiance dans le paiement.

- 11,1 % évoquent le fait de ne pas avoir de carte bancaire.

- Des sites comme Fertitrade et Comparateuragricole prévoient des paiements différés de 30 jours après la livraison. Ce dernier espère même développer un service de paiement étalé.

- D’autres comme UnéalCo ont prévu un déploiement des moyens de paiement d’ici juin prochain : prélèvement, virement, paiement à partir du compte adhérent et chèque devraient faciliter la vente en ligne des intrants.

(1) Étude Agrinautes 2017 réalisée par BVA pour Terre-net Média et Hyltel auprès de 1 116 agriculteurs français entre le 9 et 23 juin 2017.

Les plus lus

Le blé tendre d'hiver est sensible au froid à partir de - 8°C, de la levée à l’émission des talles. © C. Gloria
Vague de froid : y a-t-il un risque pour les céréales ?
L’alerte « grand froid » a été émise dans vingt-quatre départements. Cette vague de froid représente-t-elle une menace pour les…
Les pigeons s'attaquent au tournesol avec un impactsur le rendementquand ils enconsommentles tiges ou apex. © C. Watier
Maïs et tournesol : semer un couvert pour leurrer les oiseaux
Entre produits répulsifs et système d’effarouchements, il n’existe pas de solution miracle empêchant les pigeons et corvidés de s…
Baisse de la sole de colza, bouleversement du programme de désherbage maïs, recours aux trichogrammes : Stéphane, Marine et Alain (de gauche à droite) ont modifié en profondeur leurs pratiques pour décrocher la HVE. © G. Omnès
HVE : « Nous avons dû changer nos pratiques en grandes cultures »
Sur la ferme de Pré Levey, le passage à la HVE s’est imposé comme une suite logique à la démarche de baisse des intrants. La…
Contre la jaunisse transmise par des pucerons, les néonicotinoïdes sur semences de betterave constituent la solution de lutte la plus efficace. © G. Omnès
Néonicotinoïdes/betteraves : jusqu’à 15 jours de retard dans la distribution de semences
Avec une parution de l’arrêté sur les néonicotinoïdes le 5 février, le pelliculage des semences avec ces insecticides a démarré…
En orge brassicole, la tendance est au fractionnement de la fertilisation azotée pour une meilleure efficience des apports. © J.-C. Gutner
Orge brassicole : adapter la fertilisation azotée pour sécuriser le taux de protéines
Depuis de nombreuses années, la filière brassicole s’interroge sur le pilotage de l’azote des orges d’hiver et de printemps. Elle…
Thierry Royer et Bruno Bremenson, agriculteurs dans l'Orne."Avec une prestation de coupe et déchiquetage assurée par Bois négoce énergie, les haies nous rapportent 12 euros la tonne de bois plaquette." © C. Gloria
Les haies, des atouts agronomiques et une source de revenu
Au-delà de l’intérêt environnemental et agronomique, deux producteurs de grandes cultures de l’Orne valorisent économiquement…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures