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En bref
Une reprise qui se fait attendre dans les matières premières agricoles

Les cours des matières premières commencent à remonter la pente, mais la reprise reste fragile. Voilà en substance ce que l’on pourrait retenir de l’édition 2017 de Cyclope, ouvrage publié en mai et dirigé par Philippe Chalmin, professeur d'économie à l'université Paris Dauphine. « Les marchés des matières premières se trouvent dans une nouvelle partie de leur cycle traditionnel : une longue période de prix plutôt déprimés, mais dont le quotidien est émaillé de surprises et de rebondissements, à l’image en 2016 d’abord du sucre, puis du charbon, du beurre ou du zinc », expliquent les auteurs. Dans ce paysage, les matières premières agricoles produites sous latitudes tempérées, telles les céréales, le maïs, le sucre ou même le soja, font encore grise mine. D’après Cyclope, ces marchés devraient rester orientés à la baisse pour 2017. En blé, par exemple, les stocks de report de la Russie et de l’Australie vont demeurer élevés, malgré une très bonne campagne à l’exportation. Et comme le souligne l’ouvrage, « le fait qu’aux États-Unis, les surfaces de blé d’hiver soient les plus faibles depuis 1909 ne perturbe guère les esprits ».

Une demande en soja qui ne se traduit pas en tendance dans les cours

Les oléoprotéagineux se sont, pour leur part, retrouvés en 2016 au centre de différents enjeux diplomatiques. Des tensions sont ainsi réapparues entre l’Union européenne et l’Argentine concernant le biodiesel, tandis que Canada et Chine se brouillaient quant aux conditions d’importation du canola. Si ces désaccords témoignent de l'intérêt qui existe au niveau mondial pour les oléoprotéagineux, notamment pour le soja que la Chine continue d’importer massivement, les cours ne se sont pas pour autant ressaisis. Graine, tourteau ou huile, le marché du soja demeurerait orienté à la baisse en 2017 selon les auteurs de Cyclope. Pour ces derniers, les choix que vont faire les leaders des États-Unis et de la Chine, Donald trump et Xi Jinping, seront déterminants pour le commerce des matières premières. « Vent d’est, vent d’ouest » : ainsi est titrée l’édition 2017 de Cyclope, qui ne tranche pas.

Le glyphosate divise toujours

La Commission européenne propose le renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour dix ans, suite à l’avis de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui conclut que l’herbicide ne doit pas être classé cancérogène. Mais la molécule chimique fait l’objet de multiples pressions pour son retrait. D’abord, un éminent toxicologue américain, Christopher Portier, met en avant des résultats d’études n’apparaissant pas dans les évaluations de l’EFSA(1) et de l’ECHA, à savoir « huit cas de hausses significatives de la fréquence de tumeurs. » Ce témoignage a reçu le soutien de plusieurs eurodéputés au travers d’un courrier envoyé à Claude Junker, président de la Commission européenne. D’autre part, plusieurs eurodéputés verts ont saisi la Cour de justice de l’UE pour trancher un différend avec l’EFSA « sur l’accès et la mise à disposition d’études gardées secrètes et fournies par les industriels sur la toxicité du glyphosate. » Enfin, plus d’un million d’européens ont signé l’initiative citoyenne européenne (ICE) pour l’interdiction du glyphosate qui avait été initiée début 2017. « La Commission européenne a donc l’obligation de répondre aux demandes de ces citoyens et de les considérer dans les prochaines décisions », déclare l’association Générations Futures.

(1) Autorité européenne de sécurité des aliments

Cristal Union devrait rémunérer la tonne de betteraves à 32 euros pour la récolte 2016. C’est ce qu’ont indiqué les dirigeants du groupe coopératif en conférence de presse à Paris le 19 juin. Pour 2015-2017, Cristal Union annonce un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros et un résultat net de 133 millions d’euros, « multiplié par trois par rapport à l’exercice précédent », selon un communiqué. Sauf que la date de clôture des comptes ayant été modifiée, ces chiffres portent sur un exercice de seize mois, allant du 30 septembre 2015 au 31 janvier 2017. Ils recouvrent donc deux campagnes sucrières et ne sont pas comparables à ceux de la période précédente.

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