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Une montée potentielle des conflits liés aux questions environnementales

Les tensions autour de l’activité agricole et de ce qu’elle peut générer comme nuisances pour les riverains sont à regarder de près.

Les conflits qui naissent sur les terres agricoles et impliquent des agriculteurs se soldent rarement devant les tribunaux. C’est le constat que fait André Torre, chercheur à l’Inra, qui a monté un programme de recherche sur les conflits d’usage de l’espace : « Jusqu’à présent, l’agriculteur reste plutôt bien perçu par la population française, explique-t-il. Il faut se déculpabiliser. Peut-être qu’il y a des frustrations, mais elles se résolvent rarement devant les tribunaux. » Les conflits les plus fréquents impliquent des associations, des collectivités, l’État, des particuliers, des industriels et concernent la constructibilité ou les nuisances liées aux industries.

Une population de plus en plus éduquée

Cependant, les choses changent. « On a affaire à un fond de population de plus en plus éduqué, qui réagit avec des moyens intellectuels, souligne André Torre. Beaucoup de conflits naissaient le jour où le problème était là, mais aujourd’hui, l’idée est d’éviter que le problème ne se produise. Il y a une vigilance accrue d’une partie de la population. » Or on le sait, l’activité agricole, liée aux grandes cultures en particulier, peut générer de la suspicion : risques de pollution de l’eau, utilisation de pesticides, poussières ou encombrement des routes lors de la moisson… Les questions environnementales, où des associations d’envergure peuvent appuyer des riverains, ne sont pas à prendre à la légère. « Nous avons fait des statistiques sur les gagnants dans les procès, et nous constatons que l’argument environnemental est souvent très efficace », remarque André Torre.

Des stratégies d’exploitation liées aux terres

Ces conflits potentiels sont indirectement renforcés par la hausse du prix des terres, qui influe sur les stratégies d’exploitation. « Quand la terre est plus chère, on l’utilise de manière plus intensive, indique Jean Cavailhès. Sur les fermes qui se situent à 10 minutes d’une grande ville, on compte en moyenne trois travailleurs pour 100 ha de surface agricole. Mais lorsque l’on se place à 35-40 minutes de la ville, le ratio passe à 1,5 travailleur pour 100 hectares. C’est la même chose pour les tracteurs. On compte davantage de chevaux-vapeur près des villes. » Bilan, les grandes cultures ont tendance à être conduites de façon particulièrement intensive près des villes…

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