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Une moisson de records annoncée pour la récolte mondiale de céréales 2013

Les premières prévisions publiées par l’USDA pour la récolte 2013 anticipent une production mondiale record en blé et en maïs.

Alors que la campagne s’engage dans la dernière ligne droite, l’heure est au coup d’œil par-dessus l’épaule tout en commençant à scruter sérieusement l’horizon. Et l’horizon céréalier 2013-2014 s’annonce riche en sommets hors catégorie. Le rapport de l’USDA publié mi-mai semble en effet dopé à l’EPO avec des récoltes mondiales de blé et de maïs prévues à des niveaux record. Celle de blé dépasserait ainsi 700 millions de tonnes (Mt) pour la première fois de l’histoire, en hausse de 45 Mt par rapport à 2012. Le maïs, lui culminerait à 966 Mt, pulvérisant le précédent col de 883 Mt franchi en 2011.

 

La récolte mondiale de blé dépasserait les 700 millions de tonnes

 

L’ascension en blé est tirée par le retour du grupetto du bloc mer Noire après son décrochage en 2012. Les récoltes de la Russie, de l’Ukraine et du Kazakhstan totaliseraient 93 Mt, soit une hausse de 50 % sur un an. Ce gain de 30 millions de tonnes ne devrait toutefois procurer que 11 Mt supplémentaires disponibles pour l’export par rapport à 2012-2013, les trois pays ayant largement puisé dans leurs réserves pour rester dans le peloton l’an passé. L’Europe apporterait aussi sa contribution à la performance historique en blé avec un accroissement de production de 6 Mt. Les États-Unis ne risquent pas, quant à eux, de prendre des relais. La sécheresse qui sévit depuis des mois sur les plaines à blé américaines a d’ores et déjà mis la culture dans le rouge. La collecte de Hard Red Winter, la référence qualitative en blé sur le marché international, risque ainsi la fringale, attendue en retrait d’au moins 20 % par rapport à 2012.
Les farmers devraient cependant décrocher le maillot de meilleur grimpeur en maïs. L’USDA table sur un tonnage de 359 Mt dans la Corn Belt, soit un tiers de plus que l’an passé, ce qui explique une bonne part de la hausse de la production mondiale. « Avec un tel chiffre, le bilan US moribond reprendrait vie après une campagne 2012-2013 en berne », analyse Olivia Le Lamer, chef de l’unité Grandes cultures de FranceAgriMer. Le niveau d’importation de 3 Mt de l’an dernier, exceptionnellement élevé pour le premier fournisseur de maïs de la planète, retrouverait un régime plus habituel à environ 600 000 tonnes. À l’inverse, les exportations repasseraient la barre des 30 Mt après le petit 20 Mt de la saison qui s’achève. Et les utilisations reprendraient des couleurs, tant en alimentation animale qu’en éthanol, tout en permettant la reconstitution d’un stock de report après sa descente à tombeau ouvert. Les superlatifs yankees ne doivent pas faire oublier un autre fait marquant de l’univers du maïs : pour la troisième année consécutive, l’Ukraine continue de produire son effort et devrait de nouveau montrer son maillot dans le groupe de tête des exportateurs, au point de sucer la roue du Brésil et de l’Argentine, poursuivants directs des États-Unis.


Faux départ des semis US


Ces premiers pronostics sont toutefois à considérer avec la plus grande prudence, puisqu’ils sont tributaires de la météo des prochains mois. La ligne d’arrivée est encore loin, et l’USDA avait déjà, l’an passé, fait le pari d’une récolte américaine record en maïs, avant d’être contraint d’amputer son chiffre de plus d’un tiers, suite à la sortie de route causée par la sécheresse. Cette année, le maïs US est victime d’un faux départ, l’avancement des semis affichant le retard le plus important depuis 1980. Cela imposera à l’équipe américaine de rapidement changer de braquet pour ne pas complètement sortir des dates de semis optimales. La glorieuse incertitude du sport reste donc d’actualité.

Flux remarquables en maïs

Outre les importantes importations de maïs de l’Union européenne en provenance d’Amérique du Sud et d’Ukraine (9,7 Mt cumulées début mai, soit le plus gros volume à cette date depuis les 12 Mt enregistrées en 2007-2008), la campagne maïs 2012-2013 se caractérise par le score exceptionnel du maïs français vers l’Asie. Au 6 mai, la France avait embarqué 350 000 tonnes de maïs à destination du Japon et de la Corée du Sud sur un total pays tiers de 450 000 tonnes. Cette situation résulte d’achats pour des usages alimentaires spécifiques excluant les variétés OGM, ainsi que des taux de fret extrêmement bas.

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