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Eau et biodiversité
Une mare s´entretient avec précaution

Les mares ne peuvent se maintenir sans une intervention régulière de l´homme, au moment où l´eau est la plus basse. Voici des conseils de base des Chambres d´agriculture de la région Centre.


Le comblement des mares est un processus naturel
Les mares sont des étendues d´eau stagnante, de faible profondeur, qui ne se vidangent pas. Leur taille varie de quelques mètres carrés à quelques centaines de mètres carrés. L´eau peut y être présente de façon permanente ou temporaire (du moins plus de six mois par an en général).
« La disparition des mares par comblement est un processus naturel appelé aterrissement : les débris végétaux, animaux, et les sédiments minéraux transportés par les fossés se déposent peu à peu sur le fond, les végétaux se développent à partir des berges vers le centre », explique Bernadette Vallée de la Chambre d´agriculture du Loiret. La mare perd en profondeur et sa surface se réduit, jusqu´à se transformer en zone marécageuse progressivement envahie par des arbustes.
Une intervention régulière est nécessaire si l´on veut entretenir une mare.
La création de mares et certains travaux de réhabilitation peuvent être soumis à une réglementation dans le cadre de la loi sur l´eau qui impose déclaration préalable ou demande d´autorisation. Il convient donc de se renseigner auprès de la mairie ou de la Chambre d´agriculture départementale avant d´intervenir.
©D.P.

Le logiciel Winfeed

Faire un curage en plusieurs fois
L´obtention d´aides dans le cadre des CTE était en général lié à des recommandations pour l´entretien des mares. En zone Natura 2000 ces aides sont revalorisées. Leur reconduction dans les CAD est à vérifier dans votre département. Dans les zones de protection spéciale (ZPS) ou les zones d´intérêt écologique, floristique ou faunistique (Znieff) des recommandations spécifiques pour les interventions sur les mares sont données (informations faites par les conservatoires des sites, parcs naturels régionaux...).
De façon générale, dans le souci de ne pas détruire la flore et la petite faune, il est souhaitable de procéder à un curage sur au maximum un tiers de la surface de la mare à la fois. « Les matériaux sortis à la pelle sont déposés et grossièrement étalés sur la moitié du pourtour de la mare, à au moins quelques mètres du bord. Ainsi les larves d´animaux, les graines et les racines de plantes pourront recoloniser leur habitat et le retour de la vase dans l´endroit curé est évité. » Les boues de curage, après quelques jours passés au bord de l´eau, peuvent être exportées et utilisées pour d´autres usages (engrais de jardin...). Les fossés collecteurs sont curés en même temps.

Pour l´équilibre écologique de la mare, il ne faut jamais y introduire de plantes d´aquarium ou de bassin d´agrément, ni de têtards, poissons ou tortues pour éviter l´envahissement.
©D.P.

Aménager des berges en pente douce
Le curage est l´occasion de reprofiler les berges de la mare. Les berges doivent présenter des pentes de moins de 30 degrés pour être plus stables, et pour favoriser la diversité des espèces d´animaux et de végétaux qui les colonisent.
« Pour les mares de petite taille qui se réchauffent vite, il peut être intéressant de créer une pente plus abrupte sur une partie de la mare : une profondeur plus importante peut limiter l´assec estival. Aménager des paliers dans la pente de la berge facilite d´autre part l´installation des plantes aquatiques variées » (des végétaux de pleine eau et des végétaux plutôt liés aux zones peu profondes).
Si on souhaite rendre étanche une petite mare, on peut à sec, tapisser le fond de 15 cm d´argile recouvert de 10 cm de sable (le sable permet un curage ultérieur sans dommage).

Limiter la végétation autour de la mare
Les petites mares doivent être bien ensoleillées c´est-à-dire dégagées de toute végétation ligneuse sur trois à cinq mètres sur leur pourtour, sauf au sud pour ne pas trop se réchauffer. Les grandes mares gagnent pour la biodiversité à être ensoleillées sur une partie des rives et ombragées sur une autre. La végétation ligneuse ne doit de toute façon pas occuper plus des deux tiers de la périphérie de la mare afin de ne pas produire trop d´ombre portée et de ne pas apporter trop de matière organique dans la mare ce qui accélère l´envasement. La végétation doit rester discontinue et de hauteur variée entre arbres et arbustes.
« Le long de la berge sud, cette végétation sert d´ombrage. Elle doit aussi être présente à l´opposé des vents dominants pour éviter que les feuilles ne s´accumulent dans la mare. »
Les branches des arbres qui donnent au-dessus de l´eau sont coupées et les tiges recépées pour éviter que ne germe dans la mare en basses eaux des arbres ou arbustres.

Le faucardage (fauche des végétaux aquatiques) intervient pour limiter la prolifération de certaines espèces comme les roseaux. Il est à faire plutôt en fin d´été avec évacuation des herbes, tous les quatre ou cinq ans environ. Il ne faut préserver que les espèces indigènes : saule, bouleau, aulne, frêne, menthe aquatique, jonc des tonneliers, iris, nénuphar, rubanier, renoncule aquatique, élodée, lentille d´eau, etc. Le tremble qui apporte beaucoup de feuilles à décomposition lente dans l´eau est à éviter.
©D.P.

L´alimentateur de Fournier ©D.P.

Thébault propose deux Distrimixt ©D.P.
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