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Une filière houblon en construction dans le Sud-Ouest

Fanny Madrid et Lucie Le Bouteiller, ingénieures agronomes fraîchement sorties d’école, se sont lancé un défi : implanter une filière de production locale de houblon dans le Sud-Ouest.

Seules les fleurs femelles, dites cônes, sont récoltées et séchées au moment de la récolte en septembre.
© HOPEN

La startup, Hopen - Terre de Houblon, a démarré il y a deux ans dans le cadre de leurs études et a récemment remporté, lors du dernier Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, le premier prix d’innovation agricole : Agrinove 2018. L’objectif ? Répondre à la demande locale des brasseurs artisanaux. « Aujourd’hui les brasseries artisanales n’ont pas accès au houblon français produit en Alsace, explique Fanny Madrid. Ces producteurs vendent principalement aux industriels. Car les brasseurs artisanaux sont trop petits pour établir des contrats. De plus, ils recherchent une autre qualité de houblon, plus aromatique. Résultat, 80 % des brasseurs artisanaux importent des États-Unis, d’Allemagne ou de Nouvelle-Zélande ! » Et le marché progresse : le développement des brasseries artisanales en France explose. D’après Brasseurs de France, le pays compte 1 100 brasseurs, dont la moitié n’existait pas il y a cinq ans.

À la place du tabac ou des prunes

Après sept mois de diagnostic agraire et une étude de marché, un potentiel de production de 150 hectares répartis sur une trentaine d’exploitations est estimé à terme par les deux ingénieures. « Nous développons un modèle de filière où chaque exploitant cultive entre un et trois hectares, souligne Fanny Madrid. L’idée est de positionner la culture comme une solution de diversification pour les producteurs de la région. Pour un investissement entre 80 000 et 100 000 euros, on estime une production de 1 500 kg/ha de fleurs de houblon déshydratées. Vendue aux brasseurs entre 20 et 30 €/kg, la production atteindrait entre 35 000 et 40 000 €/ha de chiffre d’affaires pour l’agriculteur. D’après notre modélisation, la marge brute serait de 14 000 à 16 000 €/ha. » Économiquement, la liane est à l’image de celle du tabac autrefois produit dans la région. Actuellement, les ingénieures sont à la recherche de cinq futurs producteurs pour planter au mois de mars. « Le profil idéal serait un ancien producteur de tabac ou un arboriculteur qui vient d’arrêter la production de prune, car le matériel pourrait être valorisé dans la production de houblon », indique Fanny Madrid. Mais elle n’exclut pas les producteurs de grandes cultures plus classiques. La startup est notamment accompagnée par Brasseurs de France et bénéficie de plusieurs soutiens techniques dont la chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine et le lycée agricole Étienne Restat, à Sainte-Livrade-sur-Lot.

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