Aller au contenu principal

Pour limiter l´érosion
Soigner l´entre-buttes en pomme de terre

Sur pomme de terre, on veille à limiter l´érosion des sols, en agissant à la préparation du sol et sur l´entre-buttes.


Du fait d´une préparation fine et profonde du sol, la culture de la pomme de terre augmente la sensibilité de la terre aux phénomènes d´érosion. Des précautions peuvent être prises pour réduire ce risque.
Ingénieur chez Arvalis Institut du Végétal, Michel Martin nous énumère une série de pratiques anti-érosion. « Le producteur évitera, autant que possible, la culture de la pomme de terre dans le sens de la plus grande pente de sa parcelle. Remarque d´autant plus importante que la parcelle est longue. »
Michel Martin conseille d´intervenir sur l´inter-rang. « Le maintien prolongé d´un espace ouvert dans l´entre-butte ou l´entre-billon amplifie le ruissellement des précipitations importantes dès que la pente et la pluviométrie s´accentuent. On peut mettre en place des dispositifs limitant la compaction de l´entre-butte tels que des doubles roues porteuses sur la planteuse et l´utilisation de dispositifs efface-traces. » Autre suggestion : « le griffage du fond de l´entre-butte au moment du buttage à l´aide d´une fraise ou de dispositifs à socs. La lutte contre l´érosion est également à envisager de façon globale, à l´échelle du bassin versant, dans le choix des rotations par exemple, comme l´a montré l´association régionale pour l´étude des sols (AREAS). »
Dans la gestion de l´entre-butte, il est possible d´adapter son équipement en conséquence. La preuve est faite par un matériel allemand conçu par Paul Stegmüller, agriculteur de son état.
Entre les buttes, le maintien prolongé d´un espace ouvert facilite le ruissellement et l´érosion du sol. ©C. Gloria

Des mini-barrages de terre entre les buttes
L´équipement s´adapte à l´arrière de la butteuse et permet de créer, à intervalles choisis, des mini-barrages de terre dans l´entre-butte grâce à des pelles hydrauliques. Ces mini-barrages créent une discontinuité dans l´entre-butte et stoppent l´écoulement de l´eau de pluie.
Présenté à l´occasion des journées internationales techniques et commerciales de la pomme de terre à Villers-Saint-Christophe (Aisne) en septembre 2004, le matériel a été essayé dans sa mise en oeuvre par Arvalis-ITPT. L´AREAS et l´Association régionale de la pomme de terre de Haute-Normandie (ARPTHN) ont également testé l´équipement sur le terrain dans la région normande qui sait ce que signifie érosion des sols. « La fréquence de descente des bêches et de constitution de ces mini-barrages est à raisonner en fonction des pentes de parcelles, » juge Michel Martin. Sous-entendu que l´efficacité de l´appareil pourrait être limitée dans le cas des parcelles trop pentues et d´orages violents.
« C´est un prototype, rappelle l´ingénieur d´Arvalis-ITPT. Dans la cadence d´abaissement des bêches qui génèrent les mini-barrages, une simplification du dispositif existant est envisageable. Il a été utilisé jusqu´à présent sur une butteuse fraise. Sur ce type d´engin à avancement lent, il n´y a pas de problème. Si l´on envisage d´adapter l´équipement sur une butteuse traditionnelle (à dents), il faut prendre en compte un avancement plus rapide. Dans ce cas, on peut s´attendre à ce que la constitution des mini-barrages limite la vitesse d´avancement. » L´engin va continuer à être testé sur le terrain. Des constructeurs français songent même à reprendre le concept pour l´adapter sur leurs propres équipements.
Le tamisage est une pratique tendant à se développer dans la préparation du sol pour la culture de la pomme de terre. La production d´éléments de terre fine par cette pratique peut-elle accentuer la sensibilité à l´érosion ? L´ARPTHN a réalisé des essais comparant les ruissellements sur pomme de terre en fonction de la technique de préparation de sol : l´une sans tamisage (herse rotative puis buttage), l´autre avec tamisage (sans buttage).
« Sur trois années d´essais, nous n´avons pas décelé de différence en termes de ruissellement et d´érosion entre la plantation précédée du tamisage et la pratique traditionnelle de plantation avec buttage, rapporte Laetitia Saint-Omer, technicienne à l´ARPTHN. La butte tamisée absorbe bien l´eau de pluie, ajoute-t-elle. Nous avons constaté sur plusieurs parcelles que dans celles tamisées, l´eau est maintenue plus longtemps dans la butte, ce qui peut faciliter la récolte. » L´effet du tamisage a été testé jusque dans le blé succédant à des pommes de terre. Mêmes constatations : « Il n´y a pas plus de ruissellement dans un blé de pomme de terre tamisée que dans un blé de pomme de terre sans tamisage. » Par la mise en place de dispositifs anti-érosions sur les sites les plus sensibles, en agissant sur la composition en cultures d´une région, en recherchant une couverture maximale du sol dans la durée (en interculture notamment). la lutte contre l´érosion se réfléchit à la parcelle et culture et, dans un sens plus large : à l´échelle du bassin versant.
La constitution de mini-barrages de terre entre les buttes freine l´écoulement des eaux et donc l´érosion. ©M. Martin/Arvalis-ITPT
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Par défaut, la zone non traitée s’établit à partir de la limite de propriété du riverain et non à partir de ses bâtiments.  © C. Watier
Réglementation/ZNT : les 8 questions que tout agriculteur doit se poser pour éviter les pièges
Les zones non traitées à mettre en place près des habitations viennent compliquer le travail au champ, la gestion du parcellaire…
Sébastien Windsor Chambres d'agriculture
« 15 % des agriculteurs pourraient ne pas passer l’année » dans les zones intermédiaires (Chambres d'agriculture)
Sébastien Windsor , président de l'assemblée permanente des chambres d'agriculture, a alerté sur la situation difficile de…
plan de relance - volet agricole
Plan de relance/agriculture : 1,2 milliard d'euros pour la souveraineté agroalimentaire française
Plan protéines doté de 100 millions d'euros, "aide à la conversion" pour l'agroéquipement, crédit d'impôt pour la certification…
Avec une année 2020 "catastrophique" faisant suite à plusieurs mauvaises campagnes, les responsables de l'AGPB Eric Thirouin (président, à gauche) et Philippe Heusèle (secrétaire général) ont appelé à des mesures d'urgence pour soutenir le secteur. © G. Omnès
« Plus de la moitié des céréaliers ne dégageront aucun revenu en 2020 » (AGPB)
Le syndicat céréalier pointe du doigt la situation très difficile des grandes cultures depuis plusieurs années et qui culmine en…
chargement d'un bateau au port céréalier de Rouen
Blé tendre : les exportations françaises menacée par la Russie sur l'Algérie
Selon Thierry de Boussac, du Synacomex, le cahier des charges de l'office d'Etat algérien, en charge des importations de blé…
« Une rénovation de toiture avec du photovoltaïque pour un risque zéro »
Sylvain Pigeon, agriculteur à Mareuil en Brie (51), a changé la toiture de son bâtiment en développant un projet photovoltaïque…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures