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Semae/interprofession des semences : la Confédération dénonce une fausse main tendue

Pour la Confédération paysanne, « l’ouverture » affichée par Semae, ex-Gnis, n’est qu’une façade. Le syndicat agricole s’insurge que les représentants des semences de ferme et paysannes ne puissent siéger qu’en tant qu’utilisateurs et non comme producteurs de semences.

Pour la Confédération paysanne, les producteurs de semences de ferme et paysannes doivent pouvoir siéger au collège des producteurs de semences. © N. Ouvrard
Pour la Confédération paysanne, les producteurs de semences de ferme et paysannes doivent pouvoir siéger au collège des producteurs de semences.
© N. Ouvrard

« Ravalement de façade » et « ouverture en trompe-l’œil ». La Confédération n’est pas tendre avec les dirigeants de Semae, ex-Gnis. Le 27 janvier, l’interprofession présentait publiquement sa nouvelle identité, avec nouveau nom et nouveau logo, en mettant en avant sa volonté d’ouverture. Semae annonçait ainsi réserver une place de son conseil d’administration à un représentant de la Confédération paysanne et une autre à la Coordination rurale (CR). Les responsables de l’interprofession affirmaient vouloir « rassembler tous les acteurs de la filière dans leur diversité », avec la création d’une section dédiée aux semences de ferme et paysanne, et à la sélection participative.

Mais pour la Confédération paysanne, on est loin du compte. « La seule possibilité que nous offre le Gnis, c’est de siéger en tant qu’utilisateurs de semences, et non en tant que producteurs, alors que les gens qui font de la semence de ferme la produisent, explique Damien Houdebine, secrétaire national du syndicat. L’enjeu, c’est de pouvoir porter une revendication par rapport à la cotisation volontaire obligatoire, et il faut pouvoir siéger dans toutes les sections. » Pour lui, la conclusion est claire : « si notre demande de siéger en tant que producteurs de semences n’aboutit pas, nous ne siégerons pas. »

Nécessité d’un débat spécifique sur la semence de ferme

Pour le syndicat, la « politique de la main tendue » affichée par Semae n’est donc pas réelle. « Lorsque l’on dit que l’on veut que les gens viennent, on écoute leurs demandes, affirme Damien Houdebine. Cette demande de pouvoir siéger en tant que producteurs de semences est connue de longue date par le Gnis. Le bureau s’était engagé à nous répondre sur ces demandes, et nous n’avons appris leur décision qu’hier, lors de la présentation publique. »

La Confédération ne cache pas sa méfiance quant à la section nouvellement créée, et dénommée « Diversité des semences et des plants ». « Ne pas créer une section spécifiquement dédiée aux semences de ferme et paysannes est une façon de ne pas reconnaître qu’il y a un débat spécifique sur ce sujet », estime Damien Houdebine. Le représentant s’interroge également sur les financements qui seront alloués à cette section.

Ce positionnement est partagé par la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), composée de représentants de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale. « Nous avions fait une demande commune avec la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Modef pour participer au collège de producteurs afin de coller à la réalité sur les exigences réglementaire et environnementale, explique Philippe Ribault, représentant de la CR et président de la CNDSF. Il faut redescendre sur le plancher des vaches. » L’élu juge toutefois nécessaire d’envoyer un représentant de la CNDSF à Semae afin « de voir si l’on peut avoir une utilité, mais nous ne resterons pas s’il s’agit de faire de la figuration ».

Les tensions autour de cette nouvelle configuration de l’interprofession reflètent un historique chargé entre le Gnis et les défenseurs des semences de ferme. Le premier a toujours communiqué sur les avantages des semences certifiées et a lutté contre la libéralisation des semences fermières ou paysannes. Les seconds remettent en cause certains arguments considérés comme faux à propos des atouts des semences certifiées.

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