Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

MESSAGE ABONNES IMPORTANT

Afin d'être sûr de recevoir nos futures publications quelle que soit l’évolution de la situation sanitaire, activez votre compte numérique au plus vite en complétant vos informations.

J’active mon compte numérique

Sans glyphosate, un gros point d’interrogation avant les cultures d’hiver pour Antoine Chédru

En non travail du sol depuis plusieurs années, Antoine Chédru a quelques idées pour se passer du glyphosate, pas très simple à mettre en oeuvre.

"Le semis direct reste une bonne alternative pour limiter la mise en germination des adventices", explique Antoine Chédru.
© DR

"Je fais partie du réseau Base(1) depuis dix ans ainsi que de l’association Sol en Caux qui regroupe des agriculteurs mettant en pratique des itinéraires sans labour pour lutter contre l’érosion des sols. Je suis en non travail du sol depuis quelques années. J’utilise 80 à 100 litres par an de glyphosate sur mes 170 hectares de productions, principalement contre les adventices d’automne avant le semis du blé. L’interdiction programmée du glyphosate n’est pas une décision qui nous enchante. Mes couverts végétaux d’interculture sont détruits mécaniquement avec le passage d’un rouleau faca. Une petite dose de glyphosate (0,4 à 1 l/ha) est appliquée occasionnellement sur des graminées impossibles à détruire mécaniquement comme le pâturin, qui présente un port rampant.

En substitution du glyphosate, j’ai fait un essai avec l’antigraminée Kerb Flo (propyzamide) sur un couvert après destruction mécanique. L’efficacité est sans appel sur les graminées adventices. Mais il faut attendre trois semaines à un mois avant de bien voir la destruction de celles-ci. Le produit coûte de l’ordre de 25 euros/hectare contre dix fois moins pour une application de glyphosate à dose réduite. En outre, ce n’est efficace que contre les graminées, pas sur les dicotylédones ni les vivaces. Cette solution testée (NDLR : non autorisée en interculture) ne serait possible qu’avant une culture de printemps."

Un couvert dense qui étouffe les adventices

"Une autre solution passe par la production d’un couvert d’interculture dense qui étouffe les adventices. L’objectif est de produire la biomasse la plus élevée possible en privilégiant les légumineuses parmi des espèces gélives (lupin, tournesol, féverole, pois de printemps…) et en choisissant une graminée qui monte rapidement à graines comme l’avoine brésilienne (strigosa). Dès que ces plantes sont en fleur, elles se montrent sensibles au gel et plus faciles à détruire au rouleau faca. Le couvert est ensuite laissé en surface du sol sans l’incorporer pour le laisser se dégrader naturellement.

C’est avant les cultures d’hiver que la gestion des adventices constitue le gros point d’interrogation. La seule solution possible consisterait à faire du travail intensif du sol, ce qui n’est pas raisonnable dans nos situations de sols limoneux fortement sensibles à l’érosion. Les champs risqueraient d’être ravagés par les ravines. Le semis direct reste une bonne alternative pour éviter de perturber le milieu naturel et ainsi limiter la mise en germination des adventices. »

(1) Association sur l’agriculture de conservation, avec protection des sols et des habitats.
EN CHIFFRES
À Goderville, sur l’aire de captage du Havre
170 ha dont 80 de blé tendre, 21 de colza, 30 de lin textile, 12 de betterave, 10 de féverole, 8 de pois protéagineux, 6 d’orge de brasserie, 3 de maïs
Sols très limoneux, battants, très sensibles à l’érosion
En TCS depuis 1995 puis semis direct sous couvert permanent depuis 2014
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Le sytème de lavage de main embarqué S-Clean
[Covid-19] : S-Clean, un système de lavage de main embarqué sur tracteur
Le système doté d’un réservoir de 3 litres est équipé d’un porte-savon liquide et de deux vannes permettant 5 à 10 lavages de…
Coronavirus : la filière pommes de terre sur le qui-vive
Fini les frites au restaurant : le confinement lié au Covid 19 fait s'effondrer la demande de pommes de terre pour l'industrie,…
Les semis de printemps ne devraient pas être perturbés par le coronavirus, les activités agricoles n'étant pas concernées par les restrictions d'activité. © J.-C.Gutner
Coronavirus : la filière céréalière fait front face à la crise
La filière céréalière s’organise pour ne pas interrompre la chaîne allant de l’appro à la transformation, en passant par la…
En 2019, la gendarmerie a relevé 1776 dégradations sur les exploitations agricoles. © Julie Pertriaux
Vols et dégradations : le travail des gendarmes fait des vagues
Le dispositif Demeter, créé pour lutter contre les violences visant le monde agricole, suscite l’émoi des opposants au modèle…
En achetant maintenant sa solution azotée pour 2021, l'économie serait d'environ 10 €/ha par rapport à la dernière campagne. © C.Baudart
Engrais: faut-il acheter la solution azotée maintenant pour 2021 ?
Couvrir ses besoins en solution azotée pour 2021 est une stratégie qui peut être gagnante au vu des prix bas proposés…
Covid-19/grandes cultures : les bons gestes pour vous protéger !
Les recommandations pour lutter contre le coronavirus dans les travaux du quotidien en grandes cultures, entre lavage de mains,…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures