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Fertilisation azotée : que retenir du livre blanc porté par la filière ?

La coopération agricole métiers du grain et quatre partenaires ont présenté un livre blanc consacré à la fertilisation azotée à l’occasion du Salon de l’agriculture. Il présente les enjeux et les défis liés à l’utilisation d’engrais azotés pour fertiliser les sols agricoles.

Pauline Bodin, responsable agronomie et environnement à la Coopération agricole, et Antoine Hacard, président de la Coopération agricole métiers du grain.
Pauline Bodin, responsable agronomie et environnement à la Coopération agricole, et Antoine Hacard, président de la Coopération agricole métiers du grain.
© V. Charpenet

La fertilisation azotée, qu’elle soit d’origine organique ou minérale, est un des piliers du système de production agricole. « Une baisse de la fertilisation se traduirait mécaniquement par une baisse de la production et de la qualité nutritive des plantes », avance Antoine Hacard, président de la Coopération agricole métiers du grain.

Pour éclairer les pouvoirs publics et les décideurs sur les enjeux liés à la fertilisation azotée, cinq partenaires représentant les distributeurs (1) et les utilisateurs (2) d’engrais ont décidé de rédiger un livre blanc pour « partager leurs connaissances et leur expertise sur ce sujet ». Le document a été présenté lundi 26 février au Salon de l’agriculture. « L’objectif est d’expliquer de manière pédagogique la fertilisation azotée qui est processus complexe et indispensable à la nutrition des plantes », précise Antoine Hacard.

La France importe 70 % des engrais azotés qu’elle consomme

L’ouvrage aborde la question d’un point de vue scientifique en revenant sur la nécessité d’apporter de l’azote aux plantes pour assurer leur croissance. Mais il présente aussi une dimension plus politique en revenant sur les enjeux agricole et alimentaire. « Améliorer notre souveraineté alimentaire, c’est aussi améliorer notre souveraineté concernant les engrais azotés », estime Antoine Hacard.

Le défi est de taille : la France importe deux tiers des engrais azotés qu’elle consomme et les 30 % restant sont produits avec du gaz également importé. Quant aux engrais organiques, le gisement est insuffisant pour répondre aux besoins. En outre leur répartition sur le territoire nécessite de fluidifier les flux entre les secteurs d’élevage et les secteurs de grandes cultures.

L’ouvrage n’évite pas la présentation des enjeux climatiques et environnementaux liés à la fabrication ainsi qu'à l’utilisation des engrais azotés. « Le secteur agricole est responsable de 19 % des émissions de gaz à effet de serre », est-il rappelé dans le livre blanc. Près de la moitié (42 %) est due au protoxyde d’azote émis lors de la fertilisation azotée organique comme minérale.

Le livre blanc se termine par les pistes de solutions pour diminuer les impacts négatifs des engrais azotés. Côté industriel, ce sont les innovations pour décarboner progressivement la fabrication des engrais azotés qui sont mises en avant. Côté production agricole, le pilotage de la fertilisation et l’ajustement des doses pour limiter les pertes dans l’environnement sans pénaliser la production figure parmi les leviers d’amélioration.

(1) La Coopération agricole métiers du grain, Association française de commercialisation et de mélanges d’engrais (Afcome), Fédération du négoce agricole (FNA) et Fertiline.
(2) Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB).

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