Aller au contenu principal
Font Size

Semis de betteraves
Révolution de velours en traitement de semences des betteraves

L’association Cruiser SB + Force 20 CS et Nuprid 70 s’ajoutent au produit Imprimo en protection insecticides des semences de betteraves. Les spectres d’actions se ressemblent.

Après de nombreuses années de tests, le produit Cruiser (thiaméthoxam) est homologué sur traitement de semences en betterave. « Cruiser SB (600 g/l de thiaméthoxam) est associé à Force 20 CS (téfluthrine) contre un large spectre de ravageurs souter- rains et aériens », précise Olivier Borde, chef marché protection des semences chez Syngenta Agro. Jusqu’à présent, le produit Imprimo (imidaclopride + téfluthrine) de Bayer CropScience constituait la seule solution insecticide disponible ; 98 % des semences des variétés de betteraves ont reçu ce produit en 2010. Il présente l’avantage de combattre taupins, blaniules, tipules, scutigérelles, atomaires, pégomyies, puce- rons verts et noirs, tout comme la solution de Syngenta. Cette société ambitionne une part de marché de 30 % des semences traitées en 2011. « Avec Cruiser SB + Force 20 CS, nous avons l’arrivée d’un challenger », remarque Jean-Michel Chassine, responsable agronomie chez Tereos. Les deux solutions sont très ressemblantes dans leurs compositions et spectres d’action. « Il vaut mieux deux possibilités qu’une seule. Mais nous sommes très satisfaits d’Imprimo qui a bien rempli son rôle contre les ravageurs du sol après le retrait d’insecticides granulés à base de carbofuran il y a deux ans. Et il a résolu le problème de la jaunisse virale transmise par les pucerons. »


PETIT PLUS CONTRE LA PÉGOMYIE


Qu’apporte la solution de Syngenta par rapport à celle de Bayer ? « L’efficacité est meilleure sur pégomyies grâce à une durée d’action plus longue », présente Olivier Borde. Cet avantage est confirmé par l’ITB et Tereos au vu des résultats d’es- sais. « L’utilisation de Cruiser + Force sera privilégiée en bordure maritime dans des contextes de risque élevé de pégomyies », renchérit Jean-Michel Chassine. « Force 20 CS apporte plus de téfluthrine qu’Im- primo, ajoute Olivier Borde. Cette molé- cule agit principalement sur les ravageurs du sol. Le thiaméthoxam de Cruiser est, quant à lui, très rapidement mobilisé par la plante, y compris en conditions sèches comme au printemps 2007. Dans ce type de situation, Cruiser + Force montre une efficacité supérieure sur les pucerons viru- lifères », affirme le spécialiste de Syngenta. L’ITB juge les performances équivalentes entre Cruiser + Force et Imprimo sur puce- rons et ravageurs du sol.
L’arrivée de Cruiser ne bouleversera pas le prix des semences traitées. « Les diffé- rences se remarquent davantage entre variétés qu’entre protections des semences, note Jean-Michel Chassine. La dernière variété de SES, Sarbacane, est proposée à 226,75 euros l’unité avec le traitement Imprimo alors que Python, variété plus ancienne et en tête dans les semis, le sera à 221,25 euros. Avec le traitement Cruiser + Force, la variété Cheyenne sera vendue à 223,60 euros l’unité. »


DES SOLUTIONS ALLÉGÉES EN INSECTICIDE


Les betteraves peuvent-elles se satisfaire d’une protection allégée en insecticides sur la semence ? Un troisième produit arrive sur le marché des TS : Nuprid 70. Cette spécialité de la société Nufarm ne contient que de l’imidaclopride, offrant un spectre d’action plus limité que les deux autres produits concurrents. Il vise plus particulièrement les insectes aériens. L’offre sera très limitée sur les semences betteraves ; 2011 est une année de prélan- cement. Nuprid 70 se positionnera avec un niveau de prix inférieur aux solutions de Syngenta et de Bayer. « L’application d’Imprimo revient à 60 euros l’unité, soit l’équivalent d’un coût de traitement de semences de 72 euros à l’hectare (1,2 unité), précise Jean-Michel Chassine.
Des secteurs présentent des pressions modérées en pucerons comme en Champagne par exemple. Avec Force Magna, certains pays européens dispo- sent d’un produit qui répond à ce type de situation. Il est allégé en thiaméthoxam (15 g/unité) et contient également de la téfluthrine (6 g/unité). Il est moins cher de 20 euros de l’unité que le Cruiser + Force. » Une solution est de se passer d’insecticides en se contentant d’une protection standard à base de fongicides seulement (1 % des semences betteraves en 2010). « C’est dangereux. Dans ce cas, la lutte contre les pucerons et pégomyies néces- site trois applications foliaires quand ils sont présents et il n’y a aucun produit foliaire homologué contre les atomaires. » Les betteraviers doivent choisir entre le coût important d’un traitement d’assurance et des économies à risques.

BEMOL SUR LES TIPULES

Jean-Michel Chassine juge les traitements de semences moins performants contre les tipules que ne l’étaient les insecticides de sol à base de carbofuran. « Aujourd’hui, il est nécessaire de surveiller les popu- lations de larves de tipules en disposant des appâts de Mesurol au sol. » En plus d’être un antilimace, Mesurol Pro est homologué contre les tipules. « Il faut l’appliquer en plein entre la levée et le stade 4 feuilles de la betterave », précise le responsable agronomie de Tereos. Il conseille également une grande rigueur sur la profondeur de semis de la betterave. « Deux centimètres est le positionnement idéal pour que le produit agisse entre la semence et la surface du sol. Une graine semée trop profondément rendra les jeunes plants plus vulnérables aux attaques de taupins. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes
Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production…
La collecte chute de 20 % en blé tendre et en orge d'hiver par rapport à la moyenne décennale à la coopérative Ile-de-France Sud. © Gutner archives
Moisson 2020 : le grand écart du rendement en Ile-de-France comme ailleurs
La récolte des orges d’hiver, colza et blé tendre a rendu son verdict en Ile-de-France : des résultats très hétérogènes avec…
Pour la CGB, la propagation du virus de la jaunisse ampute la production française de sucre de 600 000 à 800 000 tonnes. © CGB
Crise de la betterave: les élus régionaux montent au créneau
L’impact de l’épidémie de jaunisse sur betterave s’amplifie devant l’absence de solution technique autorisée. Les Régions…
Nouveau silo de Biocer dans l'Eure. Avec une collecte qui double tous les cinq ans, les organismes économiques doivent adapter leur infrastructure de stockage et de tri. © Biocer
Agriculture biologique : les céréales bio face au défi de la massification
La dynamique de croissance forte et régulière enclenchée depuis trois ans pour les céréales bio confronte la filière à de…
Moisson de blé en Eure-et-Loir
Moisson 2020 : des rendements dans le rouge pour une année noire en grandes cultures
Très mauvaise donne cette année pour les grandes cultures en France, avec une baisse généralisée des productions. Les céréales d’…
Aymeric et Margot Ferté, Gilles Lancelin, Romaric Paucellier : trois expériences du bio en grandes cultures. © DR/C. Baudart
Bio en grandes cultures : la nouvelle génération de convertis bouge les lignes
Une exploitation de grandes cultures qui passe en bio ? C’est désormais banal. Partout, des conversions s’engagent, souvent par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures