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Recourir aux fonds Vivéa pour se former

En contrepartie de la cotisation à la formation professionnelle, les chefs d’exploitation peuvent profiter de formations financées partiellement ou totalement par Vivéa. Explications.

Cachée entre deux lignes de la cotisation sociale appelée par la MSA, la cotisation à la formation professionnelle passe presque inaperçue. Son utilité ? Elle permet le financement de certaines formations auxquelles ont accès tous les agriculteurs. Alors que la MSA collecte cet argent, c’est l’organisation Vivéa qui gère l’enveloppe. « En 2016, en moyenne, un agriculteur a versé 92 euros pour la formation, déclare Béatrice Dingli, directrice générale de Vivéa. Un agriculteur cotise au minimum 28 euros par an et au maximum 414 euros. » Au total, en 2016, 53 millions d’euros ont été collectés. Pour compléter cette somme, Vivéa est également chargé de rechercher des fonds supplémentaires auprès des conseils régionaux, du Feader et de l’État pour optimiser les cotisations des chefs d'entreprise agricole. « Ces aides sont de plus en plus restreintes, reconnaît Béatrice Dingli. En 2017, nous avons récolté deux millions d’euros supplémentaires par ces voies. » Ces fonds sont ensuite mutualisés et restent à disposition des chefs d’entreprises désireux de se former. Selon les thèmes, les formations sont totalement, partiellement ou pas du tout, financées. C’est Vivéa qui détermine les taux de financement, en fonction de leur intérêt.
Jusqu’en 2017, un agriculteur pouvait profiter de ces fonds autant de fois qu’il le désirait et bénéficiait d’un budget non limité. Depuis le 1er janvier 2018, la donne a changé : un plafond de prise en charge de 2 000 euros par personne par an a été instauré. « Cela représente onze jours de formation, relativise Béatrice Dingli. Cette limite permet d’éviter les abus et les inégalités. » En 2016, 152 000 agriculteurs ont été formés. Cela représente 2,2 millions d’heures de formation délivrées. En 2016, 14 % des céréaliers se sont formés, ce qui est légèrement moins que la moyenne de toutes les productions, située à 16,9 %. En moyenne, un agriculteur part en formation chaque année pendant deux jours, ce qui représente une prise en charge de 560 euros. « Dans le milieu agricole, il y a une réelle appétence pour la formation, les agriculteurs cherchent à monter en compétences, explique Béatrice Dingli. Surtout les jeunes agriculteurs qui ont un regard neuf et cherchent une direction à donner à leur exploitation. » Vivéa prend donc en charge les formations liées au parcours d’installation à condition que la personne ne soit pas déjà salariée ou inscrite chez Pôle emploi. Elles représentent actuellement 17 % du budget.

Des formations choisies selon la conjoncture

Demander le financement de ces formations est relativement simple pour les exploitants. Il suffit de s’y inscrire et c'est ensuite l’organisme de formation qui se charge de demander le financement à Vivéa tout en précisant le programme qui sera enseigné. La seule exigence concerne le paiement de la cotisation de formation : le participant doit être à jour. « En passant par le site internet ou l’application mobile, l’agriculteur, via son compte personnel, a accès au répertoire des formations possibles et au crédit dont il dispose », explique Cécile Ghiringhelli, responsable de la communication chez Vivéa. Ces formations peuvent être dispensées par de nombreux organismes : les chambres d’agriculture, qui représentent la moitié des formations dispensées, les centres de gestion, le Gab (groupement d’agriculteurs bio), le Civam (centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural), etc..

Tous les trois ans, le conseil d’administration de Vivéa se réunit pour déterminer les formations à financer en priorité. Elles sont choisies selon la conjoncture agricole et après avoir défini les compétences dont les agriculteurs ont besoin. Les politiques mondiales et la politique agricole française et européenne jouent aussi sur les orientations. De 2016 à fin 2018, Vivéa a mis la priorité sur la stratégie et le pilotage de l’entreprise. Le deuxième enjeu est de permettre aux agriculteurs de retrouver de la compétitivité au sein de leur exploitation. Le troisième objectif est de leur apporter des outils pour mettre en œuvre des modes de production innovants. La quatrième priorité est davantage tournée vers l’humain, avec des formations consacrées à l’efficacité et au bien-être au travail. Même si elles ne sont pas dans les priorités du fonds, les formations sur les techniques de base continuent de rencontrer un vif succès. « Les formations concernant les modes de production innovants sont aussi très demandées, remarque Béatrice Dingli. De nombreux agriculteurs remettent en question leurs pratiques, ils cherchent de nouvelles techniques plus écologiques et économiques. Notre rôle est d’accompagner les agriculteurs dans l’acquisition de nouvelles compétences. » 

Évaluer les compétences acquises

Attention toutefois à bien définir le terme de formation. « Les conférences, congrès, Mooc (formation en ligne ouverte à tous) ne sont pas considérés comme des formations, précise Béatrice Dingli. Il ne faut pas confondre formation et information. » Selon elle, à l’issue d’une formation, le participant doit avoir validé de nouvelles compétences et connaissances. Il est important également de pouvoir contrôler la réalité de la formation ainsi que la présence du participant. Selon Béatrice Dingli, « il est très important de se former car dans leurs activités, les agriculteurs prennent des risques. C’est aussi en se formant qu’on se réassure. »

Un crédit d’impôt pour faciliter l’accès aux formations

Un crédit d’impôt est disponible pour les participants aux formations professionnelles. La somme est déductible des revenus de l’entreprise si elle est soumise à l’impôt sur les sociétés sinon, elle est déduite de l’impôt sur le revenu du chef d’exploitation. Le montant correspond aux heures totales passées en formation rémunérées au taux horaire du SMIC. La limite est fixée à quarante heures de formation par année et par entreprise (sauf dans le cas du Gaec où chaque associé bénéficie de ce crédit d’impôt). L’administration peut demander un justificatif qui est la facture de l’organisme de formation ou une attestation de stage précisant, toutes deux, le numéro de SIRET de l’entreprise.

Des formations toujours en évolution

Une fois le plan stratégique triennal défini, les élus Vivéa locaux ainsi que les équipes sur le terrain, aident les organismes qui font les formations à construire des formations qui répondent aux priorités spécifiées. Ensemble, ils créent des cahiers des charges et adaptent le contenu des formations au contexte régional. Ils ont aussi pour mission de mobiliser le public. Les thèmes évoluent mais aussi la forme. « Les participants demandent beaucoup d’échanges avec leurs formateurs », constate Béatrice Dingli, directrice de Vivéa. Des formations "mix digital" sont en cours de développement, notamment. Elles demandent la présence des participants aux séances et entre-temps, il peut leur être demandé de consulter des ressources digitales telles que des études, des quiz ou encore des vidéos qui sont travaillées par la suite en séance. Le temps des devoirs à la maison n’est donc pas révolu…

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