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[Ravageur] Endiguer le fléau du campagnol des champs

Dans les situations de non-travail du sol et sur certaines productions végétales, le campagnol des champs est un véritable fléau. Mais pas tous les ans…

Des mulots ou des souris dans les champs ? Sur le plan taxonomique strict, le rongeur présent dans les parcelles de grandes cultures est le campagnol des champs, Microtus arvalis. Il se distingue des mulots et souris par sa queue courte notamment, et ces rongeurs ne partagent pas le même habitat. Le campagnol des champs mesure une dizaine de centimètres sans la queue (3-4 cm). Il présente un pelage brun-gris, des oreilles bien distinctes, des yeux assez grands, un corps rond.

Mais le campagnol ne se montre guère à l’air libre. On trouvera surtout des traces de sa présence, au travers de ses trous de terriers avec amas de terre devant (mais pas de monticule) et des galeries ouvertes. La présence de petites crottes cylindriques noires à verdâtres dans les coulées et à l’entrée des terriers est un bon indice. Au niveau des ouvertures, on pourra trouver des tiges ou feuilles coupées. Le réseau de trous et de galeries se concentre sur quelques dizaines de mètres carrés en foyer.

 

 
Des feuilles ou des tiges coupées sont parfois visibles à l'entrée des terriers. © Fredon

 

Comment combattre le campagnol des champs

Biologique : renards, hérons, rapaces diurnes (tels les busards) et nocturnes (chouettes)… le campagnol des champs compte de nombreux prédateurs. On favorisera l’action des rapaces avec la pose de piquets amovibles de 2 mètres dans les zones où les perchoirs naturels sont éloignés. Limiter et même abolir les tirs de renards ne sera que bénéfique pour l’action sur les rongeurs. L’entretien des abords de parcelles (fauchages…) limitera les ressources nutritives pour les campagnols et en facilitera la prédation.

Mécanique : le travail du sol perturbe ou détruit l’habitat des campagnols. Il expose les rongeurs à l’action des prédateurs. En situation de non-labour, le passage d’outils de type herses à dent ou déchaumeurs à disque en interculture agira contre les campagnols.

Piégeage : divers pièges comme ceux de type Topcat existent pour détruire les campagnols. Ils sont à positionner préférentiellement en bordure de parcelles d’où démarrent les colonisations. Autres solutions de destruction : l’injection de gaz toxique (comme le monoxyde de carbone) dans les terriers ou d’un mélange porté à combustion pour écrouler les galeries (système de type Rodenator). Ces méthodes sont chronophages et nécessitent des précautions d’usage drastiques.

Chimie : l’usage de bromadiolone est dorénavant interdit. Le phosphure de zinc (produits Ratron GL et GW) reste la seule molécule autorisée au champ contre les campagnols. Ratron GW semble la spécialité la plus efficace. Régionalement, elle peut faire l’objet d’un encadrement de son usage au champ. Son utilisation nécessite en effet quelques précautions pour en assurer la meilleure efficacité sur les campagnols tout en préservant la faune non-cible.

Sources : Fredon, Inrae, Apad, Fnams.

 

 
Le renard est un prédateur important des campagnols. © Julien Frizon

 

Quatre points clés sur le campagnol

Des pullulations cycliques caractérisent les campagnols. Des années de forte population (plus de 1 000 individus à l’hectare) alternent avec des périodes de basse densité ou de déclin. Une population de campagnols peut doubler tous les deux mois.

Les légumineuses et les graminées (céréales, fourragères) ont la préférence du campagnol des champs. Les dégâts les plus sévères sont recensés sur les cultures porte-graines, les luzernières, le colza et les céréales, avec des pertes jusqu’à 10 q/ha chez ces dernières. Le campagnol mange trois fois son poids par jour.

Plusieurs espèces de campagnols existent. Le campagnol des champs est remplacé par le campagnol terrestre (rat-taupier) dans les prairies, où il cause de sérieux dégâts, et par le campagnol provençal en parcelles dans le Sud-Est.

Le seuil de nuisibilité sur céréales est estimé à 100 individus à l’hectare en fin d’automne et en hiver, et à 500 individus à l’hectare à la fin-épiaison. Les situations en non travail du sol sont les plus exposées.

 

 
Les crottes cylindriques noirâtres au niveau des trous et des coulées sont une marque tangible de présence de campagnols. © Fredon

 

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