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Etude Insee
Quel est le niveau de vie des exploitants agricoles français ?

En se basant sur les données du recensement agricole 2020, l’Insee a étudié le niveau de vie des quelque 400 000 ménages agricoles français, des ménages fiscaux dont au moins un des membres est exploitant agricole. Un des faits marquants qui en ressort est que les exploitants agricoles vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que l’ensemble de la population.

machines effectuant la moisson dans un champ
Le niveau de vie est en moyenne plus élevé pour les exploitants spécialisés dans les cultures végétales.
© J.C. Gutner

Une étude que vient de publier l’Insee se penche sur le niveau de vie des quelque 400 000 ménages agricoles français, des ménages fiscaux dont au moins un des membres est un exploitant agricole. Réalisée en se basant sur les données du recensement agricole 2020, elle arrive à la conclusion que les exploitants agricoles vivent le plus souvent sous le seuil de pauvreté que l’ensemble de la population. La situation est toutefois contrastée pour ces ménages agricoles qui représentent 1,5 % des 28 millions de ménages fiscaux métropolitains en 2020.

A relire : Quel est le niveau de vie des ménages agricoles ?

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Quel niveau de vie des agriculteurs par rapport à l’ensemble de la population ?

En 2020, le niveau de vie des exploitants agricoles s’élève en moyenne à 27 500 euros en France métropolitaine. Les exploitants ont en moyenne le même niveau de vie que l’ensemble de la population, mais avec une dispersion beaucoup plus forte : les 10 % d’exploitants les plus aisés ont un niveau de vie au moins 4,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes (contre un ratio de 3,4 pour l’ensemble de la population).

A noter que le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation selon l'Insee.

Le revenu disponible des ménages comprenant des exploitants agricoles est composé du revenu déclaré au titre des bénéfices agricoles (cf. revenu professionnel d’activité supra), mais également d’autres revenus de l’exploitant lui‑même ou d’autres membres du ménage, qu’il s’agisse de revenus d’activité, de revenus tirés du patrimoine (fermages perçus par exemple), de pensions‑retraites, mais aussi de prestations sociales perçues par le ménage, déduction faite des impôts payés, souligne l'Insee.

Lire aussi | L’EBE des exploitations agricoles françaises en baisse de 25 % en 2023

Quelle est la part des exploitants vivant sous le seuil de pauvreté ?

17,7 % des exploitants agricoles vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'étude de l'Insee, contre 14,4 % pour l’ensemble de la population. La pauvreté concerne 18,4 % des 40 ans ou moins et 19,8 % des 41‑50 ans. Ce taux est plus élevé pour les exploitants  agricoles vivant avec un conjoint travaillant dans l’exploitation (21,9 %), et plus bas pour les exploitants exerçant aussi une autre activité rémunérée sans lien avec l’exploitation (10,5 %).

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Comment évolue le niveau de vie des exploitants agricoles ?

Alors que les exploitants agricoles forment une population plutôt âgée puisque 43 % d’entre eux ont 55 ans ou plus, bien plus que dans l’ensemble de la population active (18 %), leur niveau de vie augmente avec l’âge, comme c’est le cas pour les autres actifs. Il va de 25 100 euros en moyenne parmi ceux âgés de 40 ans ou moins, à 30 400 euros parmi ceux ayant de 61 à 65 ans. Le niveau de vie moyen des exploitants agricoles de plus de 65 ans, qui sont 82 % à avoir déjà fait valoir leurs droits à la retraite, est inférieur à celui des 61‑65 ans : 29 500 euros contre 30 400 euros.

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Le niveau d’études joue-t-il un rôle dans le niveau de vie ?

Le niveau de vie moyen des exploitants croît avec le niveau d’études, montre l'Insee, passant en moyenne de 23 800 euros pour ceux ayant un niveau d’études inférieur ou égal au collège, à 37 800 euros pour ceux ayant un niveau d’études supérieur à bac+3. Il est à noter que la part des bénéfices agricoles dans le revenu est deux fois plus élevée pour les exploitants qui ont suivi un cursus agricole que pour les autres exploitants. En effet, les exploitants n’ayant pas suivi de formation agricole sont plus souvent pluriactifs : 40 % d’entre eux ont une autre activité rémunérée, contre 25 % parmi ceux qui ont une formation agricole.

 

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Quelle est la situation des pluriactifs ?

Les 29 % des exploitants considérés comme pluriactifs ont un niveau de vie en moyenne plus élevé (30 700 euros, contre 25 700 euros pour les monoactifs) et sont moins souvent sous le seuil de pauvreté (10,5 % d’entre eux, contre 20,5 % parmi les monoactifs).

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Quelle est la répartition des revenus selon les secteurs ?

Le niveau de vie moyen des exploitants est globalement plus élevé et leur taux de pauvreté plus faible lorsque l’exploitation est spécialisée en production végétale (31 300 euros en moyenne, et 14,3 % d’exploitants sous le seuil de pauvreté) qu’en production animale (23 300 euros et 20,4 %), selon les chiffres du recensement 2020 analysés par l'Insee. Toutefois, les exploitations en maraîchage et horticulture, et les élevages de porcs et volailles se distinguent : les premières avec un niveau de vie en moyenne faible (26 800 euros) et les secondes plus élevé (28 500 euros). 

Dans les exploitations combinant culture et élevage, le niveau de vie moyen est intermédiaire (25 400 euros en moyenne). Les exploitants spécialisés en grandes cultures (26 % d’entre eux) et les viticulteurs (14 %) sont moins souvent sous le seuil de pauvreté que les autres : respectivement 13,5 % d’entre eux et 12,6 %, contre 17,7 % dans l’ensemble. Les exploitants en grandes cultures sont plus souvent pluriactifs (45 % d’entre eux) que les viticulteurs (37 %), si bien que les bénéfices agricoles ont un poids moindre dans leur revenu disponible (28 % en grandes cultures, contre 37 % en viticulture).

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Niveau de vie des exploitants en 2020, selon l’orientation technico‑économique de leur exploitation

Tableau du niveau de vie des exploitants agricoles en 2020

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