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Analyse
Quand la ferme familiale cède la place à l’entreprise agricole

Dans une large étude, le ministère de l’Agriculture fait le point sur l’emploi agricole. L’étude confirme le vieillissement de la population… et le passage à des structures plus entrepreneuriales.

Les transmissions familiales perdent du terrain au fil des années.
© S. Leitenberger

Comment le métier d’agriculteur se transforme-t-il ? C’est la vaste question à laquelle souhaite répondre l’ouvrage Actif’Agri réalisé par le Centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture, présenté le 10 avril. Chiffres à l’appui, l’étude confirme deux tendances connues. D’une part, la population des actifs agricoles se réduit, avec une perte de 25 % des exploitants en quinze ans. La baisse semble toutefois moins rapide en grandes cultures (-1,5 % entre 2015 et 2016) qu’en élevage bovins (- 3,3 %). D’autre part, cette population vieillit. Entre 2010 et 2016, la part des 60 ans et plus est passée de 10 à 17 %. Consolation : si l’agriculteur français, 52 ans en moyenne, est plus vieux que la moyenne des actifs de l’Hexagone (40,5 ans), il est plus jeune que nombre de ses homologues de l’Union européenne.

La main-d’œuvre se concentre dans les grandes fermes

L’étude montre également que les 10 % des fermes les plus grandes concentrent 22 % des emplois. La main-d’œuvre non salariée y progresse plus vite qu’ailleurs (+ 0,7 % par an contre - 0,4 % pour les plus petites). Structurellement plus élevé dans ces fermes-là, le nombre de salariés augmente lui aussi, mais moins vite que dans les exploitations plus petites. Globalement, le salariat agricole se précarise, avec des travailleurs plus jeunes et moins bien payés que dans les autres secteurs.

Autre enseignement : les exploitants s’émancipent de plus en plus de leur famille. Dans les fermes grandes et moyennes, les deux tiers des conjoints qui ne sont pas coexploitants travaillent à l’extérieur. Et plus de 30 % des installations se sont effectuées hors du cadre familial en 2017, contre moins de 25 % en 1998. « 20 % des agriculteurs sont d’ascendance paternelle non agricole contre 10 % seulement vingt-cinq ans plus tôt », précise l’étude qui souligne également que, de plus en plus souvent, le successeur « désigné » refuse de reprendre la ferme…

La délégation intégrale se développe

C’est flagrant en grandes cultures : la délégation intégrale, qui consiste à faire faire tous les travaux culturaux par une entreprise, prend de l’ampleur. Elle touchait 12,5 % des exploitations en 2016. L’Eure, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques sont les départements les plus concernés. 

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