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Cahiers des charges, traçabilité
Quand agriculture résonne avec qualité

Les démarches qualité et leur corollaire inévitable, la traçabilité, foisonnent. Articulation entre cahiers des charges verticaux et horizontaux, rémunération des efforts de traçabilité, marques et communication...


Le décret sur l´agriculture raisonnée sera-t-il le bon arbitre de cette course à la différenciation
Raisonné. Traçabilité. Qualité. Ces mots sont sur toutes les lèvres, de toutes les rencontres des professionnels agricoles. Les démarches visant à certifier (ou à qualifier) un produit (ou une méthode de production) se sont multipliées ces dernières années. Y voir clair dans la nébuleuse de logos, signes, marques... requiert du discernement.
Encore faut-il définir ce qu´est la qualité. Car à travers ce terme plusieurs significations existent. Cela peut être une garantie sur les caractéristiques technologiques du produit : temps de chute de Hagberg, taux de protéines... Il peut s´agir d´une garantie sur les caractéristiques sanitaires à l´image des mycotoxines. Ou encore, la qualité peut être liée à la prise en compte de l´environnement pour définir les méthodes de production. Dernière définition, la qualité est aussi produire au meilleur coût.
Des myriades de démarches qualité
Le 2 mai dernier paraissait la loi dite des « Nouvelles régulations économiques » dont un article prévoit la rédaction du fameux décret sur l´Agriculture raisonnée. Depuis plus d´un an, le Conseil supérieur d´orientation et de coordination de la politique agricole et alimentaire (CSO) travaille à son élaboration. Dans les grandes lignes, l´agriculture raisonnée vise à maîtriser les impacts de l´activité agricole sur l´environnement, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations. Elle permet aussi de faciliter la maîtrise des risques sanitaires (d´après le projet du groupe de travail « agriculture raisonnée », octobre 2000). Ce modèle se caractérise par la mise en ouvre de moyens techniques raisonnés dans une approche globale de l´exploitation. Avec pour vocation affichée de devenir, à terme, le standard du modèle français de production agricole.
Les organisations professionnelles n´ont pas attendu que les pouvoirs publics se mêlent de la définition de l´agriculture raisonnée pour bâtir leur propre référentiel. A ce jour, deux démarches opérationnelles s´approchent de la définition d´agriculture raisonnée. Le référentiel Farre, d´une part, et celui de Quali´terre, de l´autre. A l´origine de ces initiatives, la volonté de valoriser le métier d´agriculteur en réponse à la crise de confiance manifestée par le citoyen.
Livraison de blé ©JJB

Les démarches qualités foisonnent. Elles incluent très souvent un volet traçabilité.
Des démarches verticales ont également vu le jour, parfois de longue date. Elle s´appliquent aux méthodes de production d´un produit. Les organismes techniques comme l´Irtac et l´ITCF ont créé leur propre charte. Et les coopératives ne sont pas restées sur le banc de touche. Certaines ont lancé leur propre marque souvent construites sur une démarche Critères qualité certifiés (anciennement appelé Atout qualité certifié). Parmi les pionnières, on peut citer la Coopérative agricole des producteurs du Sénonais (CAPS) et sa démarche Culture Raisonnée Contrôlée ou encore Domagri qui a lancé le concept « de la Graine au Pain ». Mentionnons également la démarche Agri´Confiance de la Confédération française de la coopération agricole (CFCA).
La communication est au cour du débat
Qu´elles soient horizontales, tournées vers le citoyen ou verticales s´adressant au consommateur, ces démarches ont un enjeu commun : la communication. Celle-ci prête à controverse dans le débat qui entoure la préparation du décret. « Valoriser un produit auprès des consommateurs par une mention comme « produit issu de l´agriculture raisonnée » est en contradiction avec la volonté de créer un modèle standard », déclarait, fin novembre, Hubert Bocquelet de l´Association nationale des industries agro-alimentaires (ANIA) à l´occasion des rencontres annuelles du Cetiom. Un point de vue, semble-t-il, non partagé par Eugène Schaeffer, vice-président de l´APCA(1), qui a récemment estimé « qu´un étiquetage sous forme d´une mention informative est nécessaire sous condition d´assurer une traçabilité ». Le débat sur l´agriculture raisonnée n´est pas encore clos. Mais la tendance est claire. Segmentation des marchés, communication produit, différenciation par la marque... s´immiscent progressivement dans le langage des professionnels agricoles.
Comme l´exprime Alain Peretti de la CAPS, ces mots recouvrent « toutes ces démarches techniques qui conduisent à faire du marketing ».

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