Aller au contenu principal

Produits phytosanitaires
« Protégez-vous lors des traitements » préconise la présidente de la Caisse centrale de la MSA

Avec le dispositif Phyt´attitude, l´objectif de la Mutualité sociale agricole est d´améliorer la connaissance et la prévention des risques liés à l´application des produits phytosanitaires. Explications de Jeannette Gros, présidente de la MSA.


Vous lancez l´opération Phyt´attitude avec l´ouverture d´un numéro vert. De quoi s´agit-il ?
Jeannette Gros - Avec le dispositif Phyt´Attidude, l´objectif de la MSA est d´améliorer la connaissance des risques liés à l´application des produits phytosanitaires. Un numéro vert (0800 887 887) gratuit(1) est ouvert à tous les utilisateurs de produits phytosanitaires victimes de symptômes liés à leur emploi. Les produits phytosanitaires sont responsables de nombreux troubles de la santé : irritations de la peau, problèmes respiratoires, vomissements, nausées. Nous invitons toutes les personnes qui ont des symptômes petits ou grands, après application de produits phytosanitaires à nous en faire part. C´est un renforcement du réseau de toxicovigilance existant depuis 1991.

Pratiquement, comment cela se passe-t-il ?
J. G. - La victime appelle le 0800 887 887. Un opérateur vérifie que l´état de la personne ne nécessite pas de soins urgents, car ce n´est pas un numéro d´urgence. Puis il la met directement en relation avec le service Prévention de son département. Là il sera interrogé sur ses symptômes et les traitements effectués (matières actives, spécialités, conditions d´application.). L´opérateur demandera les coordonnées de la personne pour un éventuel suivi du dossier. Mais les informations recueillies sont, bien entendu, confidentielles.

A quoi servent tous les renseignements ainsi collectés ?
J. G. - A une plus grande connaissance des risques liés à l´emploi des produits phytosanitaires, ceci pour lancer des actions de préventions collectives. Selon une étude menée en 1999 sur 2 085 applicateurs de produits phytosanitaires, 20 %, un sur cinq, déclare avoir eu des troubles après application de produits phytosanitaires. Peu de victimes ont le réflexe de signaler leurs troubles. Certaines ne font pas le lien entre l´application et la survenue de ces phénomènes qui sont ressentis parfois comme un risque du métier.
La MSA veut faire de la gestion de ce risque une priorité nationale en 2004 en matière de sécurité au travail. Nous allons multiplier les opérations d´informations, de sensibilisation aux risques liés aux traitements. La MSA a une expertise reconnue dans ce domaine et siège à la Commission des toxiques, chargée de donner un avis avant l´homologation des produits mais aussi après. Nous avons déjà eu l´occasion de peser sur certaines décisions.

Pouvez-vous nous parler de dossiers sur lesquels la MSA est intervenue ?
J. G. - Lors de la réhomologation du paraquat, qui est reconnu irritant pour la peau, nous avons obtenu l´interdiction de pulvériser ce produit avec des appareils à dos. Notre demande a été reçue parce qu´appuyée par des données sur des incidents venant de notre réseau de toxicovigilance. Un autre exemple est celui de l´interdiction totale de l´arsenite de soude en traitement de la vigne. C´est suite à une enquête chez des viticulteurs que ce produit a été interdit. Désormais, il n´y a plus aucun produit réputé cancérigène de classe 1 et 2 autorisé en traitement de cultures. Mais cette interdiction laisse les viticulteurs démunis dans la lutte contre l´esca, une maladie du bois contre laquelle il n´y a pas à ce jour d´autre solution que l´arsenic !

Nous avons aussi fait reconnaître le risque de contamination indirecte suite à des traitements, quand des personnes travaillent dans des serres ou des parcelles récemment traitées. Désormais il y a un délai à appliquer avant de rentrer dans les parcelles traitées, six heures en milieu ouvert, en plein air, huit heures en milieu fermé. Ce délai est porté à 24 heures si le produit utilisé est irritant et même 48 heures s´il est connu pour être allergisant.
Les produits phytosanitaires ne sont pas neutres et des précautions doivent être prises lors de leur application pour protéger les personnes.

(1) A partir d´un téléphone fixe.

Les plus lus

<em class="placeholder">Adolescent au volant d&#039;un tracteur </em>
Les enfants d’agriculteurs peuvent-ils donner un coup de main sur l’exploitation familiale en toute légalité ?

À partir de 16 ans, voire dans certains cas dès 14 ans, les enfants d’agriculteurs peuvent contribuer aux travaux de l’…

<em class="placeholder">Julien Bricquet devant son bâtiment d&#039;exploitation initialement construit sur un terrain appartenant à son père</em>
Bâtiment agricole : « On a construit sur sol d’autrui, sans être alertés et sans connaître les risques »

Comme beaucoup de sociétés agricoles familiales, le SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion (Marne) a construit un…

<em class="placeholder">Damien Beaujouan, agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), &quot;Je laboure mes terres tous les trois ans en veillant à ne pas faire un travail trop profond, moins de 20 ...</em>
Maïs : « Le faux semis est le levier le plus efficace pour réduire la densité de ray-grass dans mes champs »

Agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), Damien Beaujouan combine désherbage chimique et techniques agronomiques pour…

<em class="placeholder">Stockage des produits phytosanitaires.</em>
Produits phytosanitaires interdits : quelles sanctions en cas de présence sur l’exploitation ?

L’actualité récente, avec la perquisition d’une dizaine d’exploitations de Charente-Maritime pour recherche de produits…

<em class="placeholder">Marc Pottier, agriculteur bio à Remaucourt (Ardennes) et conseiller à la coopérative Probiolor,  &quot;La culture du soja peut avoir sa place sur des terres de craie. C’est ...</em>
Soja : « Une production sur des terres de craie très blanche des Ardennes a donné un rendement de 20 q/ha en sec »
Agriculteur bio à Remaucourt (Ardennes) et conseiller à la coopérative Probiolor, Marc Pottier cultive du soja régulièrement sur…
<em class="placeholder">Patrice Gourinchas, président de l’ASA du Bandiat et son fils Yann.</em>
Stockage de l’eau : « Une irrigation de 2000 m³/ha sur maïs coûte 620 € avec notre réserve de substitution en Dordogne »
Les deux réserves de substitution de l’ASA du Bandiat, entre Charente et Dordogne, ont permis le maintien d’ateliers…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures