PPE 3 : quelle place pour l’agrivoltaïsme et la méthanisation dans la stratégie énergétique de la France à horizon 2035 ?
A la veille de la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le gouvernement lève le voile sur les objectifs énergétiques fixés à 2030 et 2035, en particulier pour les énergies renouvelables qui concernent le monde agricole.
A la veille de la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le gouvernement lève le voile sur les objectifs énergétiques fixés à 2030 et 2035, en particulier pour les énergies renouvelables qui concernent le monde agricole.
Attendue depuis des mois, la 3e programmation pluriannuelle de l’energie (PPE3) a enfin été dévoilée ce 12 février par le gouvernement. Officiellement publiée par décret ce 13 février au journal officiel, cette feuille de route fixe les orientations énergétiques pour la France pour les 10 prochaines années dans l’objectif d’atteindre une neutralité carbone à horizon 2050 (en lien avec la SNBC 3).
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Vers une « poursuite raisonnée et réaliste des énergies renouvelables électriques terrestres »
Alors que les opérateurs du photovoltaïque craignait un moratoire sur le secteur, la PPE3 qui vise à accroître a production énergétique décarbonée notamment électrique (entre 650 et 693 TWh en 2035 contre 544 TWh en 2025) et réduire la consommation d’énergies fossiles (environ 330 TWh en 2035 contre 900 TWh en 2023) « dessine une trajectoire fondée sur un bouquet énergétique diversifié, combinant production électrique de différentes sources (nucléaire, hydroélectricité, éolien en mer et terrestre, photovoltaïque), électrification des usages et développement de substituts bas carbone aux énergies fossiles (réseaux de chaleur, biométhane, biocarburants, hydrogène) » peut-on lire dans un document du gouvernement que nous nous sommes procuré.
Si cette PPE prévoit la relance du nucléaire avec la construction de 6 EPR2 et l’optimisation du parc existant (pour une production passant de 320 TWh en 2023 à 380 à 420 TWh en 2030), elle planifie aussi « une poursuite raisonnée et réaliste du développement des énergies renouvelables électriques terrestres ».
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Quel objectif affiché pour le photovoltaïque ?
La PPE3 fixe ainsi « une évolution raisonnée du photovoltaïque » avec une cible de 48 GW en 2030 et 55-80 GW en 2035 contre près de 30 GW en 2025. Le document du gouvernement ne précise pas si un objectif de répartition entre les toitures, les installations au sol et l’agrivoltaïsme sera précisé dans le décret (à noter que la version de la PPE 3 mise en consultation en 2024 prévoyait 55% pour les petites et moyennes toitures, 10% pour les petites installations au sol et 35% pour les grandes installations).
Le gouvernement estime que la trajectoire de la PPE devrait permettre l’émergence de giga-usines de production de modules et cellules photovoltaïques (pour 1 milliard d’euros d’investissement) pour relocaliser en France la production de panneaux solaires.
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Quel objectif pour l’éolien terrestre ?
Pour l’éolien terrestre, le gouvernement indique qu’il privilégiera le renouvellement de parcs existants pour augmenter leur puissance et réduire l’impact paysager, avec une cible de 31 GW en 2030, 35-40 GW en 2035 contre environ 24 GW en 2025.
Quels objectifs pour le biométhane et les biocarburants ?
Afin de promouvoir le recours aux substituts décarbonés, la PPE3 donne aussi pour objectif de passer de 9 TWh pour le biométhane injecté dans le réseau à 47-82 TWh et d’accroître les biocarburants de 38 TWh à 70-90 TWh dans les transports et hors transports à horizon 2035.
Quel compromis par rapport aux scénarios de RTE ?
La filière agrivoltaïque craignait depuis plusieurs jours que le gouvernement n’opte pour les scénarios R1 et R2 du bilan prévisionnel du réseau RTE publié en décembre 2025 qui fixait les objectifs respectivement à 40 GW et 55 GW pour le photovoltaïque à horizon 2035 (et 35 et 42 en 2030). Finalement comme souhaité par les professionnels de la filière, le gouvernement s’est plutôt inspiré du scénario R3 à horizon 2030 en annonçant 48 GW et affiche une fourchette entre le scénario R2 et R4 pour 2035 à 55-80 GW.
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Une clause de revoyure prévue en 2027
Le gouvernement souligne que des appels d’offres seront lancés pour répondre aux objectifs de la PPE3.
« Dans l’attente d’une accélération sur l’électrification des usages, le gouvernement a décidé de maintenir stable les objectifs d’octroi de soutien public par appels d’offres inscrits dans la PPE 2 pour les énergies renouvelables terrestres jusqu’en 2028 », précise le document du gouvernement.
« Afin d’adapter la trajectoire aux besoins énergétiques réellement constatés du pays », la PPE3 intègre par ailleurs pour la première fois une clause de revoyure en 2027.
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