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Obtentions variétales
Pousser les semences de ferme à financer la recherche

La CVO Recherche blé tendre est reconduite pour trois ans. L´extension de ce système de rémunération sur les semences de ferme est en discussion pour d´autres cultures, colza et pomme de terre notamment.


« La cotisation volontaire obligatoire (CVO) Recherche blé tendre a permis d´apporter 15 à 20 % de revenus supplémentaires pour la recherche variétale. » Directeur de la Sicasov(1), Roland Petit-Pigeard se réjouit de cet apport pour une recherche remise en cause par le taux décroissant d´utilisation de semences certifiées. C´est autant de perte de revenus pour les obtenteurs. Le blé fait figure d´exemple avec un taux tombé à 54-55 % pour la campagne 2003-2004.
Après moult années de discussion, la CVO Recherche blé tendre fut mise en place pour la campagne 2001-2002. A cette époque, le taux de semences certifiées était déjà jugé alarmant par les obtenteurs et les stations de semences. En une année, il était passé de 61 % à 56 %. Dans certaines régions, il ne dépasse pas le quart des semences.
Le principe de la cotisation est de retenir une certaine somme sur la collecte, soit 0,50 euro par tonne, et de reverser une partie de la somme accumulée aux acheteurs de semences certifiées (2 euros par quintal acheté).

La cotisation volontaire obligatoire reconduite pour 3 ans
Cette CVO est reconduite pour trois ans (jusqu´à 2006) avec les mêmes tarifs de collecte et de reversement.
Entre les trois quarts et la moitié de la CVO collectée vont au remboursement des semences certifiées, selon les rendements de chaque campagne. La part qui subsiste est dévolue à la recherche. Les obtenteurs en récupèrent 85 % distribués au prorata de leurs parts de marché blé tendre en France. Les 15 % restants alimentent un fonds de recherche, le Fonds de soutien à l´obtention végétale (FSOV).
Le blé tendre a sa CVO Recherche. Que dire des pois protéagineux, orge, colza ?... Ces cultures ont des taux de semences de ferme élevés également. Les efforts de recherche de la part des obtenteurs auraient plutôt tendance à fléchir sur ces espèces.
Des budgets de recherche divisés par deux en cinq ans
« En 2003-2004, l´utilisation des graines de ferme a encore augmenté de près de 5 %. Elle concerne environ 32 % des surfaces de colza (près de 40 % si on ne prend en compte que les variétés lignées). Cette évolution bride sévèrement la recherche variétale dont les budgets ont presque été divisés par deux en l´espace de cinq ans », s´alarme l´Amsol(2) dans un communiqué. Président de l´Amsol, Philippe Hamelin ne cache pas son souhait « de trouver un accord entre les obtenteurs et les producteurs pour la mise en place d´un système de rémunération se rapprochant de la CVO Recherche blé tendre ». Même si les deux parties ont pris conscience de l´essoufflement de la recher-che variétale, les producteurs ne sont pas prêts à mettre la main à la poche dans une conjoncture d´élévation des charges. Les obtenteurs ne désespèrent pas.
D´autre part, les colza, pois, orge n´ont pas l´importance du blé tendre et de ses 4,8 millions d´hectares en France. Difficile d´y trouver un système de rémunération conséquent pour la recherche variétale sans apparaître disproportionné par rapport à l´importance de la culture. Le pois protéagineux représente 360 000 hectares, le colza 1,1 million d´hectares et l´orge 1,6 million. Pour cette dernière, le taux de renouvellement est fort. Le taux de semences certifiées se situe entre 73 et 74 % pour la campagne écoulée. Un taux « trop » élevé pour ne pas justifier d´une rémunération sur les semences de ferme.

(1) Société coopérative d´intérêt collectif agricole anonyme des obtenteurs de variétés végétales.
(2) Association française de l´industrie des semences de plantes oléagineuses.

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