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Expertise Inra et Cemagref
Pour une réduction drastique de l´usage des pesticides

L´Inra et le Cemagref ont rendu un rapport(1) commandé par les ministères de l´Agriculture et de l´Écologie qui fait un état des lieux de l´usage des pesticides en agriculture. Constat : il faut réduire drastiquement ces utilisations et passer à un mode de production intégrée.


Plus loin que l´agriculture raisonnée, la production intégrée impose l´utilisation d´un minimum d´intrants sur les cultures. C´est ce que prônent l´Inra et le Cemagref qui ont restitué un rapport collectif commandé par les ministères de l´Agriculture et de l´Écologie intitulé « Pesticides, agriculture et environnement : réduire l´utilisation des pesticides et limiter leurs impacts environnementaux ».
L´état des lieux se veut alarmiste : la France est le troisième consommateur de produits phytosanitaires dans le monde, premier dans l´Union européenne mais quatrième si l´on ramène la consommation à l´hectare cultivé. « Par définition toxiques pour certains êtres vivants même à très faible dose, les pesticides ont nécessairement des effets sur les organismes non-cibles et les écosystèmes », lit-on dans le rapport. Autrement dit, l´utilisation des produits de traitement n´est pas anodine. Alors autant les utiliser le moins possible.

L´Inra et le Cemagref présentent la production intégrée comme une démarche nécessaire actuellement. C´est une stratégie alternative de protection des cultures qui va au-delà des simples bonnes pratiques agricoles. L´approche intégrée est illustrée au travers de l´exemple des variétés de blé rustiques cultivés selon des itinéraires techniques « bas intrants ». « Une réduction limitée de l´objectif de rendement permet d´adopter une conduite de la culture qui réduit les risques phytosanitaires et les consommations de pesticides. Les performances économiques sont comparables à celles de systèmes plus intensifs, voire meilleures lorsque le prix du blé baisse. »
La baisse du recours aux pesticides ne doit pas se traduire que par une diminution des quantités mais également par une réduction du nombre de traitements à l´hectare. ©J.-J. Biteau

Une taxation élevée des pesticides
Cette stratégie de production intégrée est déjà appliquée avec succès par divers agriculteurs avec l´appui d´organismes prescripteurs indépendants.
L´Inra et le Cemagref souhaiteraient voir s´étendre cette stratégie à l´ensemble de l´agriculture française avec des moyens politiques pour y arriver.

C´est là que la stratégie se corse. Les organismes de recherche suggèrent l´instauration « d´une taxation des pesticides avec un taux suffisamment élevé pour être dissuasif vis-à-vis de l´emploi de ces produits et incitatif pour le développement de méthodes alternatives. » Le modèle danois est pris en exemple. Le niveau de taxation des produits y est de plusieurs dizaines de pour-cent. D´autres moyens de parvenir à un mode de production intégrée sont mis en avant : réglementation encore plus drastique sur l´utilisation des produits de traitement et leur homologation, formation des producteurs et incitation au développement du conseil indépendant de la vente des produits phytosanitaires, incitations économiques diverses (subventions et aides financières). « La gestion des questions phytosanitaires est à réenvisager plutôt sous l´angle de la santé des systèmes de cultures que du point de vue de la lutte contre les ennemis des cultures », résume le rapport.
Ce qui demande un revirement d´état d´esprit qui ne se fera pas du jour au lendemain.

(1) A consulter et télécharger sur le site www.inra.fr

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