Aller au contenu principal
Font Size

Pilotage de l'azote : « Nous avons réussi en 2017 à remonter les taux de protéines »

Philippe Michonneau est responsable du pôle agronomie, innovation et services à la coopérative Scara. Il  développe une méthode de pilotage de l’azote en fin de cycle fondée sur l’analyse de la sève xylémienne.

Philippe Michonneau a pris quatre ans pour mettre au point sa méthode d'analyse de sève xylémienne.
© Scara

Pouvez-vous nous expliquer le principe de la méthode ?

Il s’agit d’analyser la composition de la sève xylémienne, soit la sève brute, celle qui va des racines vers les feuilles. Effectué par le laboratoire Galys, qui maîtrise la technique, le dosage comprend les nitrates, l’ammonium et l’ensemble des éléments fertilisants, tels que le phosphore, le manganèse, le potassium, le soufre ou les oligoéléments. Il donne un tableau complet de ce que la plante est capable d’absorber dans un sol et des conditions données. Cela traduit la réalité de l’état physiologique de la plante à un moment précis.

Concrètement, comment la mesure est-elle effectuée ?

Les mesures ont lieu aux stades 1er nœud en blé et épi 1 cm en orge. Lorsqu’ils sont identifiés, l’agriculteur prélève 100 plantes avec racines, feuilles et talles, représentatives de sa parcelle. Il les apporte au silo le plus proche qui se charge le lundi de l’expédition, en caisse isotherme et via Chronopost. Au laboratoire, la sève est extraite des tiges sectionnées en haut et en bas dans une chambre à pression : il faut souffler pour la faire sortir. Le dosage des éléments est ensuite effectué par chromatographie ou spectrométrie. Nous nous chargeons d’interpréter les résultats puis de livrer un conseil le vendredi à l’agriculteur, avec une dose, un type de produit. Ce conseil est fonction de la variété de blé, du marché visé, du taux de protéines souhaité.

La mise en œuvre demande un gros travail et beaucoup d’organisation. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

En optimisant la stratégie d’apport, nous avons réussi en 2017 à remonter les taux de protéines par rapport à ce que laissaient envisager les analyses de sève xylémienne en avril. En blé, on était parti sur des taux de protéines entre 11,2 et 11,4 %. Nous sommes arrivés à une moyenne de 12,02 %, qui correspond au minimum que pas mal de nos clients demandent. En orge de printemps, on est arrivé à 10,6 % de protéines, soit un peu mieux que les 10,5 % pressentis en avril. En moyenne, on a réduit de 20 unités/hectare la consommation d’azote en orge et de 6 unités/hectare celle en blé. Globalement, nous avançons la date d’application du troisième apport, ce qui nous permet également de faire des protéines de plus gros poids moléculaires, qui correspondent mieux aux attentes du secteur de la panification.

Combien coûte un tel service ?

Nous sommes à 55 euros la parcelle, sachant que chez nous, une parcelle fait en moyenne 8 hectares. Cette offre comprend l’analyse complète. Nous avons une offre à 35 euros/hectare, mais qui se limite à l’analyse des nitrates et de l’ammonium. C’est un coût et du temps, mais il faut bien voir que travailler avec une pince N Tester, par exemple, cela a aussi un coût : il faut avoir la pince et réaliser les mesures sur une trentaine de feuilles trois fois.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes
Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production…
La collecte chute de 20 % en blé tendre et en orge d'hiver par rapport à la moyenne décennale à la coopérative Ile-de-France Sud. © Gutner archives
Moisson 2020 : le grand écart du rendement en Ile-de-France comme ailleurs
La récolte des orges d’hiver, colza et blé tendre a rendu son verdict en Ile-de-France : des résultats très hétérogènes avec…
Pour la CGB, la propagation du virus de la jaunisse ampute la production française de sucre de 600 000 à 800 000 tonnes. © CGB
Crise de la betterave: les élus régionaux montent au créneau
L’impact de l’épidémie de jaunisse sur betterave s’amplifie devant l’absence de solution technique autorisée. Les Régions…
Nouveau silo de Biocer dans l'Eure. Avec une collecte qui double tous les cinq ans, les organismes économiques doivent adapter leur infrastructure de stockage et de tri. © Biocer
Agriculture biologique : les céréales bio face au défi de la massification
La dynamique de croissance forte et régulière enclenchée depuis trois ans pour les céréales bio confronte la filière à de…
Aymeric et Margot Ferté, Gilles Lancelin, Romaric Paucellier : trois expériences du bio en grandes cultures. © DR/C. Baudart
Bio en grandes cultures : la nouvelle génération de convertis bouge les lignes
Une exploitation de grandes cultures qui passe en bio ? C’est désormais banal. Partout, des conversions s’engagent, souvent par…
Jaunisse sur betterave
Crise/betteraves : le gouvernement ouvre la porte à l'usage dérogatoire des néonicotinoïdes
Le ministère de l'Agriculture annonce qu'il fera une proposition législative pour permettre d'utiliser des traitements de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures