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Photovoltaïque collectif : « En créant une structure commune, chaque agriculteur n’investit que 15 ou 20 % du montant total pour un bâtiment »

Benoît Mathieu est directeur d’Agrisoleil Innovation, une société qui accompagne les agriculteurs dans leurs démarches pour construire des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques. Il revient sur l’intérêt de la mutualisation pour mener à bien ce type de projets.

<em class="placeholder">Benoît Mathieu directeur d’Agrisoleil Innovation / un bâtiment agricole photovoltaïque dans l&#039;Aubz</em>
Pour Benoît Mathieu, directeur d’Agrisoleil Innovation, il est important que les agriculteurs restent maîtres de leur projet photovoltaïque.
© V. Charpenet / FDSEA 51

Comment est née l’entreprise Agrisoleil ?

Benoît Mathieu : « La société Agrisoleil a été créée en 2009 par un groupe d’agriculteurs de la Vienne qui voyaient des tiers investisseurs se lancer dans le photovoltaïque agricole avec une perte de valeur ajoutée pour le secteur. Ils ont vu une opportunité de garder cette valeur ajoutée au sein de leurs exploitations en créant eux-mêmes un projet autour d’une société commune. 70 bâtiments avec toiture photovoltaïque ont alors vu le jour. Petit à petit, la société a acquis une expertise pour accompagner d’autres groupes d’agriculteurs dans leur projet. Les fondateurs ont alors créé Agrisoleil Innovation en 2016 qui compte aujourd’hui quatre salariés.

En quoi consiste votre accompagnement ?

B. M. : Dans la philosophie de l’entreprise, ce sont les agriculteurs qui restent totalement maîtres de leur projet. Nous ne sommes pas des investisseurs. Nous sommes là pour apporter notre expertise sur les aspects techniques, juridiques, financiers, les démarches administratives, les questions d’urbanisme et une assistance à la maîtrise d’ouvrage. En 2026, ce sont au total 600 centrales photovoltaïques qui sont en activité, principalement portées par des groupes d’agriculteurs, mais aussi quelques entreprises et collectivités.

Quels sont les intérêts des projets collectifs photovoltaïques ?

B. M. : Le principe est calqué sur une organisation bien connue dans le monde agricole : celui de la coopérative ou de la Cuma. La dimension collective permet un effet de levier financier important. L’investissement de départ est réduit par rapport à un investissement individuel. Chaque agriculteur n’investit que 15 ou 20 % du montant total d’un bâtiment, sans avoir besoin de se porter caution à titre individuel. La création d’une société indépendante permet aussi de transférer le risque financier et de partager les risques entre les associés. La dimension des projets et la standardisation des bâtiments offrent un pouvoir de négociation pour obtenir des tarifs attractifs auprès des fournisseurs grâce aux économies d’échelle. Une fois les centrales en fonctionnement, la mutualisation limite les risques d’exploitation, en cas d’incendie ou de dommages sur les panneaux photovoltaïques par exemple.

Le nouveau fonctionnement des tarifs d’achat remet-il en cause les projets ?

B. M. : Les nouveaux tarifs vont défavoriser les petits projets de moins de 100 kWc. Dans ce contexte, le modèle coopératif est sécurisant. Le photovoltaïque reste une bonne solution pour les agriculteurs qui ont un besoin de bâtiment, cela permettra toujours d’en financer une partie.

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